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États généraux de la justice : critiquer les juges, tout le monde peut le faire, mais le Président devrait l’éviter

ÉDITO - Emmanuel Macron a lancé lundi 18 octobre les États généraux de la justice. Le chef de l’État a "en même temps" secoué et défendu la justice.

Emmanuel Macron aux Etats Généraux de la justice lundi 18 octobre.
Emmanuel Macron aux Etats Généraux de la justice lundi 18 octobre.
Crédit : GUILLAUME SOUVANT / AFP
Critiquer les juges, tout le monde peut le faire, mais le Président devrait l'éviter
02:45
Critiquer les juges, tout le monde peut le faire, mais le Président devrait l'éviter
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Olivier Bost

À six mois de la Présidentielle, Emmanuel Macron lance un chantier titanesque : lever l’incompréhension entre la justice et les citoyens… et en finir avec la défiance entre les juges et les politiques. Toutes les idées de ces états généraux arriveront en pleine campagne présidentielle à deux mois du premier tour.

Il n’est pas sûr que le moment soit le plus serein et le plus audacieux. Mais Emmanuel Macron en a décidé ainsi : il agira au risque du mélange des genres jusqu’au dernier quart d’heure.

Personne ne peut ignorer le sujet. Pas les citoyens qui ont affaire à la justice - quel qu’en soit la raison ça n’est jamais agréable à la base les citoyens connaissent souvent une expérience désagréable. Lenteur, laxisme - ou sentiment de laxisme - et manque de moyens sont les griefs les plus courants. Les juges rendent leur décision sans jamais s’en expliquer.

Avec les politiques, c’est pire. Un ancien ministre de la justice m’a résumé la situation. Les magistrats sont dans leur forteresse, persuadés que le monde politique veut leur perte… Les politiques eux sont persuadés que les magistrats sont dans une revanche, toujours en train de prouver leur indépendance. 

La démarche de ces états généraux est hasardeuse

Olivier Bost
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La démarche de ces états généraux est salutaire, sauf qu'en pleine période électorale elle est aussi hasardeuse. Emmanuel Macron a aussi dénoncé lundi l’immixtion de la justice dans la vie politique. Il parle des perquisitions et des mises en examen en pleine crise du Covid de plusieurs de ses ministres et anciens ministres. Une judiciarisation qui peut amener à ne plus prendre aucune décision.

Il a parfaitement raison. Mais est-ce à l’actuel garant de l’indépendance de la justice et futur candidat à sa réélection de le dire ? Par notre constitution, il se retrouve juge et partie. Y a-t-il une certaine ambiguïté de la part d’Emmanuel Macron ? C’est une question de dosage. Critiquer la justice, ça rencontre toujours un écho.

C'est un populisme mainstream

Un ancien magistrat

Comme le résumait un ancien magistrat hier dans Politico, "c’est du populisme mainstream". Une grande de majorité de Français y adhère… Sauf que ce "populisme mainstream" peut aussi rencontrer un tout autre écho politique en ce moment.

C’est l’état de droit, l’idée de contre-pouvoir, qui est remis en cause aujourd’hui au niveau du pays comme au niveau européen par plusieurs candidats à l’élection présidentielle. Remettre en cause le fonctionnement de la justice par le président de la République lui-même, garant de son l’indépendance, en pleine campagne électorale, c’est donc audacieux et périlleux.

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