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Eric Dupond-Moretti : "La police sans la justice, c'est le totalitarisme"

VU DANS LA PRESSE - Le ministre de la Justice a défendu l'institution judiciaire, accusée de laxisme par des syndicats de police.

Éric Dupond-Moretti, le 9 décembre 2020
Éric Dupond-Moretti, le 9 décembre 2020
Crédit : CHARLES PLATIAU / POOL / AFP
Gaétan Trillat
Journaliste

"Le problème de la police, c'est la justice !" Cette phrase lancée par le secrétaire général du syndicat de police Alliance lors du rassemblement de milliers de policiers devant l'Assemblée nationale, mercredi 19 mai, n'est vraiment pas du goût du ministre de la Justice, Eric Dupond-Moretti.

Dans un entretien au Journal du Dimanche, le garde des Sceaux a estimé ce dimanche 23 mai que cette accusation était "fausse et grave". "La police sans la justice, c'est le totalitarisme ; la justice sans la police, c'est l'impuissance. Ces deux institutions méritent le respect de tous les républicains", a poursuivi le ministre, qui a par ailleurs jugé légitime la présence de son collègue de l'Intérieur Gérald Darmanin au rassemblement des policiers.

Les peines plancher "inutiles"

Le garde des Sceaux a également rappelé une partie du bilan chiffré de la réponse pénale : "en 2019, 132.000 peines d'emprisonnement ferme ont été prononcées, contre 120.000 en 2015". "Dans l'affaire Nordahl Lelandais, l'avocate générale avait requis 30 ans de réclusion ; c'est un jury populaire qui l'a condamné à 20 ans. Est-ce du laxisme ?", a lancé l'ancien avocat.

Il a également invoqué les chiffres pour justifier son refus de rétablir les "peines plancher" que réclament les syndicats policiers pour ceux qui s'en prennent aux membres des forces de l'ordre. Créées au début du mandat de Nicolas Sarkozy en 2007, elles prévoyaient une peine minimale incompressible pour un certain nombre de crimes et de délits et ont été supprimées sous François Hollande en 2014. "Si l'on regarde les peines qui ont été prononcées pendant cette période (entre 2007 et 2014), on constate qu'elles étaient nettement inférieures à celles prononcées après la suppression", a jugé M. Dupond-Moretti.

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