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"Un Américain dépense 1.400 euros par an en gélules" : pourquoi Donald Trump veut que l'Europe augmente le prix des médicaments en Europe

ÉDITO – Le président américain a menacé d'imposer des droits de douane aux pays européens s'ils n'augmentaient pas les tarifs de leurs médicaments. L'écart de prix est incontestable entre le Vieux Continent et les États-Unis.

Donald Trump et une pile de médicaments (illustration).

Crédit : RTL

Pourquoi Trump veut absolument que les prix des médicaments augmentent en Europe

00:03:14

Pourquoi Trump veut absolument que les prix des médicaments augmentent en Europe

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François Lenglet - édité par Ennio Aparicio-Szkudlarek

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En jugeant que nos médicaments achetés en France ne sont pas assez chers, Donald Trump remet sur la table un sujet qu’il a en tête depuis longtemps. Aux États-Unis, le prix des médicaments est jusqu’à quatre fois plus élevé que chez nous. Un Américain dépense 1.400 euros par an en gélules et comprimés, alors qu'un Français débourse 600 euros. 

Désireux d’améliorer le pouvoir d’achat de ses électeurs, le docteur Trump a formulé son diagnostic. Si les prix sont si élevés aux États-Unis, dit-il, c’est parce qu’ils sont trop faibles en Europe. 

Ce raisonnement peut sembler aventureux. Mais le président étatsunien le justifie en expliquant que les grandes compagnies pharmaceutiques, en particulier les Américaines Pfizer ou Eli Lilly, font leurs profits en Amérique parce qu’elles sont contraintes par des prix trop bas chez nous. En somme, les malades américains paieraient pour les Européens.

Trump brandit encore la menace des droits de douane

Face à cela, Donald Trump nous menace d’une alternative : soit nous augmentons le prix des médicaments chez nous pour que les labos les baissent en Amérique, soit il imposera des droits de douane sur les produits exportés aux USA. 

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Il vient de remporter le morceau face au Royaume-Uni, qui a accepté d’augmenter de 25% le prix des médicaments qu’il achète pour éviter cette punition des tarifs. Cela va coûter plus d'un milliard d'euros au NHS, la sécu britannique. 

Côté français, rien n’est décidé. La Sécurité sociale a ouvert un cycle de négociations avec tous les industriels, américains ou non, pour établir sa politique tarifaire, dans un contexte où le déficit global de la Sécu dépasse les 20 milliards d'euros annuels. Le patron de Pfizer a menacé la France de ne plus l’approvisionner si elle ne remontait pas ses tarifs.

Les labos trop contraints en Europe ?

Si l'écart de prix est incontestable, c'est parce que les systèmes de santé sont radicalement différents. Ils sont publics en Europe, avec la Sécu comme seul interlocuteur, qui cherche à contenir les coûts car elle est financée par des fonds publics. Aux États-Unis, il y a une multitude d’acteurs, pour la plupart privés (assurances, les centrales d’achat...), qui négocient chacun dans leur coin. La pression sur les laboratoires est beaucoup moins forte.

Il ne s'agit pas de plaindre les labos. Leurs bénéfices sont florissants, même s’ils ont besoin d’investir dans une recherche de plus en plus coûteuse. Mais la contrainte exercée par la Sécu est devenue tellement forte en France que cela se traduit déjà, avec ou sans Trump, par des pénuries de produits pharmaceutiques. 

Or, desserrer cette contrainte sans ponctionner nos finances publiques effondrées amènerait le patient et sa mutuelle à payer davantage. La situation n'est pas facile.

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