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6 millions de passagers touchés par des annulations de vols, prix en hausse : comment la guerre en Iran sème le "chaos" dans le trafic aérien mondial

Des dizaines de milliers de vols ont été annulés ces derniers jours en raison du conflit, et le trafic des compagnies du Golfe a fortement diminué. L'instabilité géopolitique conduit de plus en plus de pays à interdire le survol de leur territoire.

(Image d'illustration) Les vols annulés à l'aéroport de Dubaï - 5 mars 2026

Crédit : Marcin Golba / NurPhoto / NurPhoto via AFP

Le transport aérien mondial totalement déstabilisé : plus gros choc depuis le Covid, et ce n'est qu'un début

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Le transport aérien mondial totalement déstabilisé : plus gros choc depuis le Covid, et ce n'est qu'un début

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François Lenglet - édité par Ennio Aparicio-Szkudlarek

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C'est le plus gros choc sur le transport aérien depuis la crise du Covid en 2020. Après l’annulation de dizaines de milliers de vols causée par le conflit au Moyen-Orient, 10% des capacités mondiales ont disparu. En fin de semaine dernière, le trafic des compagnies du Golfe n'était qu'à 34% de son niveau habituel. Celui de certaines compagnies comme Qatar Airways s'élevait seulement à 8%. 


À l'image de plusieurs compagnies occidentales, Air France a fermé les routes. Les vols pour le Golfe ne reprennent en principe que le 17 mars 2026, et le 18 mars à destination de Tel Aviv et Beyrouth.

Le chaos ne touche pas seulement les destinations du Proche-Orient. Pour cause, la position centrale des pays du Golfe, véritables "hubs" entre l’Europe et l’Asie, et la part de marché considérable acquise par les compagnies aériennes comme Emirates ou Etihad sur ces lignes transcontinentales.

Un corridor étroit pour les avions

Les routes aériennes habituelles ne sont plus praticables. Cela fait déjà plusieurs années que les compagnies évitent l’espace aérien russe. Elles doivent désormais éviter les pays du Golfe, l’Iran et l’Irak

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Les lignes commerciales se retrouvent donc concentrées dans un corridor de plus en plus étroit, au-dessus de la Géorgie et de l’Azerbaïdjan. Ce dernier pays a lui-même interdit le survol plusieurs parties de son territoire, ce qui ne laisse aux avions qu’un chenal de 75 kilomètres de large. Il leur faut aussi éviter l’espace aérien du Pakistan, quasiment en guerre, ce qui complique le tracé des liaisons avec l’Inde.

Les pays interdits au survol se multiplient. Un grand contraste avec les 30 ans qui précédaient l’invasion de l’Ukraine, où le calme régnait sur la terre comme au ciel. Tout cela impose de longs détours et alourdit les factures de carburant. Ces dernières comptent pour 30 à 40% des coûts d’une compagnie.

Exposition à la hausse du carburant

Les prix des vols sont déjà en train de monter. À ces contraintes d’itinéraires s’ajoutent l’envolée du prix du carburant lui-même, beaucoup plus volatile que celui de l’essence. Dès que les cours du baril bougent, parce qu’il est moins taxé, le poids relatif de la matière première est plus important. 

Toutes les compagnies ne sont pas exposées de la même façon. Certaines, comme Air France ou Lufthansa, se sont assurées face à la hausse en achetant à prix fixe sur longue durée, quitte à perdre si le baril baisse. 70% des achats de carburants d’Air France sont couverts ainsi, ce qui n'a pas empêché la compagnie tricolore d’augmenter ses tarifs de 50 euros par aller-retour.

D'autres compagnies vont beaucoup plus loin. Bloomberg relève ainsi que sur la ligne Londres-Singapour, les prix de la semaine dernière en classe Économie étaient trois fois plus élevés que d’habitude. 

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