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Emmanuel Macron : ce qu'il faut retenir de l'interview du Président

ÉCLAIRAGE - Coronavirus, "gilets jaunes", polémiques, affaire Hulot, réforme des retraites... Le président de la République est longuement revenu sur les temps forts de son quinquennat.

Emmanuel Macron, le 15 décembre 2021
Emmanuel Macron, le 15 décembre 2021
Crédit : LUDOVIC MARIN / AFP
Marie-Pierre Haddad

"Certains sont en campagne, mais votre serviteur non". À quatre mois de la fin du quinquennat, Emmanuel Macron s'est plié à l'exercice de l'interview politique. Lors d'une émission intitulée Où va la France, diffusée sur TF1 et LCI, le chef de l'État est longuement revenu sur le bilan de son action. Objectif pour le chef de l'État : "Récapituler le chemin fait et voir vers quoi notre pays et l'Europe vont". 

Interrogé sur ses cinq ans de présidence, Emmanuel Macron reconnaît que la situation "n'a pas été facile pour nous tous". "Notre pays a traversé des moments heureux, des moments de succès économiques, sportifs, artistiques, mais nous avons traversé des moments difficiles et des moments d'angoisse. Cette épidémie très peu l'avaient anticipée", a-t-il ajouté. 

Plus généralement, Emmanuel Macron s'est aussi projeté sur l'après-quinquennat, sans pour autant annoncer sa candidature à un second mandat. "Je n'ai jamais pensé qu'on pouvait, en cinq ans, tout faire", a-t-il dit tout en affirmant vouloir "continuer à (se) projeter" et "garder de la vision" pour "dire : 'Je projette le pays à 10 ans'"

La vaccination des enfants est "souhaitable"

Sur l'épidémie de coronavirus, Emmanuel Macron assure qu'il "faut toujours être prudent en la matière". "Celui qui dicte le rythme et les règles, c'est le virus. Nous sommes au milieu de cette cinquième vague. Très vraisemblablement entre Noël et le nouvel an, nous aurons dans nos services hospitaliers plus de cas de Covid (...) C'est facile de gagner le tiercé avec le résultat des courses", a-t-il expliqué. 

La vaccination des enfants âgés entre 5 et 11 ans, avec une version du vaccin Pfizer moins forte que celle destinée aux adultes, est possible dans l'Union européenne depuis son autorisation par le régulateur du médicament le 25 novembre. En France, seule la vaccination des enfants risquant de développer des formes graves a été approuvée. 

"On a donné toute la transparence", a rappelé Emmanuel Macron. Le chef de l'État assure que la vaccination des enfants ne sera pas obligatoire mais "souhaitable". "C'est le choix des parents. On sait que chez les enfants, le virus tourne très vite", a-t-il expliqué.  

La vaccination des adultes "tout à fait possible"

Le président de la République est aussi revenu sur la possibilité de mettre en place la vaccination obligatoire pour les adultes. Une option "tout à fait possible, l'hypothèse existe", a expliqué Emmanuel Macron

Le chef de l'Etat a notamment cité l'exemple du vaccin contre la grippe. "Chaque année revient avec une forme un peu différente, vous devez vous faire revacciner pour avoir une bonne protection. Il est vraisemblable qu'on aille vers cela pour ce virus", a-t-il insisté.

"J'ai blessé des gens et ça je ne le referais plus"

Emmanuel Macron a aussi longuement commenté les phrases polémiques qui ont émaillé sa présidence. "Je pense que je suis arrivé avec une forme de vitalité, que j'espère avoir toujours et une volonté de bousculer. Je ne mesurais pas deux choses. Nous sommes dans une société de la décontextualisation (...) On est à l'ère des bandeaux, du tweet, quand on décontextualise ça peut paraître terrible", a-t-il expliqué.
 
Et de reconnaître : "Il y a des mots qui peuvent blesser, c'est inacceptable. J'ai appris". De là à faire un mea culpa ? "On a ce truc incroyable dans ce pays, on adore le mea culpa", a-t-il répondu. Cependant, Emmanuel Macron veut continuer de "bousculer". "J'ai acquis une chose, c'est qu'on ne fait rien bouger si on n'est pas pétri d'un respect infini pour chacun. Dans certains de mes propos, j'ai blessé des gens et ça je ne le referai plus", assure-t-il

Le chef de l'État s'est aussi dévoilé. "Par tempérament, je ne me protège pas. Je m'expose, c'est mon tempérament. Mais ce que vous représentez est plus important que vous. il faut protéger cette fonction".

