2 min de lecture Édouard Philippe

Édouard Philippe au Sénat : les sénateurs LR devraient majoritairement s'abstenir

Ce matin, on évoque l'autre déclaration de politique générale du premier ministre, celle qu'il va faire au Sénat, et qu'il va, alors que rien ne l'y oblige, soumettre au vote…

Pauline de Saint-Remy Les Indispensables Pauline De Saint-Rémy iTunes RSS
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Après la confiance de l'Assemblée, Philippe affronte la défiance au Sénat Crédit Image : Thomas SAMSON / AFP | Crédit Média : RTL | Date :
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édité par Leia Hoarau

Le premier ministre a décidé de déclencher, de façon assez inhabituelle, l'article 49-4 de la Constitution. Alors attention, il ne s’agit pas d'un vote de confiance à proprement parler, au sens où si le "non" l'emporte, le gouvernement n'est pas renversé (on rappelle que le Sénat est toujours à majorité de droite et que le groupe LaREM n'y compte que 23 membres). 

Il s'agit plutôt d'un vote symbolique, dont le but, à peine dissimulé, est d'obliger les sénateurs à se positionner vis-à-vis de la majorité. Et donc de permettre à celle-ci de faire ses comptes, à un an des élections municipales et alors que l'hypothèse d'une révision constitutionnelle n'a pas encore été tout à fait enterrée.

Ce n'est donc pas tant le résultat final – le "non" l'emportera – que le détail de ce scrutin qui s’annonce intéressant, "surtout en pleine implosion de la droite", comme me le faisait remarquer le conseiller politique d'un éminent sénateur hier, et alors qu'"il n'y avait pas grand-chose à retirer dans la déclaration d'Édouard Philippe". Avant d'ajouter, en clair : "Elle aurait pu être faite par un gouvernement de droite...". Vous l'avez compris, le piège tendu aux sénateurs LR ne leur a pas échappé. Il fallait à tout prix éviter de diviser la majorité.

Débat entre une droite franchement contre et un centre abstentionniste

Et il aura bien fallu une réunion d'explication, ainsi qu'un vif plaidoyer du président du Sénat, Gérard Larcher, pour qu'ils finissent par se mettre d'accord hier en fin de journée. Ils s'aligneront donc sur leurs alliés centristes et opteront majoritairement pour l'abstention. Une décision bienveillante à l'égard de l'exécutif qui n'a rien d’anodin pour une chambre qui se présente elle-même comme le dernier bastion de l’opposition. 

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Parmi les interventions très applaudies, celle de l’ancien ministre Gérard Longuet, qui a lui aussi défendu le choix de l’abstention "pour trois raisons" : "la réforme des retraites", celle de l'indemnisation du chômage ("nous reprenons un chemin de vérité", a-t-il dit) et l'annonce par Édouard Philippe d'un débat annuel sur l'immigration, "qui ne veut pas dire grand-chose, mais nous n'avons jamais eu de tels débats", a souligné Gérard Longuet. Il a été très applaudi. 
 
Environ 10 sénateurs, parmi lesquels Roger Karoutchi et Pierre Charon, ont plaidé ouvertement pour une opposition plus franche au gouvernement. "Je dois rassurer mes électeurs qui sont déboussolés par les défections de la droite", m'a confié l'un de ceux-là. Et de tacler : "Larcher pense attendrir Macron, mais il a tort..."

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