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Coronavirus : quand des élus laissent l'écharpe pour remettre la blouse

L'épidémie de coronavirus continue de gagner du terrain. Face à cette crise sanitaire, certains élus ont décidé de laisser de côté leur mandat afin de renfiler leur blouse blanche.

Hôpital Hôtel-Dieu (illustration)
Hôpital Hôtel-Dieu (illustration) Crédit : FRED DUFOUR / AFP
Marie Gingault et AFP

Députés, sénateurs, présidents de régions, ils sont parfois aussi infirmiers, médecins généraliste ou urgentistes. Face à l'épidémie de coronavirus, nombreux sont les élus qui ont décidé de mettre leur écharpe de coté quelques temps, afin de renfiler leur blouse blanche. 


C'est le cas d'Emmanuelle Fontainte-Domeizel, députée LaREM des Alpes-de-Haute-Provence qui est infirmière libérale de métier. Inscrite sur la liste de la réserve sanitaire, l'élue s'est rendue du 16 au 22 mars à l'hôpital de Besançon à six heures de route de chez elle pour "soulager les équipes sur place".

La députée a exercé de nuit au service des maladies infectieuses où étaient hospitalisées 20 personnes atteintes du Covid-19. "On a eu tout le matériel nécessaire, masques, gants, blouses, lunettes... tout en sachant qu'il fallait l'économiser car on ne sait pas combien de temps ça va durer. Mais ça les hospitaliers savent le faire !", a expliqué Emmanuelle Fontaine-Domeizel qui au fil des jours a semblé remarquer, "que les patients qui arrivaient étaient de plus en plus jeunes".

Une initiative suivie par la sénatrice du Mouvement radical Véronique Guillotin. L'ancienne médecin généraliste travaille de nouveau depuis quelques jours à l'hôpital de Mont-Saint-Martin en Meurthe-et-Moselle (54). Elle exerce désormais "dans le service dédié à l'accueil des patients atteints ou suspectés d'être atteints du Covid-19", a précisé son équipe.

Ceux qui jonglent entre les deux fonctions

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D'autres élus-soignants n'ont pas fait de choix entre leur fonction d'élu et leur retour dans le médical. Pour eux, il s'agit désormais de jongler entre les deux fonctions. C'est ce qu'a choisi de faire Thomas Mesnier, le député LaREM charentais. Cet élu qui est aussi médecin urgentiste, a repris du service lundi aux urgences de l'hôpital d'Angoulême (16) mais sans abandonner son autre fonction. 


"Je ne quitte pas mon habit de député mais j'enfile la blouse blanche par-dessus", a-t-il fait valoir, expliquant qu'après sa journée de travail il reprendra sa casquette d'élu pour des audioconférences et autres rendez-vous téléphoniques. "Je n'ai pas eu à réfléchir" déclare Thomas Mesnier qui est retourné à l'hôpital où il exerçait avant son élection, avant d'alerter : "On voit la vague qui va arriver"

Des fonctions de soutien

Bernard Accoyer (LR), ancien président de l'Assemblée nationale et toujours maire de la commune déléguée d'Annecy-le-Vieux (à cause du report du deuxième tour) est également médecin ORL retraité. Il vient d'être chargé d'une mission par le maire d'Annecy afin d'organiser la mise en place de centres de consultation externalisés.

"Nous sommes dans un territoire avec un cluster important à côté (La Balme-de-Sillingy), la Lombardie est à quelques heures d'ici. J'ai été sollicité par des médecins libéraux d'Annecy, qui rencontraient des problèmes pour recevoir des malades Covid-19", raconte l'élu. Pour autant, Bernard Accoyer ne verra pas de malades. "J'ai 74 ans, je ferai très, très attention et je ne ferai pas de consultation. Ce n'est pas mon rôle", a-t-il expliqué.

Jean Rottner, président LR de la région Grand-Est, est de retour à l'hôpital depuis quelques semaines mais il y exerce plus une fonction de soutien aux soignants. L'ancien urgentiste n'a pas pratiqué la médecine depuis plusieurs années, et pour lui, on ne la reprend pas "du jour au lendemain". 

"Je donne des coups de main épisodiques en régulation au Samu, en répondant aux appels, en fonction des besoins, souligne-t-il. Cela m'a permis de me rendre compte dès début mars qu'il se passait quelque chose et qu'il fallait presser sur le bouton d'alerteé, témoigne l'élu pour qui "quand on vient donner un coup de main comme ça, il faut juste rester à sa place".

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