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"La Grande Explication" : un débat entre les Français et Édouard Philippe "intense"

ÉCLAIRAGE - Un mois après le lancement du grand débat national, Édouard Philippe a répondu aux questions de 10 Français sur le pouvoir d'achat, la taxe carbone mais aussi les impôts.

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Édouard Philippe "pas favorable" la hausse de la taxe carbone Crédit Image : Capture LCI | Crédit Média : LCI | Date :
MariePierreHaddad75
Marie-Pierre Haddad
Journaliste RTL

"Un débat d'une violence inouïe". C'est le constat fait par Elizabeth Martichoux et Yves Thréard, après La Grande Explication. Cette émission diffusée sur LCI, en partenariat avec RTL et Le Figaro a fait débattre 10 Français face à Édouard Philippe. Selon le premier ministre, les échanges ont été "intenses" et le débat rude, mais il réfute le sentiment de violence.

Que faut-il retenir de ce débat ? Plusieurs sujets ont été abordés : la démocratie, le pouvoir d'achat, l'écologie et la fiscalité. Édouard Philippe s'est exprimé sur les petites phrases prononcées par Emmanuel Macron. 

"Vous avez remarqué que moi, j'essaie de faire toujours très attention à la façon dont je m'exprime, parce que je sais qu'une phrase qui n'est pas forcément scandaleuse prononcée à un endroit (...) peut donner ensuite quelque chose qui est évidemment choquant, parce qu'on va dire, 'Mais il a dit ça de tout le monde pour tous les problèmes'", a-t-il répondu. 

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Taxe carbone, manifestations violentes et RIC

Sur la taxe carboneÉdouard Philippe reconnaît que la France était "rentrée dans cette crise par l'augmentation d'une taxe". La hausse de cette taxe au 1er janvier avait été annulée, faut-il envisager désormais de l'augmenter ? ""Je ne suis pas favorable la hausse de la taxe carbone. Je ne vois pas qu'on puisse en sortir par l'augmentation d'autres taxes ou la même", a-t-il répondu. 

Le premier ministre s'est aussi exprimé sur les violences lors de la manifestation des "gilets jaunes". À la demande d'une amnistie accordée aux manifestants, le premier ministre répond que "l'amnistie du Premier ministre, il peut y avoir une loi d'amnistie, mais ça n'est pas à la mode, et j'y serai opposé". 

Et d'ajouter : "Quand vous voyez des gens qui saccagent l'Arc de Triomphe, je n'ai aucune envie de leur dire : 'Allez, c'est pas grave'. Quand vous voyez des gens qui attaquent des policiers et des gendarmes, quand vous voyez l'homme qui a brûlé le camion des forces Sentinelle devant la tour Eiffel, (...), vous voudriez qu'on dise à ce monsieur : 'Bon allez, c'est pas grave' ? Mais si c'est grave !"

Sur le référendum d'initiative populaire (RIC), Édouard Philippe a mis en garde contre un recours excessif au référendum en évoquant le risque de le faire "sur tout et n'importe comment", dans une "compétition" avec le Parlement. 

Retrouvez le déroulé de "La Grande Explication"

23h12 - Selon Yves Thréard, la situation d'Édouard Philippe est "compliquée". "Vous vous êtes détendu une fois, sur un sujet compliqué, les 80 km/h. Ce débat était d'une violence inouïe, avec des mots à votre endroit sur votre fonction qui est mise en cause", ajoute-t-il en faisant rimer les mots "incompétence" parce que le premier ministre n'a pas les solutions, d'après lui, avec "l'indifférence" parce que "vous ne vivez pas la même vie que les Français" et la "défiance". 

"Dans ce contexte considérablement compliqué, les réponses que vous avez données montrent que rien n'est simple. Alors qu'on vous demande des choses simples", conclut Yves Thréard. 

22h55 - "La taxe carbone va-t-elle faire son retour ?", demande Elizabeth Martichoux. "Je ne suis pas favorable la hausse de la taxe carbone", répond Édouard Philippe 

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Édouard Philippe "pas favorable" la hausse de la taxe carbone Crédit Image : Capture LCI | Crédit Média : LCI | Date :

22h27 - Édouard Philippe est interpellé sur les petites phrases d'Emmanuel Macron sur les chômeurs. Mauricette Fléjou raconte comment elle a du rembourser Pôle Emploi à cause d'un trop perçu et d'un mauvais calcul. "J'ai franchi des montagnes, j'étais à 1200 candidatures en deux ans pour 16 rencontres avec des employeurs. Vous vous rendez compte ?", lance-t-elle à Édouard Philippe.

