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Un étang victime de la sécheresse près de Monfort-en-Chalosse (Landes), le 3 août 2022.
Crédit : GAIZKA IROZ / AFP
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Les prévisions le confirment : El Niño est de retour. Ce phénomène climatique naturel, qui survient tous les trois à sept ans, est associé à des sécheresses, des pluies diluviennes et des records de chaleur à l’échelle mondiale. Son nom vient de l’Enfant Jésus en espagnol, car ses premiers signes apparaissent généralement autour de Noël. Mais derrière cette appellation se cache une autre, "l’enfant terrible du Pacifique".
Pourquoi ce surnom ? Parce qu’El Niño agit comme un amplificateur du réchauffement climatique. Il peut faire grimper la température moyenne mondiale de plusieurs dixièmes de degré et accroître la fréquence ou l’intensité d’événements météorologiques extrêmes dans de nombreuses régions du globe.
Mais comment ce phénomène, capable d’influencer le climat de toute la planète, se forme-t-il ?
El Niño vient d'un dysfonctionnement des alizés, des vents soufflant toujours dans la même direction, d’est en ouest, et présents notamment dans le Pacifique équatorial. Ils déplacent l'eau du Pacifique équatorial de l'est vers l'ouest. L'eau de surface se réchauffe, particulièrement à l’ouest du bassin, engendrant beaucoup d'évaporation et de pluie. Donc, dans des conditions normales avec des alizés, il pleut beaucoup à l'ouest, mais peu à l'est.
Par ailleurs, comme l'eau se déplace d'est en ouest, l'eau remonte des profondeurs près des côtes du Pérou, fait remonter des nutriments et permet une pêche prolifique.
El Niño, c'est donc ce ventilateur qui s'arrête, pour des raisons qui ne sont pas très bien élucidées. À ce moment, l'eau chaude se rapproche du centre du Pacifique, voire des côtes de l'Amérique du Sud. Et tout est chamboulé : sécheresse dans les zones de mousson en Inde et dans l'Asie du Sud-Est, pluie diluvienne près de l'Amérique du Sud… Et ça, c'est juste ce qui concerne le bassin Pacifique. Parce que les conséquences vont s'étendre jusqu'aux États-Unis, jusqu'en Asie, jusqu'en Océanie, absolument partout.
Pour le moment, les prévisions convergent vers le fait qu'El Niño sera très fort, voire exceptionnel. La dernière fois qu'un phénomène d'ampleur s'est produit, c'était il y a très longtemps, à la fin du XIXe siècle, à une époque où l'énergie était beaucoup moins abondante et où le monde dépendait beaucoup plus de l'abondance des récoltes de l'année.
Cet El Niño a mis un tel désordre dans le système climatique, avec une très importante diminution des récoltes, qu'il a causé entre 50 et 70 millions de morts, à une époque où la population planétaire était le quart de ce qu'elle est aujourd'hui.
Désormais, il existe des moyens de transport qui permettent de pallier ces moindres rendements. Mais cet épisode El Niño, conjugué à ce qui vient de se passer à Ormuz, qui a privé une partie de l'Asie d'engrais, Malheureusement, il va probablement avoir des conséquences extrêmement sévères dans une bonne partie de l'Asie, par exemple.
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