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2 min de lecture
Frank Berton, avocat pénaliste
Crédit : GERARD JULIEN / AFP
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Christophe Guazzelli a brisé huit ans et demi de silence, lundi 4 mai 2026 en fin après-midi, après de longues et fastidieuses heures d'appel des témoins, et de lecture du rapport, le résumé de ce que la justice reproche aux onze accusés, dont neuf se serrent dans le box.
"Je suis coupable des faits", commence Christophe Guazzelli, debout, tête haute et regard bleu affirmé, à la question de la présidente qui interroge, un à un, chacun des accusés sur sa position de défense. Coupable, donc, des homicides de Jean-Luc Codaccioni et Antoine Quilicchini, membre du clan Germani, une scission de la Brise de mer dont font partie les frères Guazzelli.
Le jeune homme de 36 ans reconnaît également sa culpabilité dans l'incendie de la Golf noire qui a servi à rejoindre l'aéroport, mais, tient-il à préciser, "pas en bande organisée, je suis tout seul". Puis, un peu plus tard : "Je suis le seul responsable."
C'est la première fois qu'il parle depuis 2017, où devant les enquêteurs comme devant les juges, il n'avait cessé d'invoquer son droit au silence. Et il parle pour tout endosser, dans son costume d'accusé principal du procès, celui qui a tiré. Il parle comme pour mieux dédouaner les autres accusés, qui à sa suite clament tous leur innocence, au premier rang desquels Richard Guazzelli, son petit frère. Tous, sauf l'ex-surveillante de la prison de Borgo Cathy Chatelain, qui lance d'une voix sûre : "Je reconnais", son rôle dans le double homicide.
Christophe Guazzelli, qui encourt la perpétuité, se place dans une position centrale, mi-martyr mi-héros. Martyr car il a longuement décrit lundi soir, appuyé par son avocat le ténor Frank Berton, ses conditions carcérales, placé à l'isolement pendant six des huit années de détention dans le cadre de cette affaire. À tel point que depuis quinze mois, le jeune homme a décidé de ne plus sortir du quartier disciplinaire, un "cachot", décrit-il, sans électricité. Pour contester son placement à l'isolement de longue durée, un placement "injuste et injustifié", affirme-t-il.
Le psychiatre Cyrille Canetti, qui a officié pendant vingt-cinq ans à la prison de la Santé, à Paris, a témoigné en visio, cité par la Défense. Il a fustigé le "traitement inhumain et dégradant" que constitue le placement à l'isolement, qui a "toutes les raisons de rendre fou". À ce titre il explique le refus de Christophe Guazzelli d'y retourner, préférant rester dans les conditions spartiates du quartier disciplinaire, comme "la seule possibilité d'exprimer un refus". Et Me Berton d'appuyer : "En quelque sorte, c'est sa dernière liberté."
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