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Dans les discussions sur le prochain budget, une piste revient à nouveau : désindexer les pensions de retraite.
Crédit : JOEL SAGET / AFP
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Dans les discussions sur le prochain budget, une piste revient à nouveau : désindexer les pensions de retraite. Roland Lescure, l’a encore redit le 24 août sur BFMTV-RMC. Il va falloir le faire.
"Voyons ensemble si on peut demander aux retraités un effort, un effort réel, mais qui consiste à ne pas être augmenté autant que l'inflation", a déclaré le ministre de l’Économie. Dans le fond, ceux qui sont à la retraite le savent aussi : on ne va pas pouvoir continuer à laisser reposer tout le financement du régime de retraites uniquement sur ceux qui travaillent.
Parce que les salaires, hormis le SMIC, ne sont pas indexés sur l’inflation. Cela crée un déséquilibre. Concrètement, les retraités resteraient au même niveau de pension, quelle que soit la hausse des prix. Prenons la retraite moyenne d’un homme en France : 2.090 euros par mois. Avec une inflation à 2% actuellement, cela signifie qu’elle ne serait pas revalorisée de 42 euros par mois l’an prochain. En clair, un demi-plein d’essence resterait à leur charge.
Pour des retraités pauvres, 42 euros, cela compte. Il y a entre 8 et 10% de retraités pauvres en France. Mais il y a aussi 20% de pauvres chez les jeunes, et jusqu’à 33% parmi les mères célibataires. Dans le même temps, le taux d’épargne des seniors a explosé depuis le Covid. En France, il est en moyenne de 19%, ce qui est déjà beaucoup, mais chez les plus de 70 ans, on dépasse les 25% d’épargne.
Autrement dit, la revalorisation des retraites part davantage en épargne qu’en consommation. C’est aussi ce qui nourrit l’idée qu’un gel temporaire peut être absorbé, au moins pour une partie des retraités.
Reste l’argument de la justice : ces retraités ont cotisé toute leur vie pour avoir droit à leur pension. Oui, mais on ne cotise pas pour soi. On cotise pour ceux qui sont déjà à la retraite. Et c’est là que le déséquilibre démographique devient central. En 1980, un salarié payait 17% de charges, salariales et patronales, pour financer la retraite de ses parents. Aujourd’hui, ses enfants versent 28%, soit presque deux fois plus.
Pourquoi ? Parce qu’il y avait trois cotisants pour un retraité en 1980, contre 1,77 aujourd’hui. C’est ce basculement qui rend le système de plus en plus difficile à financer sans demander un effort supplémentaire à ceux qui travaillent.
Si le gouvernement choisit cette voie, les syndicats protesteront sans doute. Pourtant, une partie des retraites a déjà été désindexée à sept reprises en dix ans. Cette année encore, la retraite complémentaire Agirc-Arrco est à 0%. Et il n’y a pas eu de manifestation.
Pourquoi ? Parce que l'Agirc-Arrco est cogérée par le patronat et les syndicats. C’est pour cela qu’il faut confier la gestion des caisses de retraite aux partenaires sociaux. Ce serait bien plus efficace que de laisser les politiques piloter seuls ce dossier.
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