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Écriture inclusive : vers une loi pour l'interdire dans les documents administratifs ?

ÉCLAIRAGE - Une soixantaine de députés de LaREM, du MoDem et LR ont signé une proposition de loi appelant à interdire l'écriture inclusive dans les documents administratifs.

Le député LaREM de l'Indre François Jolivet, auteur de la proposition de loi visant à interdire l'écriture inclusive dans les documents administratifs
Le député LaREM de l'Indre François Jolivet, auteur de la proposition de loi visant à interdire l'écriture inclusive dans les documents administratifs Crédit : STEPHANE DE SAKUTIN / AFP
Marie-Pierre Haddad
Journaliste RTL

Vers une interdiction de l'écriture inclusive dans les documents administratifs ? Le député La République En Marche François Jolivet a déposé une proposition de loi, le 17 février, visant à interdire cette écriture dans l'administration

Soutenu par une soixantaine de députés issus de la majorité, de ses alliés et des Républicains, le député de l'Indre explique à RTL.fr "respecter le combat militant" et ne pas "remettre en cause l'égalité entre les femmes et les hommes". 

L'écriture inclusive vise à justement renforcer l'égalité entre les femmes et les hommes en ayant recours à la fois du féminin et au masculin. Elle remet en cause la règle d'accord de la langue française selon laquelle, au pluriel, "le masculin l'emporte sur le féminin". Concrètement, elle se traduit ainsi : "les député.e.s" ou "les électeur.rice.s".

"Pas dans le patrimoine commun"

Mais selon l'auteur de la proposition de loi, l'écriture inclusive est une forme "d'exception" et "élitiste". "Cette proposition de loi n'est pas politique mais veut lutter contre les discriminations. L'écriture inclusive exclut les gens qui sont en situation de handicap. Les experts de la dyslexie, dyspraxie et dysphasie sont préoccupés et alertent sur les difficultés supplémentaires engendrées par cette forme d'écriture", indique-t-il. 

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L'écriture inclusive "n'est pas dans le patrimoine commun et ne peut pas être lue à voix haute. Penser que la langue française pourrait rétablir l'égalité entre les femmes et les hommes est une erreur", explique François Jolivet qui se dit "attaché à la langue française". 

Les administrations ne sont pas là pour faire la promotion d'écritures alternatives

Aurore Bergé, présidente déléguée du groupe LaREM à l'Assemblée, à RTL.fr
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Cette proposition est cosignée notamment par la présidente déléguée du groupe LaREM Aurore Bergé et la vice-présidente LR de l'Assemblée nationale Annie Genevard. Auprès de RTL.fr, Aurore Bergé estime qu'il semble "essentiel que les administrations puissent toutes tenir au maniement de la langue française. Les administrations ne sont pas là pour faire la promotion d'écritures alternatives".  

Selon les informations de LCI, ce texte a suscité quelques critiques au sein de la majorité. Une députée LaREM dénonce la manœuvre d'un homme "attaché à ses privilèges". "L'égalité femmes-hommes, c'est la grande cause du quinquennat", grince une autre élue. "Qu'on n'utilise pas le point médian partout, je comprends évidemment, mais qu'on l'interdise à ceux qui veulent l'utiliser, c'est n'importe quoi (...) Je suis bluffée d'ailleurs par le nombre de femmes qui co-signent sa proposition de loi", a-t-elle ajouté auprès du site.

Bachelot et Blanquer contre l'écriture inclusive

Au sein du gouvernement, la ministre de la Culture Roselyne Bachelot jugeait cette écriture "horriblement compliquée". "L'écriture inclusive est une démarche élitiste, ajoutait-elle en septembre dernier lors du Grand Jury RTL, Le Figaro, LCI. Ce que je veux, c'est un apprentissage de la lecture et de l'écriture démocratique. Je ne suis pas pour l'écriture inclusive". Des propos soutenus par le ministre de l'Éducation national Jean-Michel Blanquer.

Dans une circulaire du 21 novembre 2017 sur "les règles de féminisation", l'ancien premier ministre Édouard Philippe avait "invité" ses ministres, "en particulier pour les textes destinés à être publiés au Journal officiel, à ne pas faire usage de l'écriture dite inclusive". 

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