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"Tous les indicateurs climatiques sont dans le rouge" : l'ONU alerte sur l'accélération du réchauffement climatique et prévient que la Terre est "poussée au-delà de ses limites"

À l'occasion de la publication de son rapport annuel sur l'état du climat, l'Organisation météorologique mondiale tire une nouvelle fois la sonnette d'alarme. L'agence de l'ONU confirme que les années 2015 à 2025 sont les 11 années les plus chaudes jamais enregistrées.

Illustration d'un épisode de forte chaleur, aux États-Unis.

Crédit : Patrick T. Fallon / AFP

AFP

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La quantité de chaleur accumulée par la terre a atteint un niveau record en 2025, avec des conséquences à craindre pour des centaines, voire des milliers d'années, a alerté ce lundi 23 mars l'Organisation météorologique mondiale (OMM), une agence de l'Organisation des Nations unies (ONU).

"Le climat mondial est en état d'urgence. La Terre est poussée au-delà de ses limites. Tous les indicateurs climatiques clés sont dans le rouge", a averti le Secrétaire général de l'ONU, António Guterres, à l'occasion de la publication du rapport annuel de l'état du climat de l'OMM.

Pour la première fois, ce rapport intègre parmi les indicateurs climatiques clés le déséquilibre énergétique de la Terre, qui rend compte de la vitesse à laquelle l'énergie entre et sort du système de la planète.

Dans un climat stable, la quantité d'énergie solaire entrante est à peu près égale à la quantité d'énergie sortante. Mais cet équilibre est rompu par l'augmentation des concentrations de gaz à effet de serre qui entraînent un réchauffement continu de l'atmosphère et de l'océan, ainsi que la fonte des glaces.

Le déséquilibre s'est accentué depuis le début des relevés d'observation en 1960 et en particulier au cours des 20 dernières années, pour atteindre "un nouveau record en 2025", constate l'OMM.

"Les activités humaines perturbent de plus en plus l'équilibre naturel, et nous devrons vivre avec ces conséquences pendant des centaines, voire des milliers d'années", prévient la Secrétaire générale de l'organisation, Celeste Saulo. 

La décennie la plus chaude jamais enregistrée

Dans son rapport, l'OMM confirme que les années 2015 à 2025 sont les 11 années les plus chaudes jamais enregistrées, et que l'année 2025 se classe au deuxième ou troisième rang, avec une température supérieure d'environ 1,43°C à la moyenne de la période 1850-1900.

L'année 2024, qui a débuté sous l'influence d'un puissant épisode El Niño, reste l'année la plus chaude jamais observée, souligne encore l'organisation.

"Les phénomènes extrêmes survenus partout dans le monde, notamment les épisodes de chaleur intense, les fortes pluies et les cyclones tropicaux, ont causé des perturbations et des dégâts, et mis en évidence la vulnérabilité de nos économies et sociétés interconnectées", rappelle l'OMM.

Le réchauffement océanique et la fonte des glaces entraînent une élévation à long terme du niveau mondial moyen de la mer, qui s'est accélérée depuis le début des mesures satellitaires, en 1993. Ce niveau était en 2025 supérieur d'environ 11 centimètres à celui enregistré au début des relevés.

Dans le même temps, les calottes glaciaires de l'Antarctique et du Groenland ont toutes deux perdu une masse considérable, et l'étendue moyenne annuelle de la glace de mer arctique en 2025 est l'une des plus faibles jamais mesurées depuis le début de l'ère satellitaire, relève l'organisation onusienne.  

Une nouvelle hausse des températures attendue en 2027

John Kennedy, expert de l'OMM, a indiqué à la presse que le climat demeurait pour l'instant sous l'effet d'un épisode La Niña, associé à des températures mondiales plus basses.

"Les prévisions indiquent globalement un retour à la neutralité d'ici le milieu de l'année, avec une possible apparition d'El Niño plus tard dans l'année. Nous pourrions donc observer une nouvelle hausse des températures en 2027", a-t-il expliqué, précisant que rien n'était certain à ce stade.

"Soyons francs, la situation est plutôt alarmante. Nous utilisons ces informations pour affiner nos prévisions et justifier la nécessité de systèmes d'alerte précoce, afin de faire notre possible pour atténuer les conséquences, mais ces indicateurs n'évoluent pas dans un sens qui laisse entrevoir une issue favorable", a concédé devant la presse la secrétaire générale adjointe de l'OMM, Ko Barrett.

"Le rapport publié aujourd'hui devrait être accompagné d'une mise en garde : le chaos climatique s'accélère et toute tergiversation sera fatale", insiste de son côté Antonio Guterres.

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