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Emmanuel Macron : "Pour la presse étrangère, il reste un leader", analyse Alba Ventura

ÉDITO - "Les journalistes étrangers ne sont pas des gens hors sol (...) et ils sont tout à fait capable de juger", estime Alba Ventura.

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Emmanuel Macron : "Pour la presse étrangère, il reste un leader", analyse Alba Ventura Crédit Image : ludovic MARIN / AFP | Crédit Média : RTL | Date :
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L'invite´ de RTL - Alba Ventura
Alba Ventura et Marie-Pierre Haddad

 Alors qu'Emmanuel Macron est dans une mauvaise passe et que la presse française étrille assez régulièrement le président, regardons au-delà de nos frontières ce qu'en disent les éditorialistes étrangers. 

Est-ce que la presse étrangère qui avait encensé Emmanuel Macron a ses débuts, en est revenue elle aussi ? Vous savez ce qui m’a poussée à aller voir ce que disent nos confrères "étrangers", c’est ce débat que j’entends partout sur le mode : "Macron est fini", "le quinquennat est fini"… Alors je me suis dit, tiens, allons voir ce qui se dit ailleurs.

Parce que les journalistes étrangers ne sont pas des gens hors sol. La plupart sont en poste ici en France, ils ont une vision très nette du personnage, ils ont connu la classe politique précédente, et ils sont tout à fait capable de juger.

Un président atypique en pleine crise

Nous, Français, analysons avec nos crispations, nos frustrations, le fait que cela n’avance pas assez vite, que le comportement de notre président nous désarçonne. Nous commentons cela chaque jour, et c’est pour cela qu’il est facile de tomber dans le "Macron-bashing".

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Et donc un an et demi après l'arrivée d'Emmanuel Macron à l'Élysée, que dit la presse étrangère ? Elle n’enterre pas Macron. Pour la presse étrangère, Macron, ça reste atypique. Alors bien sûr, tous considèrent qu’il y a un problème d’attitude, qu’il a raté son été, et que l’affaire Benalla n’est pas une petite affaire.

El Païs, le journal espagnol décrit un "président aux airs de monarchiste". Le Spiegel en Allemagne parle de "Macron superstar en danger". Le journal britannique The Economist qui portait un regard énamouré sur le président français a titré "Jupiter descending" (Jupiter descendant ndlr). Quant au Financial Times, il écrit : "Une partie de ses problèmes est son style personnel. Il est de plus en plus perçu en France comme un intellectuel impérieux qui ne supporte pas les imbéciles. Il doit se comporter de manière plus normale et se garder de s’isoler parmi ses partisans métropolitains".

Des réformes à venir

Vous voyez c’est sévère, sur le comportement du chef de l’État, mais les médias étrangers ne s’arrêtent pas au cas Hulot, ou au cas Collomb, ou au remaniement. Sur quoi s'arrêtent-ils alors ?

Sur la réforme du Code du travail et les réformes à venir. Sur la reconnaissance de la torture en Algérie, sur ses déclarations européennes face au Brexit ou face aux eurosceptiques. Ca, ce sont en substance les propos d’un des éditorialistes du New York Times intitulé "pourquoi je soutiens l’impopulaire Monsieur Macron".

Pour le Spiegel, "Emmanuel Macron devrait continuer tel qu’il est et continuer à secouer la France". Il y a une grille de lecture plus "économique" et plus "internationale" chez les médias étrangers. Mais surtout, si l’on sent une certaine perplexité de la part des médias étrangers, on sent aussi la crainte de ce qu'il pourrait y avoir après Macron.

Emmanuel Macron n’est plus vu qu’à l’aune des crises politiques et gouvernementales et d’un tempérament trop arrogant.

Alba Ventura
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Il y a chez les journalistes étrangers l’idée que si le Président français commet des erreurs, ou est en difficulté, il vaut mieux l’avoir lui que d’autres. Ils saluent un président qui tient tête à Donald Trump, à Salvini et Orban tandis que Merkel est affaiblie.

Aux yeux de l’étranger, il reste un leader. Chez nous, Emmanuel Macron n’est plus vu qu’à l’aune des crises politiques et gouvernementales et d’un tempérament trop arrogant. Ce qui n’est pas faux et il en est responsable, c’est pour cela qu’il doit corriger tout cela vite. Mais faut-il pour autant l’exécuter ?

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