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"Avenir Lycéen" : 3 points pour comprendre l'affaire qui pèse sur Jean-Michel Blanquer

ÉCLAIRAGE - Le parquet de Paris enquête depuis le 1er décembre sur des soupçons de "détournement de biens publics" dans l'utilisation des subventions accordées à l'organisation lycéenne.

Jean-Michel Blanquer en conférence de presse, le 12 novembre 2020.
Jean-Michel Blanquer en conférence de presse, le 12 novembre 2020.
Crédit : Ludovic MARIN / AFP / POOL
Marie-Pierre Haddad & Marie Zafimehy

En novembre, Jean-Michel Blanquer dénonçait "une affaire à partir de rien". Quatre mois après, le parquet de Paris a annoncé qu'il enquêtait sur le syndicat "Avenir Lycéen" pour des soupçons de "détournement de biens publics". À l'automne, l'organisation avait été mise en cause dans des articles de Mediapart et Libération : les deux médias mettaient en lumière la manière dont ses membres dilapidaient des subventions du ministère sans aucun contrôle de ses comptes.

À la suite de ces révélations, plusieurs organisations de jeunesse ainsi que des syndicats lycéens rivaux, avaient annoncé des plaintes. L'une de ces organisations, la "Confédération des jeunes engagés", avait porté plainte le 12 novembre, via un courrier au procureur de Paris, contre "Avenir lycéen" pour "détournement de fonds publics" mais aussi contre le ministère de l'Education nationale pour "favoritisme dans l'attribution des marchés publics". "Avenir lycéen" rejette lui en bloc ces accusations

1. Que révélaient les enquêtes de Mediapart et Libération ?

La première mèche avait été allumée début novembre par Mediapart qui avait révélé qu'"Avenir lycéen", jeune syndicat qui s'est distingué en défendant les réformes dans l'Éducation, avait bénéficié en 2019 de 65.000 euros d'argent public qui avaient été engloutis dans des frais de bouche ou dans des hôtels de luxe. Selon le site, le ministère était informé de ces dérapages depuis juillet. 

Dans une longue enquête publiée quelques jours après, Libération avait étoffé le dossier en assurant que ce syndicat, créé fin 2018, avait "germé Rue de Grenelle, dans l'entourage proche de Jean-Michel Blanquer, pour servir la communication du ministre, et surtout rompre tout dialogue avec les syndicats lycéens" opposés à ses réformes, notamment celle du bac qui avait donné lieu à des mobilisations en 2018. 

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Fondé sur de nombreux témoignages, l'article affirmait ainsi que le numéro 2 du ministère à l'époque, Jean-Marc Huart, était étroitement lié aux responsables d'"Avenir lycéen" et que des rectorats participaient à l'écriture de communiqués du syndicat, systématiquement favorables aux réformes du ministère.

2. Quelles réactions politiques ?

Dès la parution en ligne de l'article de Libération, des élus LFI et communistes avaient réclamé une commission d'enquête parlementaire pour faire la lumière sur les liens d'"Avenir lycéen" "avec le pouvoir exécutif et les actions de contrôle du ministère de l'Éducation nationale sur ses membres et son action". 

Dans la foulée, les syndicats lycéens étaient tous montés au créneau pour dénoncer une "propagande d'État", certains pointant du doigt Jean-Michel Blanquer qui tient les rênes de la rue de Grenelle depuis 2017. Dans un communiqué, la Fidl dénonçait un "dévoiement total de la cause syndicale et une insulte faite aux jeunes" et exhortait Jean-Michel Blanquer à saisir la justice pour qu'une enquête judiciaire soit ouverte

Le syndicat MNL voyait lui dans "Avenir lycéen", "une entreprise politique n'ayant pas hésité à manipuler certains de nos jeunes camarades lycéens (...) afin de servir les intérêts du ministre". Quant à l'UNL, qui avait annoncé le prochain dépôt d'une plainte après les premières révélations de Mediapart, elle accusait Jean-Michel Blanquer d'avoir "instrumentalisé de toute pièce une prétendue opposition au mouvement de contestation qui s'était monté contre lui".  

3. Démenti d'"Avenir lycéen"

L'article avait également fait réagir le syndicat enseignant Snes-FSU, première organisation du secondaire, qui a exigé la "transparence" pour établir si l'administration avait agi "sur ordre ou sur pression politique". Par la voix de son co-fondateur Nathan Monteux, "Avenir lycéen" avait répondu en défendant son indépendance et son droit "à porter une autre voix que celle de l'extrême gauche syndicale". 

"On peut être jeunes et s'engager pour faire changer les choses et non seulement pour bloquer le pays. Notre choix a été clair : la proposition. Proposer et en finir avec l'opposition systématique", a indiqué Nathan Monteux dans un communiqué. "Personne ne nous a manipulés. À aucun moment quiconque au ministère de l'Éducation nationale n'a "utilisé" notre mouvement", avait-il ajouté.

Sur RTL, Jean-Michel Blanquer avait répondu aux accusations : "Pourquoi pas une commission d'enquête, ça peut être intéressant. J'aime bien quand il y a des enquêtes, c'est très intéressant pour la démocratie". Selon le ministre de l'Éducation, "si vous regardez de près ce qui est dit dans ces articles, il y a vraiment beaucoup de sauce et peu de lapin. On voit bien que Libération et Mediapart essayent de faire une affaire à partir de rien. Vous avez juste des lycéens qui ont peut-être dépensé de manière inopinée l'argent qu'ils avaient. J'ai tout de suite demandé une enquête là-dessus, point à la ligne".

Après les premières révélations de Mediapart, le ministère avait indiqué avoir diligenté une enquête administrative sur les subventions accordées à "Avenir lycéen" et s'était défendu de tout favoritisme. Il avait par ailleurs indiqué que le versement de la subvention de 30.000 euros allouée en 2020 à "Avenir lycéen" avait été gelé

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