1 min de lecture Éric Dupond-Moretti

Dupond-Moretti remettra l'enquête sur le PNF au Premier ministre

Eric Dupond-Moretti s'est engagé lundi à laisser le Premier ministre décider des suites à donner à l'enquête administrative visant des magistrats du Parquet national financier.

Le ministre de la Justice Éric Dupond-Moretti le 24 septembre 2020 à Pontoise (Île-de-France)
Le ministre de la Justice Éric Dupond-Moretti le 24 septembre 2020 à Pontoise (Île-de-France) Crédit : Alain JOCARD / AFP
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Valentin Deleforterie et AFP

Dans une vidéo postée lundi soir sur Facebook, le garde des Sceaux est revenu sur la fronde à laquelle il fait face depuis l'ouverture d'une enquête administrative visant trois magistrats du PNF. Pour apaiser les tensions, Eric Dupond-Moretti s'est engagé à transmettre l'enquête administrative au Premier ministre.

Cette enquête ouverte mi-septembre fait suite à un rapport sur une enquête polémique du PNF : les relevés téléphoniques de plusieurs ténors du barreau, dont Eric Dupond-Moretti, avaient été épluchés pour tenter d'identifier une "taupe" dans une affaire concernant Nicolas Sarkozy et son avocat Thierry Herzog. Celui que ses pairs surnomment "Aquitator" avait porté plainte puis s'était retracté lors de sa nomination comme ministre de la Justice.

L'ouverture de cette enquête administrative est considérée par de nombreux magistrats comme un "conflit d'intérêts" et une "atteinte à l'indépendance judiciaire". Des motions ont été adoptées dans une centaine de juridictions.  

"Les syndicats me demandent de passer la main au Premier ministre. (...) Très bien", a annoncé le ministre. C'est au Premier ministre qu'"il appartiendra de statuer'", a-t-il dit.

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"Soit le rapport dit qu'aucune faute n'a été commise et je serai le garde des Sceaux le plus heureux du monde. Soit des fautes ont été commises et nous verrons alors la décision que prendra le Premier ministre", a expliqué Eric Dupond-Moretti, qui a nié tout conflit d'intérêts et dénoncé une affaire "instrumentalisée [...] à des fins politiques". 

Les syndicats divisés

Les deux principaux syndicats de magistrats avaient récemment annoncé "refuser" de parler au ministre et s'en remettre au président ou au Premier ministre.

"J'ai un peu de mal à comprendre pourquoi il passe la main s'il dit qu'il n'y a pas de conflit d'intérêts", a réagi Céline Parisot, présidente de l'Union syndicale de la magistrature (USM, majoritaire) lundi soir. 

"Il se moque de nous", a de son côté déclaré Katia Dubreuil, présidente du SM (classé à gauche). "Comment peut-on être rassuré quand on voit qu'il dit 'Je vais donner la main au Premier ministre' comme si on avait fait un caprice ?"

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