L'affaire Benalla, "une affaire d'été"

Autre temps fort du quinquennat : l'affaire Benalla. "On a parlé d'une affaire d'État, c'était plus une affaire d'été (...) Ce n'est pas Alexandre Benalla qui est attaqué à l'été 2018, mais votre serviteur.", dit-il.  

"Ca a été un moment difficile. Quand un collaborateur est attaqué, ce n'est jamais agréable. Alexandre Benalla n'a pas été protégé au-delà de ce qu'il devait l'être. Il a été sanctionné administrativement puis exclu de l'Elysée. Il y a ensuite eu une procédure judiciaire qui a suivi son cours", a-t-il ajouté.

"La révolution doit se faire avec la France" des "gilets jaunes"

Sur la crise des "gilets jaunes", "beaucoup étaient des gens qui avaient un travail, mais qui étaient mal payés", a indiqué Emmanuel Macron. "Ce sont des femmes et des hommes qui ont un travail à temps partiel (...) des gens qui ont dit : 'Vous ne nous voyez pas et vous voulez faire un monde encore moins fait pour nous'", a-t-il ajouté.

Le chef de l'État a indiqué avoir été "touché" et "marqué" lorsque "l'Arc de triomphe a été souillé". "La flamme du soldat inconnu ne s'est jamais éteinte (...) J'ai vu la violence absurde de celles et ceux qui avaient décidé de souiller l'Arc de triomphe. J'ai vu le désarroi des riverains", a-t-il développé. Mais selon Emmanuel Macron, ces personnes ne doivent pas résumer le mouvement des "gilets jaunes". Avec le recul, le chef de l'État estime que "la révolution avait commencé sur beaucoup de sujets". 

Il souhaite ainsi que la "révolution" se fasse avec la France des "gilets jaunes". Le mot révolution fait aussi écho au livre programmatique écrit alors qu'il était candidat en 2016. 

"Un système de retraite simplifiée"

Réforme centrale du programme d'Emmanuel Macron, la volonté de transformer le système des retraites a été impactés par la crise du coronavirus. Emmanuel Macron a réitéré mercredi sa volonté d'aller "vers une sortie" des régimes spéciaux de retraites, tout en reconnaissant que les faire passer de 42 à un seul, comme il en avait l'intention initialement, est "trop anxiogène". 

"Il nous faut aller vers un système simplifié" avec "grosso modo trois grands régimes", pour la fonction publique, pour les salariés du privé et pour les indépendants, a-t-il exposé. "Nous avons besoin de conduire cette réforme", mais "je ne pense pas qu'il faille exactement faire la même réforme que celle qui était envisagée" et qui, "s'il n'y avait pas eu l'épidémie" de Covid-19 en 2020, "serait allée à son terme, c'est évident", a-t-il souligné. 

Par ailleurs, "on doit être préparés à l'idée qu'il faut travailler plus longtemps", même si placer le curseur doit être "le fruit d'un débat démocratique", et même si "ça ne signifie pas la même réalité pour tout un chacun", a insisté le président de la République. 

Pas de "regrets" de Macron sur Hulot

Interrogé sur l'affaire Hulot, Emmanuel Macron ne regrette pas de l'avoir nommé au gouvernement. Cependant, il s'est dit "intraitable" sur le sujet des violences faites aux femmes, en appelant à ce que "la justice puisse se faire de manière apaisée".

Nicolas Hulot, alors ministre, avait fait l'objet d'accusations en 2018 d'agressions sexuelles. "Avec le Premier ministre de l'époque, nous avons vu Nicolas Hulot et il a nié avec beaucoup de force", a expliqué le chef de l'État, en rappelant que la plainte déposée "avait été classée". "Donc il n'y avait pas d'affaires judiciaires, il n'y avait rien d'enclenché", "aucune procédure en cours", a-t-il souligné. 

"Il est resté ministre parce que, quel était l'autre choix que nous aurions pu faire?", a encore interrogé Emmanuel Macron. Le président de la République a affirmé être pour autant "intraitable" sur les violences faites aux femmes, "engagé sur ce sujet". "Mais de là où je suis, je veux aussi que la justice puisse se faire de manière apaisée : il faut faire très attention, en particulier quand on parle de responsables publics, à ce que la présomption d'innocence soit préservée", a-t-il également mis en garde, "parce que si, dès qu'il y a une rumeur ou dès qu'il y a une accusation - qui peut être légitime, qui peut être vraie -, vous dites : 'C'est fini', alors il n'y a plus de vie en société possible". 

"Il faut prendre très au sérieux ces accusations, il faut les instruire, il faut que la justice fasse son travail de révélation de la vérité et qu'après, les bonnes décisions soient prises", a-t-il encore considéré. 

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