"Les erreurs de trop perçues, ça me fout en rogne", répond Édouard Philippe. Concernant la phrase prononcée par Emmanuel Macron, le premier ministre rappelle qu'elle a été prononcée dans un contexte particulier. "Je comprends que vous ayez été outrée. Je comprends ce que vous me dites", ajoute-t-il. 

22h14 - Simonne Rossi est retraitée, elle va avoir 88 ans dans un mois : "Il a été dit que les retraités étaient des gens aisés. Ce n'est pas mon cas. Il me reste 16 euros par jour pour manger et payer mes médicaments. C'est vrai nous ne sommes plus productifs. En dessous de 1.000 euros, une retraité, n'est pas une retraite. J'estime avoir droit à la considération". 

Édouard Philippe répond : "Vous avez travaillé toute votre vie, vous avez élevé vos enfants. Si vous avez une petite retraite, c'est parce que vous avez voulu prendre en charge un de vos enfants. Malheureusement, vous n'êtes pas la seule. Le système ne sait pas prendre en compte ce que vous avez vécu. Il n'y a pas de place pour les aidants. C'est une faiblesse de notre système". 

22h07 - Ingrid Levavasseur interroge Édouard Philippe sur les violences policières lors des manifestations des "gilets jaunes". "Vous répondez par des actes qui sont plus que méprisables. Vous répondez par la violence. Quand je vois Marlène Schiappa s'offense quand elle reçoit des insultes sur les réseaux sociaux, je me demande pourquoi elle ne dit rien quand des policiers traînent par les cheveux des femmes à terre", dit-elle. 

"Quand on s'en prend aux forces de l'ordre, quand on menace des élus, quand il y a des actes antisémites... J'espère que vous dénoncez avec autant de forces aussi ces violences", lui répond Édouard Philippe.

Et d'ajouter : "Je sais d'où je viens et je sais ce que j'ai vécu. Comme vous, je sais comment j'ai travaillé, j'ai eu beaucoup de chance et j'ai travaillé beaucoup, je l'assume. J'ai fait systématiquement ce que je croyais être utile et aller dans la bonne directement".

21h53 - Anne Ruffet-Sciard, elle, explique être "ravie de payer des impôts" pour avoir des services de santé et de transports. Elle est colère lorsqu'elle voit ces services fermés. "Nous sommes isolés à plus d'une heure des grande ville", ajoute-t-elle. "Où est la justice fiscale ? L'égalité de traitement ? Allez-vous faire bouger vos règles et vos politiques pour plus d'égalité sur les territoires ?", demande-t-elle au premier ministre. 

"La proximité est une qualité, mais ce n'est pas forcément la sécurité (...) On essaye de concentrer et de projeter des services. Agnès Buzyn a présenté ce matin un projet de loi qui va dans le sens de faire projeter du temps médical, là où c'est nécessaire". Ce à quoi répond Anne Ruffet-Sciard que les médecins ne se déplaceront pas sans soutien hospitalier". 

21h40 - Pierre Prime, professeur d'éducation physique et sportive, estime que l'État ne va pas assez loin en terme d'évasion fiscale. "Il n'y a pas assez de contrôleurs", lance-t-il au premier ministre. 

21h20 - Autre sujet : la pression fiscale. Alexandre Callet estime que la France est la meilleure en terme de taxe. "Quand j'entends les salaires des gilets jaunes, je suis privilégié. On arrive en France à 1.000 milliards de prélèvements sociaux. Dans la projection, je le ressens avec les cotisations sociales aberrantes. Je me suis demandé pourquoi mon cuisinier venait travailler. Il passe de 3.300 euros à 1.694 euros avec le prélèvement à la source", explique-t-il.

"La situation n'est pas satisfaisante. Je suis bien d'accord avec vous. Le niveau de prélèvements obligatoires est trop élevé. Mais il ne faut pas balancer le bébé avec l'eau du bain. Dans ce que vous payez, il y a ce qui finance les retraites, les hôpitaux, la santé, l'éducation... Cet argent-là sert aussi à des choses utiles, auxquelles on est très attaché", lui répond Édouard Philippe.

