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Déjà une ambiance de fin de règne ? À l'approche de la présidentielle de 2027, les départs s'accélèrent à l'Élysée à l'image de celui d'Emmanuel Moulin

À l’Élysée, la succession se prépare en coulisses. Proche d’Emmanuel Macron, Emmanuel Moulin tente de prendre la tête de la Banque de France, mais sa candidature se heurte déjà à des critiques sur son indépendance et à l’épreuve du Parlement.

Emmanuel Moulin à l'Elysée en avril 2024

Crédit : Ludovic MARIN / AFP

Pierre-André Imbert succède à Emmanuel Moulin comme secrétaire général

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Pauline Théveniaud & Athénaïs Cornette de Saint Cyr & AFP

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Il flotte à l'Élysée un parfum de fin de règne. Le palais se vide, tandis que les conseillers préparent déjà leur avenir. Depuis le début de l'année, une dizaine de proches d'Emmanuel Macron ont choisi de quitter leurs fonctions pour de nouvelles opportunités publiques ou privées.

Dans ce contexte, le secrétaire général de l'Élysée, Emmanuel Moulin, proche du chef de l'État, s'active en coulisses pour décrocher la présidence de la Banque de France, après avoir quitté ses fonctions et été remplacé par Pierre-André Imbert.

Emmanuel Moulin a ainsi été auditionné par le ministre de l'Économie et des Finances, Roland Lescure, aux côtés de deux candidats. Âgé de 57 ans, il affiche un parcours solide : conseiller économique du président Nicolas Sarkozy en 2009, directeur de cabinet de Bruno Le Maire en 2017, directeur du Trésor en 2020 puis directeur de cabinet du Premier ministre Gabriel Attal en 2024.

Un profil qui en fait l'un des favoris pour succéder à François Villeroy de Galhau, dont le départ anticipé, annoncé le 9 février pour juin 2026, a rebattu les cartes. 

Un droit de veto du Parlement

Mais la route est loin d'être dégagée. Le Parlement dispose d'un droit de veto sur cette nomination, un obstacle de taille pour le "bras droit" du président. Emmanuel Moulin a donc engagé une campagne active. Depuis plusieurs semaines, il multiplie les rencontres avec des députés, des sénateurs et des présidents de groupe, parfois même dans son bureau au palais de l'Élysée, pour faire valoir son expérience.

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Et ce, alors qu'Émilie Piette et Constance Bensussan, les deux secrétaires générales adjointes de l'Élysée, sont aussi parties pour diriger respectivement le RTE dès mars et la Caisse d'Allocations familiales (CNAF) dès fin avril.

Le gouverneur de la Banque de France doit présenter une indépendance.

Éric Coquerel (LFI), président de la commission des Finances de l'Assemblée nationale

Reste que certaines oppositions sont fermes. Éric Coquerel (LFI), président de la commission des Finances de l'Assemblée nationale, rejette catégoriquement sa candidature. "Le gouverneur de la Banque de France doit présenter une indépendance. Il a alterné entre les cabinets de Bruno Le Maire, du Premier ministre, du président de la République. On ne peut pas vraiment parler d'indépendance de l'exécutif. C'est son défaut qui, pour moi, rend sa nomination impossible", affirme le député insoumis.

Malgré ces réticences, l'exécutif maintient son soutien à Emmanuel Moulin. Selon Les Échos, des discussions informelles auraient même été engagées pour rallier certains sénateurs républicains (LR), avec en contrepartie l'attribution du poste de Défenseur des droits à l'un des leurs, François-Noël Buffet, en remplacement de Claire Hédon dont le mandat s'achève en juin.

Le futur gouverneur de la Banque de France, qui siégera au conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE) aux côtés de ses homologues européens, exercera jusqu'en juin 2032.

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