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Débat présidentielle 2017 : pourquoi les duels d'entre-deux-tours sont-ils si millimétrés ?

ÉCLAIRAGE - C'est depuis 1981 et l'entre-deux-tours entre Valéry Giscard d'Estaing et François Mitterrand que les conditions de ces duels n'ont plus été laissées au hasard.

Les deux candidats au second tour des élections présidentielles, Valéry Giscard d'Estaing et François Mitterrand, lors du débat d'entre-deux-tours, le 5 mai 1981.
Les deux candidats au second tour des élections présidentielles, Valéry Giscard d'Estaing et François Mitterrand, lors du débat d'entre-deux-tours, le 5 mai 1981.
Crédit : AFP
Philippe Peyre

Distance entre les deux candidats, hauteur de chacun des fauteuils, température du studio, absence de plans de coupe, choix des journalistes... Les débats d'entre-deux-tours sont à chaque fois configurés de façon millimétrée, ne laissant rien au hasard, au risque de pénaliser un des deux prétendants l'Élysée.

Si le cadre de ces duels est discuté et élaboré dans les moindres détails, cela n'a pas été toujours le cas. On doit en effet cette dimension contraignante à François Mitterrand. Après sa très mauvaise prestation face à Valéry Giscard d'Estaing en 1974 lors du duel entre les deux tours - on se souvient du magistral "Non, monsieur Mitterrand, vous n'avez pas le monopole du cœur" lancé par Giscard - et la défaite qui a suivi, le candidat socialiste n'avait tout simplement pas envie de remettre le couvert en 1981. 

Si François Mitterrand ne voulait pas refaire un débat avec son adversaire de l'UDF, difficile pour lui d'y échapper. Dès lors, le socialiste a missionné Robert Badinter et son conseiller audiovisuel, Serge Moati, d'élaborer un cahier des charges si contraignant qu'il s'attendait à un refus catégorique de l'équipe de Giscard. 

À notre grande surprise, ils ont tout accepté.

Serge Moati, conseiller audiovisuel de François Mitterrand en 1981

"Mitterrand était persuadé que tous les journalistes et techniciens de la 'télé d’État' étaient giscardiens, a expliqué Serge Moati au Monde. Avec Robert Badinter, nous avons alors mis au point une quantité de règles et de conditions : absence de plans de coupe, longueur de la table, choix des journalistes, conseiller en régie pour surveiller le réalisateur, couleurs des décors… Or, à notre grande surprise, ils ont tout accepté. Ces règles sont devenues ensuite 'la charte de réalisation' pour les débats suivants". 

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En somme, si le plan initial n'a pas fonctionné pour François Mitterrand, il est pour autant sorti vainqueur de cette élection présidentielle, récoltant 51,76% des suffrages exprimés.

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