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2 min de lecture
Une écharpe de maire (photo d'illustration).
Crédit : Nicolas Guyonnet / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP
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Bon nombre d’entre nous connaissent le maire de leur ville. Quand on le croise dans la rue, on lui parle de tout : salle des fêtes qui va fermer, nids de poule, lampadaire en panne... Ce dernier écoute, promet. Pourtant, il ne peut souvent rien faire, ou presque.
Cela fait plus de vingt ans que ses pouvoirs sont rognés par l’État. Le maire subit une avalanche de réglementations depuis des années. Cela explique peut-être l’abstention observée lors du premier tour de ces municipales. Les administrés ont fini par comprendre que leur maire n’avait plus les mains sur le volant.
Nous avions pourtant cru à une décentralisation. Les lois Defferre, au début des années 1980, avaient fait de la mairie un véritable exécutif. Le contrôle du préfet, représentant l’État, n’intervenait qu’a posteriori.
Depuis, tout a changé. Le début des années 2000 a vu émerger les intercommunalités, qui regroupent plusieurs villes. Ce sont elles qui gèrent les transports, l’eau, l’assainissement et la politique d’accueil des entreprises. Dans cette nouvelle assemblée, le maire n’a pas le pouvoir.
C’est aussi à ce niveau que s’élabore le plan local d’urbanisme (PLU). L’attribution du permis de construire, en principe du ressort d’un maire, dépend justement de la communauté de commune.
Pour les logements sociaux, l'édile décide de leur construction, mais c'est aux offices des HLM de les attribuer. Le maire n’a qu’un faible quota de logements à attribuer, et encore. C’est l’une des dispositions que le ministre du Logement, Vincent Jeanbrun, souhaite modifier. L'idée est d'inciter davantage les élus à faire construire du logement social.
L'autonomie fiscale et budgétaire des maires a été sensiblement réduite par la suppression de la taxe d’habitation, intervenue lors du premier quinquennat Macron. Cette dernière s'est ajoutée à la suppression de la taxe professionnelle. Des dotations budgétaires ont bien tenté de compenser cette perte. Mais les édiles se retrouvent condamnés à revenir en arrière, en ne devenant que de simples gestionnaires de sommes décidées par d’autres.
Il faut également ajouter le torrent de normes, qui vont de l’accès aux bâtiments publics jusqu’à l’acoustique des salles de spectacles, et le risque pénal en cas d’accident.
Le maire incarne donc les paradoxes de la démocratie française. Des envolées lyriques sur la liberté des territoires, mais un carcan financier et réglementaire de plus en plus étroit. Avec le risque de transformer les élus en simples administrateurs de l'État.
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