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Emmanuel Macron : comment la crise des "gilets jaunes" plane sur son quinquennat

ÉCLAIRAGE - Dans une vidéo postée sur les réseaux sociaux, des "gilets jaunes" font face au chef de l'État, quelques heures après l'interview du 14-Juillet. Plusieurs scandaient "Macron démission".

Emmanuel Macron pris à partie par des gilets jaunes le 14 juillet aux Tuilleries
Emmanuel Macron pris à partie par des gilets jaunes le 14 juillet aux Tuilleries Crédit : Capture page Facebook "Gilets Jaunes Infos"
Marie-Pierre Haddad
Marie-Pierre Haddad
Journaliste RTL

Au contact. Après avoir répondu aux questions des journalistes Léa Salamé et Gilles Bouleau pendant une heure et demie, Emmanuel Macron a été interpellé par des "gilets jaunes", alors qu'il se promenait dans le jardin des Tuileries avec son épouse Brigitte.

Dans une vidéo, postée sur la page Facebook "Gilets jaunes infos" est devenue virale sur les réseaux sociaux, plusieurs personnes scandent "Macron démission" en apercevant le président de la République. Après plusieurs appels au calme et entouré de ses gardes du corps, Emmanuel Macron a décidé d'entamer la discussion. 

La scène vient faire écho à l'interview du 14-Juillet accordée quelques heures auparavant. Emmanuel Macron s'était notamment exprimé sur la "détestation" de certains à son égard. "Si j'ai sans doute laissé paraître quelque chose que je ne crois pas être, profondément, mais que les gens se sont mis à détester, ce président qui voudrait tout réformer pour que ce ne soit que les meilleurs qui puissent réussir, que notre pays, finalement, s'adapte à la mondialisation ; ça n'est pas mon projet", déclarait-il. 

"Jeu de maladresses" et mea culpa

Le chef de l'État évoque plus précisément la période de contestations et de manifestations avec les "gilets jaunes". Cette "détestation" serait, d'après lui, le résultat d'un "jeu des maladresses", "parfois des phrases sorties de leur contexte d'autrefois, de l'opposition, de la vie politique, qui a fait que cette détestation est apparue".

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La crise des "gilets jaunes" reste un marqueur fort du quinquennat d'Emmanuel Macron. En novembre 2018, le président de la République a enclenché le début de son exercice de contrition en déclarant que le gouvernement devait "entendre les protestations d'alarme sociale mais nous ne devons pas le faire en renonçant à nos responsabilités pour aujourd'hui et pour demain parce qu'il y a aussi une alarme environnementale". 

Un mois plus tard, en décembre 2018, le chef de l'État fait un pas supplémentaire. "Je n'oublie pas qu'il y a une colère, une indignation, et cette indignation beaucoup de Français peuvent la partager. Et celle-là, je ne veux pas la réduire aux comportements inacceptables que je viens de dénoncer. (…) Cette colère est plus profonde, je la ressens comme juste à bien des égards et elle peut être notre chance", déclarait-il.

Le retour des "gilets jaunes" ?

Devenus symboles de la tempête sociale, les "gilets jaunes" avaient tenté de se mobiliser en manifestant mi-juin, en pleine crise du coronavirus. "Bref, c'est le quotidien et son lot d'emmerdes qui reprend. Le coronavirus n'a rien effacé du tout", estimait le collaborateur d'un ministre dans Le Parisien en mai dernier. 

Selon Olivier Bost, éditorialiste politique à RTL, "la perspective de destruction d'emplois par centaines de milliers est évoquée, y compris dans les couloirs du pouvoir. Édouard Philippe,  avait anticipé 'un appauvrissement général'. L'automne s'annonce très difficile. Quand la réalité économique va s'imposer, pas seulement pour les secteurs les plus frappés comme la restauration, l'aéronautique ou la construction automobile. La colère qu'exprime de nombreux Français n'est pas prête de retomber".

En mai dernier, le gouvernement alors mené par Édouard Philippe était déjà dans l'anticipation d'un retour des "gilets jaunes". L'exécutif "désamorce tous les foyers de tensions. Et il distingue chaque risque. Il y a le chômage pour le secteur privé, des gens qui tombent dans la précarité ou la grande pauvreté. Et puis il y la question des salaires et des moyens, surtout pour les services publics. Pour chacun de ces foyers de contestation, le gouvernement est déjà très vigilant", notait Olivier Bost. 

Un retour de la colère avec le retour de la réforme des retraites ?

La crise sanitaire et la crise économique font craindre à l'exécutif un retour de la grogne sociale. La retour de la réforme des retraites pourrait même l'alimenter selon Laurent Berger. Le numéro un de la CFDT a repoussé le 9 juillet dernier toute reprise immédiate des discussions sur la réforme des retraites, à l'issue d'une rencontre avec Jean Castex. "On a clairement dit au premier ministre que la question des retraites ne devait pas venir polluer la question de la relance", a-t-il rapporté.

Souhaitant éviter les "maladresses", soulignées lors de son entretien du 14-Juillet, Emmanuel Macron a reconnu face aux "gilets jaunes", "entendre" le "sentiment d'injustice". La réponse de son opposant pourrait ouvrir la voie vers un apaisement : "Je n'arrive même pas à le maudire". "Tant mieux !", lui répond le chef de l'État. 

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