- 03m02s
3 min de lecture
Emmanuel Macron au Conseil européen, ce 15 décembre 2025.
Crédit : Daniel Pier / NurPhoto / NurPhoto via AFP
Je m'abonne à la newsletter « Politique »
Après les menaces de Donald Trump d'infliger de nouveaux droits de douane à huit pays européens, dont la France, en raison de leur opposition à ses velléités de s’emparer du Groenland, Emmanuel Macron tente de hausser le ton.
Le président français qui sera "toute la journée en contact avec ses homologues européens", va demander "l'activation de l'instrument anti-coercition" de l'Union européenne (UE), a fait savoir son entourage ce dimanche 18 janvier. Cet outil, dont la mise en œuvre requiert la majorité qualifiée des pays de l'UE, permet, entre autres, le gel de l'accès aux marchés publics européens ou le blocage de certains investissements.
"C'est un outil qui est parfaitement adapté à la situation actuelle et il faut évidemment ne pas hésiter à le brandir, voire à l'utiliser si cela s'avérait nécessaire", a affirmé Yaël Braun-Pivet dans Le Grand Jury sur RTL, ce 18 janvier.
L'instrument anti-coercition de l'UE est un outil commercial puissant dont le bloc s'est doté en 2023 mais qu'il n'a encore jamais utilisé. Comparé par certains à un "bazooka" et pensé comme un instrument de dissuasion, il vise à répondre à tout pays qui utiliserait des armes commerciales pour faire pression sur l'un des 27 États membres.
Il permet en particulier de limiter les importations provenant d'un pays ou son accès à certains marchés publics et de bloquer certains investissements.
Selon les textes de l'UE, la coercition économique existe lorsqu'un pays tiers "applique ou menace d'appliquer une mesure affectant le commerce ou les investissements" dans le but d'interférer "dans les choix souverains légitimes de l'UE ou d'un État membre".
Cet instrument "nous permettra de défendre avec plus d'assurance nos droits et intérêts légitimes", soulignait le commissaire européen au Commerce, Valdis Dombrovskis lors de son adoption en juin 2023. A l'époque, l'utilisation de cette nouvelle arme avait été envisagée dans le conflit qui opposait la Lituanie à la Chine. Le pays balte accusait Pékin de bloquer ses exportations pour protester contre l'ouverture d'une représentation diplomatique taïwanaise à Vilnius. Entre-temps, Donald Trump, qui a fait des droits de douane l'une de ses armes favorites, est revenu à la présidence des Etats-Unis.
Le possible recours a cet instrument a déjà été soulevé au printemps 2025 pour répondre aux droits de douane annoncés par la locataire de la Maison Blanche. Mais les 27 n'étaient pas passés à l'acte, au grand dam de certains eurodéputés et analystes qui avaient mis en garde contre le faible effet dissuasif d'une mesure si elle n'est jamais appliquée. Les menaces d'augmenter les droits de douane contre huit pays européens si le Groenland n'est pas "intégralement vendu" aux États-Unis ont provoqué de très vives réactions parmi les 27 et redonné vigueur à ce débat.
Dans un texte transmis à l'AFP, Valérie Hayer, qui dirige le groupe centriste au Parlement européen (Renew Europe), a réclamé son activation. "Les Etats-Unis font un mauvais calcul qui est non seulement dangereux mais qui pourrait être douloureux", a-t-elle écrit. "L'instrument anti-coercition est notre arme nucléaire économique", a-t-elle ajouté.
Par ailleurs, les menaces commerciales américaines "posent la question de la validité de l'accord" sur les tarifs douaniers conclus entre l'Union européenne et les États-Unis en juillet dernier, a relevé un proche du président français. Les menaces de Donald Trump d'imposer de nouveaux droits de douane aux pays s'opposant à une annexion du Groenland par les États-Unis constituent "une forme de guerre économique", a dénoncé la ministre déléguée aux Armées française, Alice Rufo.
La Première ministre italienne Giorgia Meloni a qualifié dimanche d'"erreur" la menace de surtaxes douanières brandie par Donald Trump contre plusieurs pays européens s'opposant à ses velléités de s'emparer du Groenland, ajoutant qu'elle lui avait fait part de son point de vue.
"Je pense qu'imposer de nouvelles sanctions aujourd'hui serait une erreur", a-t-elle déclaré aux journalistes lors d'un déplacement à Séoul, ajoutant : "j'ai parlé à Donald Trump il y a quelques heures et je lui ai dit ce que je pense".
Bienvenue sur RTL
Ne manquez rien de l'actualité en activant les notifications sur votre navigateur
Cliquez sur “Autoriser” pour poursuivre votre navigation en recevant des notifications. Vous recevrez ponctuellement sous forme de notifciation des actualités RTL. Pour vous désabonner, modifier vos préférences, rendez-vous à tout moment dans le centre de notification de votre équipement.
Bienvenue sur RTL
Rejoignez la communauté RTL, RTL2 et Fun Radio pour profiter du meilleur de la radio
Je crée mon compte