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Le Brexit est "la preuve par l'absurde que l'Europe est indispensable", dit Mazerolle

L'indécision des Britanniques et le recul des leaders nationalistes quant à la sortie de l'Union Européenne sont pour Olivier Mazerolle "la preuve de la nécessité de l'Europe".

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Le Brexit est "la preuve par l'absurde que l'Europe est indispensable", dit Olivier Mazerol Crédit Image : Daniel LEAL-OLIVAS / AFP | Crédit Média : RTL | Date :
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Olivier Mazerolle
Olivier Mazerolle édité par Joanna Wadel

Durant toute cette journée consacrée au Brexit sur RTL, nous avons entendu à quel point les Britanniques sont perdus, divisés, ne sachant plus si ils voulaient rester ou sortir de l'Europe, alors qu'ils semblaient pourtant déterminés. 

En apparence du moins. Parce qu'il faut s'en souvenir, le Brexit a été entériné par moins de 52% des voies et une participation à peine supérieure à 70% des Britanniques. Depuis, les Anglais ont appris les inconvénients de la sortie, et nous allons bien voir comment cela se termine. Mais une chose est certaine, le Brexit est la meilleure chose qui pouvait arriver à l'Union Européenne. Il apporte la preuve par l'absurde, que l'Europe est indispensable. Le choc subi par les Anglais ne donne plus à quiconque l'envie de partir. 

Les nationalistes, au pouvoir dans plusieurs pays, notamment le Pologne, en Hongrie, ou encore en Italie, ont beau avoir le vent en poupe, ils sont incapables de s'entendre entre eux, sauf pour dire non à l'immigration. 

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En fait, sans le vouloir, ils apportent la preuve de la nécessité de l'Europe, qu'ils n'envisagent d'ailleurs plus de quitter. Les Italiens, par exemple, souhaitent la répartition de leur trop-plein d’immigrés dans les autres pays, ce que refusent énergiquement les Hongrois et les Polonais. Autrement dit, la régulation de l'immigration ne peut se faire qu'au niveau européen, par une surveillance accrue de la frontière extérieure de l'Union et une politique commune du droit d'asile. Faute de quoi, chaque pays règle la question à sa manière en renvoyant le problème chez le voisin. Chacun pour soi, c'est ça le problème du nationalisme, derrière les sourires de façade, et les solidarités apparentes. 

L'impossible union des nationalismes

Si Marine Le Pen s'entend bien avec Matteo Salvini, devenu le patron de l’Italie, notamment pour démolir la Commission de Bruxelles, demandons-lui par exemple si elle est prête à accueillir les immigrés dont Matteo Salvini veut se débarrasser. Ou bien si elle trouve normal que le gouvernement italien, après avoir fait des promesses mirifiques à ses électeurs, a battu en retraite pour éviter un désastre économique. Et demandons-lui aussi pourquoi au Parlement européen, les nationalistes de tous genres se sont divisés en plusieurs groupes, chacun prêchant pour sa chapelle. Le nationalisme, c'est la bataille garantie entre pays unis pour dire "non", mais en opposition sur tout le reste

Fortifier la cohésion, tout en préservant les identités

Si les idées nationalistes progressent autant en Europe, ce n'est pas à cause de la Commission, mais parce que les pays les plus efficaces ont imposé leur point de vue. L'Europe à l'origine s'est construite sur une volonté de liberté de circulation et de protection des consommateurs contre les monopoles, ce qui a profité aux pays les plus sérieux sur le plan économique. 

La France, de son côté, militait aussi pour une dimension sociale de l'Europe. Mais comme elle avait perdu sa crédibilité en raison de sa dérive budgétaire, toujours plus de dépenses non compensées, si ce n'est pas l'impôt et la dette, l'Allemagne et les pays du nord lui ont fait savoir qu'ils étaient débiteurs de ses frasques

Ce qui explique sans doute que les grands projets pour plus d'Europe d'Emmanuel Macron n'ont pas obtenu le succès qu'il espérait. Mais les choses changent progressivement. Les Allemands, qui étaient devenus des commerçants mondialisés, sont en train de redécouvrir les vertus d'une union plus forte, pour faire face au nationalisme de Donald Trump et des Chinois. 

Tout cela démontre que dans l'intérêt des Européens, l'enjeu des prochaines élections n'est pas de savoir s'il faut replonger dans le nationalisme, mais de définir une vision de l'Europe et de déterminer comment elle peut fortifier la cohésion des nations Européennes tout en leur laissant suffisamment de marge pour préserver leurs identité. Espérons qu'on en parlera au cours de la campagne européenne. 

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2019-03-01 20:58:16
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