21h14 - Elizabeth Martichoux interroge Édouard Philippe sur le RIC, le référendum d'initiative citoyenne et le RIP, le référendum d'initiative partagée : "Vous voulez bien consulter les Français mais à condition de garder le contrôle ?"

"Le référendum est un bon instrument. Dans sa grande sagesse, le général de Gaulle a fait le choix de ne pas permettre les Français d'être consultés sur tous les sujets. On ne peut pas faire de référendum sur le droit pénal ou rétablir la peine de mort. Il y a des domaines dans lesquels il n'est pas absurde de suivre cette règle", répond Édouard Philippe.

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Édouard Philippe : "Le référendum est un bon instrument" Crédit Image : LCI | Crédit Média : LCI | Date :

21h06 - Mauricette Fléjou interpelle à son tour Édouard Philippe sur les retraites versées aux anciens président de la République. "Ce n'est pas très populaire ce que je vais dire, mais je le dis quand même. Ce n'est pas illégitime ou scandaleux de dire que les anciens présidents de la République aient une retraite", explique le premier ministre.

"J'ai pris la décision quelques mois après mon entrée en fonction, les avantages des anciens premiers ministres ne soient plus attribués à vie. Ces moyens et cette protection devaient être accordés aux anciens premiers ministres pendant dix ans", ajoute-t-il.

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Indemnités des anciens présidents : "Pas illégitime ou scandaleux", dit Édouard Philippe Crédit Image : LCI | Crédit Média : LCI | Date :

Peu convaincue par les arguments du premier ministre, Mauricette Fléjou dénonce le fait que "l'on demande des efforts aux Français et on paye les anciens présidents de la République".

21h - "577 députés, je suis d'accord que c'est beaucoup. Est-ce que c'est trop ? Le président de la République s'est engagé à faire diminuer le nombre de parlementaires. Il faut faire attention, s'ils sont moins localement ils auraient plus de difficulté à être accessible. Il faut réussir à trouver le bon nombre qui permet d'avoir une représentation des territoires, des opinions politiques et une capacité à travailler", répond Édouard Philippe qui émet la possibilité de "descendre à 30, 400". Le débat s'oriente sur le rôle des députés. 

20h55 - Premier débat de la soirée : les élus et leur déconnexion avec la vie quotidienne. 

Justine Dumontier interroge le premier ministre : "Je vais partie de ces gens qui sont apolitique (...) Je voulais savoir si vous étiez conscient qu'il y a ce sentiment de confiance qui s'estompe entre le gouvernement et le peuple ? Êtes-vous conscient de ce que l'on vit au quotidien ? Et de l'impact de vos décisions sur nous ?"

Édouard Philippe lui répond : "Il y a 35.000 maires en France. Ils font tous ce que fait le maire de votre commune : la capacité à donner du temps et se consacrer à la gestion de leur commune".

20h52 - La première déclaration d'Édouard Philippe concerne l'arrivée d'Alain Juppé au Conseil constitutionnel. "C'est vrai que j'ai beaucoup d'estime et d'affection pour Alain Juppé (...) Il a cette ville dans le sang et la peau (...) C'est une très bonne nouvelle pour la République". 

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Juppé au Conseil constitutionnel : "Une très bonne nouvelle pour la République" dit Édouard Philippe Crédit Image : LCI | Crédit Média : LCI | Date :

20h48 - La Grande Explication commence. Ingrid Levavasseur, gilet jaune, va interroger le premier ministre. Elle annonce qu'elle ne sera plus tête de liste RIC pour les élections européennes "Je ne renonce pas aux européennes mais je repars sur de bonnes bases. On repart à zéro. On lisse le nom RIC", explique-t-elle.

Elle précise ne pas être présente face à Édouard Philippe en tant que tête de liste ou avec des intentions politiques, mais en tant qu'aide-soignante.
 
20h46 - L'émission va commencer dans quelques instants.

"La Grande Explication" du 13 février 2019
"La Grande Explication" du 13 février 2019

20h41 - Édouard Philippe s'installe sur le plateau. Quelques instants avant, il a discuté brièvement avec les 10 Français avec qui il va débattre ce soir.
20h35 - Comment va se dérouler cette soirée ? Édouard Philippe sera soumis aux questions directes des Français pour la première fois. 10 participants venus de toute la France. 22 ans pour le plus jeune, étudiant, 88 ans pour la doyenne, retraitée du commerce, c'est à elle que reviendra d'ailleurs d'interroger le premier ministre sur les retraites. 

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