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Christiane Taubira démissionne : quel est son bilan en trois ans et demi de gouvernement ?

REPLAY / ÉCLAIRAGE - Après de nombreux désaccords, la garde des Sceaux et icône de la gauche quitte le gouvernement sur un bilan en demi-teinte.

Christiane Taubira à l'Assemblée nationale
Christiane Taubira à l'Assemblée nationale
Crédit : LOIC VENANCE / AFP
Christiane Taubira : quel est son bilan en trois ans et demi de gouvernement ?
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Julien Absalon & Cindy Hubert

"Fière. La justice a gagné en solidité et en vitalité". C'est avec ces mots postés sur Twitter que Christiane Taubira a commenté sa démission du poste de ministre de la Justice, mercredi 27 janvier. Une manière également pour elle de défendre le bilan de son action dans ce gouvernement au sein duquel elle est restée pendant 3 ans et un peu plus de 8 mois. Depuis sa nomination le 16 mai 2012, elle est devenue une figure de la gauche pour avoir porté des réformes hautement symboliques mais aussi pour avoir su garder un tempérament impétueux qui a fini par lui coûter sa place.

Évidemment, Christiane Taubira restera comme la ministre qui a fait voter la grande réforme du quinquennat de François Hollande : le mariage pour tous. Lorsque le texte avait été définitivement adopté le 23 avril 2013 après à l'Assemblée nationale et une forte opposition de la droite et l'extrême droite, l'ex-députée de Guyane savait qu'elle venait d'écrire l'histoire, même si elle n'a pas réussi à introduire l'ouverture du droit à la procréation médicalement assistée (PMA) pour les couples de femmes. "Je dois avouer que je suis submergée par l'émotion", reconnaissait-elle face aux élus.

Un départ manqué

Celle qui a aussi fait voter une loi contre le harcèlement sexuel sort fière mais lessivée de ces interminables débats. La garde des Sceaux cristallise les haines et a même fait l'objet d'attaques racistes en pleine rue. Mais elle tient sur les nerfs. "Quand je dis que je suis invulnérable, c'est un peu de la provocation. Pour moi, c'est plutôt une déclaration pour indiquer que personne ne me fera tomber", affirmait-elle en décembre 2013 au micro de RTL.

Néanmoins, les choses se corsent sérieusement à partir de 2014. L'arrivée de Manuel Valls à Matignon et le virage à droite du gouvernement la placent sur la sellette. Contre toute attente, elle ne fait pas les frais du remaniement ayant conduit aux départs d'Arnaud Montebourg et Aurélie Filippetti, notamment. Malgré une épée de Damoclès qui semble omniprésente, elle ne s'empêche pas d'afficher publiquement son soutien aux deux frondeurs, dans la foulée à La Rochelle.

Contre le virage sécuritaire

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Concernant la poursuite de ses réformes, le bilan devient également maigre. Sa réforme pénale est particulièrement allégée pour pouvoir être adoptée. Cette loi créée tout de même la contrainte pénale, une nouvelle peine sans prison pour les délits de moins de cinq ans. Une mesure phare qui donne du grain à moudre à ses opposants politiques qui la taxent de laxisme mais aussi aux centaines de policiers qui se rassemblent sous les fenêtres de la Chancellerie pour faire part de leur exaspération.

En 2015, Christiane Taubira finit par enchaîner les revers et subit la politique sécuritaire du gouvernement après les attentats. Déjà irritée par le report sans fin de sa réforme de la justice des mineurs, la ministre fait savoir son opposition à la loi sur le renseignement avant, finalement, de rappeler à plusieurs reprises son hostilité à l'élargissement de la déchéance de nationalité. Un nouvel écart qui aura eu raison d'elle. "Je quitte le gouvernement sur un désaccord politique majeur", explique-t-elle.

Christiane Taubira préfère toutefois positiver en rappelant notamment que le budget de son ministère a augmenté de 450 millions d'euros en trois ans et que les effectifs de la Justice ont augmenté d'environ 3.000 personnes. Lors de la passation de pouvoir en présence de son successeur Jean-Jacques Urvoas, elle dresse ainsi le constat suivant : "Nous avons profondément consolidé et modernisé l'institution judiciaire".

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