3 min de lecture

"À partir de 3.500 euros, pourquoi pas" : dans le viseur du gouvernement, les retraités prêts à participer à l'effort budgétaire ?

Désindexation des pensions les plus élevées, remise en cause de l'abattement fiscal de 10% : l'exécutif explore plusieurs pistes pour faire contribuer les retraités les plus favorisés au budget 2027. Une perspective qui divise les principaux concernés.

Un couple de retraités en plein calcul. (Illustration)

Crédit : iStock

L'INTÉGRALE - Les Auditeurs ont la parole du 07 septembre 2026

00:45:51

"Le mur, on le frappera et on le frappera fort" : sur RTL, la mise en garde du ministre de l'Économie si le budget 2027 n'arrive pas à être voté

00:08:36

Pourquoi il faut désindexer les retraites

00:02:41

Amandine Bégot & Eléonore Aparicio

Je m'abonne à la newsletter « Politique »

Mettre RTL en favori sur Google

Comme chaque rentrée budgétaire, l'exécutif cherche à réduire à tout prix les dépenses publiques et cette fois-ci, les retraités sont dans le viseur. "Est-ce qu'il y a des raisons pour que tout le monde fasse des efforts sauf les retraités qui, pour certains d'entre eux, sont dans une situation de revenus relativement favorable ? La réponse est évidemment non", a déclaré Roland Lescure, sur RTL, lundi 7 septembre. 

Le ministre de l'Économie n'a pas encore précisé les modalités de cet effort mais deux pistes sont à l'étude : une désindexation des pensions les plus élevées ou la remise en cause de l'abattement fiscal de 10%. "L'un ou l'autre, on regarde les deux, l'un et l'autre ont du sens", a-t-il assuré. 

Cette perspective a suscité une avalanche de témoignages dans Les auditeurs ont la parole, entre colère, résignation et appels à la solidarité. 

""Il y en a marre de dire que les retraités sont riches"

Brigitte, par exemple, rejette l'idée que les retraités seraient, dans leur ensemble, des privilégiés. Elle s'emporte contre ce qu'elle perçoit comme un procès injuste : "Il y en a marre de dire que les retraités sont riches. Moi, j'ai une petite retraite. J'ai travaillé toute ma vie, mon mari toute sa vie. On a une maison à nous. On ne l'a pas volée. Il y en a ras-le-bol", lance-t-elle.

Le débat renvoie au fonctionnement même du système de retraite par répartition : les cotisations des actifs financent les pensions actuelles, comme les retraités d'aujourd'hui ont eux-mêmes financé celles de la génération précédente. "Dans les années 1980, les prélèvements sur les salaires étaient moins élevés et l'équilibre démographique plus favorable, avec trois cotisants pour un retraité, contre 1,77 aujourd'hui", souligne ainsi Martial You, rédacteur en chef du service économie de RTL.

Des retraités aisés joints par RTL sont prêts à faire un effort à condition qu'il soit juste et ciblé. Jean-Pierre, retraité à Quimperlé, se dit favorable à une forme de participation, mais plutôt via une non-revalorisation des pensions sur l'inflation que par une suppression d'avantages fiscaux. "Pour l'instant, on ne parle que des retraités. Il y a quand même beaucoup d'autres choses à réduire", tempère-t-il. 

Nelly, près de Bordeaux, va plus loin : avec plus de 6.000 euros de retraite à deux dans son foyer, elle juge "normal" que les retraités les plus aisés participent, au nom de la solidarité avec "les enfants et les petits-enfants" qui devront porter le poids de la dette. 

À partir de quel niveau de retraite est-on considéré comme aisé ?

Le niveau de vie des retraités ne se résume pas au seul montant de leur pension. En France, le salaire moyen net mensuel atteint 2.733 euros dans le privé, et un peu moins dans le public. En parallèle, la pension moyenne nette s'élève à 1.530 euros pour les anciens salariés du privé, contre 2.440 euros pour ceux du public. Mais d'autres critères entrent en ligne de compte dans l'appréciation du pouvoir d'achat : les retraités sont plus souvent propriétaires de leur logement, disposent en moyenne d'une épargne plus importante et bénéficient davantage du système de santé, en raison d'un recours plus fréquent aux soins avec l'âge.
 
À partir de quel niveau de pension un retraité doit-il être considéré comme suffisamment aisé pour "participer à l'effort" ? Le gouvernement n'a pas encore tranché sur la question. Certains auditeurs de RTL, ont fait leur propre estimation. Nelly assure qu'à partir de 3.500 euros de retraites pour un couple, il est possible de faire un geste pour aider.

Gauthier, jeune retraité met la barre encore plus bas. "Je considère qu'au-delà de 2.500 euros par mois c'est tout à fait normal de faire un effort, notamment pour que nos jeunes travailleurs", lance-t-il. "Je pense que ça serait un bel élan d'entraide vis-à-vis des jeunes générations. "Oui, je pense qu'au-delà de 2.500 euros de retraite nette, on doit être heureux et fiers de faire un effort pour nos plus jeunes générations", assure-t-il. 

Même logique chez Christine, qui se dit favorable à un gel des retraites, mais à une condition : que "toute la France" participe, y compris les responsables politiques. 

La rédaction vous recommande

L’actualité par la rédaction de RTL dans votre boîte mail.

Grâce à votre compte RTL abonnez-vous à la newsletter RTL info pour suivre toute l'actualité au quotidien

S’abonner à la Newsletter RTL Info

Ne laissez pas Google décider de vos sources.

Ajouter RTL comme source préférée