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Belloubet estime que la colère des policiers est "un mouvement d'humeur qui s'apaisera"

À la veille d’un week-end marqué par des appels à manifester contre les violences policières et le racisme partout en France, les policiers se sentent plus que jamais "lâchés" par le ministère de l'Intérieur. Nicole Belloubet s'est exprimée à ce sujet.

Nicole Belloubet, l'ancienne ministre de la Justice, a été remplacée par Éric Dupond-Moretti
Nicole Belloubet, l'ancienne ministre de la Justice, a été remplacée par Éric Dupond-Moretti
Crédit : Ludovic MARIN / AFP
Venantia Petillault & AFP

La garde des Sceaux Nicole Belloubet a estimé vendredi 12 juin que la colère des policiers, ulcérés par les propos du ministre de l'Intérieur prônant une tolérance zéro pour des faits de racisme et remettant en cause les techniques d'interpellation, était un "mouvement d'humeur qui s'apaisera".

Interrogée sur Franceinfo au sujet de la légalité des rassemblements de policiers et l'appel de syndicats à l'arrêt des interpellations, elle a répondu : "Ce n'est pas légal, mais la question n'est pas celle-là (...) J'imagine que c'est un mouvement d'humeur qui s'apaisera." "Les rassemblements de plus de 10 personnes sont interdits, sauf dans des circonstances particulières, à partir du moment où on respecte la distanciation physique. Je pense que la question n'est pas tant juridique que symbolique", a dit la ministre.

"Il ne faut ni déni ni systématisme" dans le traitement de cette crise de confiance, a-t-elle dit.
Tout en assurant avoir "totalement confiance en la police", elle a réaffirmé que le racisme était "totalement antinomique avec la République". "Chaque Français a quelque part en lui un risque de racisme. Il faut lutter contre ça. Et quand il s'exprime, c'est une infraction et elle est juridiquement condamnable", a-t-elle indiqué, précisant que 400 à 500 condamnations étaient prononcées chaque année en France pour des actes racistes ou antisémites.

Interrogée sur les déclarations du ministre de l'Intérieur Christophe Castaner sur l'hypothèse d'une suspension d'un agent en cas de "soupçon avéré" de racisme, la ministre a expliqué qu'il s'agissait en fait d'"une règle générale dans la fonction publique". "Quand il y a des faits graves, on peut suspendre quelqu'un à titre préventif, en attendant la sanction disciplinaire. (...) Ce n'est pas propre à l'institution policière. C'est une pratique destinée à protéger nos concitoyens, à protéger les usagers de la fonction publique."

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