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Drame de la rue d'Aubagne : quatre ans après, la galère du mal-logement à Marseille

Quatre ans après le drame de la rue d'Aubagne qui faisait huit morts après l'effondrement de deux immeubles, des bâtiments sont toujours dans un état désastreux et des habitants y logent encore.

Des immeubles se sont effondrés dans la rue d'Aubagne, à Marseille, le 5 novembre 2018
Des immeubles se sont effondrés dans la rue d'Aubagne, à Marseille, le 5 novembre 2018
Crédit : GERARD JULIEN / AFP
Drame de la rue d'Aubagne : quatre ans après, la galère du mal-logement à Marseille
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Etienne Baudu - édité par Guillaume Dosda

Dans le 3e arrondissement de Marseille, le plus pauvre de France, deux barres d'immeubles, 269 logements dans un état de délabrement inouï. Cette copropriété est frappée de deux arrêtés. L'un livré par la préfecture pour insalubrité, l'autre de mise en péril délivré par la mairie à cause des risques sur la structure même du bâtiment. 

Dans les étages, l'électricité des parties communes ne fonctionne pas partout, la cour disparaît sous un tas de détritus, et dans les marches, "ils manquent des morceaux". Aussi, "il y a des fils qui pendent, on ne sait pas si ce sont des fils électriques ou des câbles", s'inquiète Kaouther Ben Mohamed. Et d'ajouter : "On entend l'eau couler. C'est depuis au moins quinze jours, 24h/24".

Machia habite dans cet immeuble, avec ses deux enfants de trois et cinq ans. Pour entrer chez elle, il faut enjamber une énorme flaque d'eau, les murs sont léprosés par l'humidité, l'odeur est forte, le compteur électrique est coupé, trop dangereux avec l'eau qui coule autour : "Je ne dors pas pour ne pas que l'eau rentre dans le salon, on n'utilise pas la chambre des enfants", raconte l'habitante. 

Également des rats et des cafards sont présents dans l'appartement. "Cela fait trois ans que l'on est comme ça, 800 euros l'appartement", indique-t-elle. Elle confie même qu'un homme de main de son propriétaire est venu la menacer. Avec l'arrêté de mise en péril, les loyers ont été bloqués. Le propriétaire a trouvé un autre locataire prêt à payer au noir le loyer. Il veut expulser Machia et ses enfants.

Trop de travail pour la mairie

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Rémy, le syndic depuis une dizaine d'années est complètement désespéré, car l'immeuble est aux mains de marchands de sommeil, un certain nombre d'appartements sont aussi squattés, et un point de vente de drogues s'est même installé. Rémy attend la nomination d'un administrateur judiciaire. Pour lui, il n'y a qu'une façon de faire : "Enlever les vendeurs de drogue, enlever les squatteurs, évacuer les occupants et les faire reloger par les propriétaires, puis réaliser les travaux en demandant des aides".

Au-delà des propriétaires, Kaouther Ben Mohamed précise que les pouvoirs publics ont leur part de responsabilité : "Je dénonce l'inaction et l'immobilisme des pouvoirs publics, que ce soit, la métropole, la mairie ou la préfecture, qui ont signé plusieurs arrêtés. Leur obligation est de se substituer aux propriétaires quand celui-ci est défectueux et de mettre en sécurité de toute urgence ces près de 300 foyers qui vivent en insécurité permanente".

Et elle s'étonne, sans opposer les causes, prévient-elle, qu'on ait pu trouver des logements pour les réfugiés ukrainiens mais pas pour tous les délogés de Marseille. La mairie explique qu'elle fait son travail. Elle reçoit en moyenne 180 signalements de vétusté par mois. Le service de lutte contre l'habitat indigne a bien recruté des inspecteurs, mais ils croulent sous le travail.

Il faut dire qu'il est titanesque et que le sujet est ultra-sensible. On le voit bien, le mal-logement à Marseille est encore une plaie ouverte que le souvenir du drame de la rue d'Aubagne ne fait que raviver.

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