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"Vous avez des bars qui se proclament discothèque" : après l'incendie à Crans-Montana, les normes de sécurité des boîtes de nuit en question

Les normes de sécurité du bar "Le Constellation" en Suisse font débat après des vidéos montrant les flammes se propager rapidement au plafond de la salle en sous-sol. Des acteurs du secteur des discothèques racontent les règles strictes auxquelles sont soumis leurs établissements en France.

Une discothèque (illustration)

Crédit : Linh PHAM / AFP

En France, les discothèques appliquent des règles strictes

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Olivier Boy & Clara Echarri - édité par Jérémy Billault

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La Suisse a vécu l'horreur dans la nuit du 1er janvier. Un violent incendie dans un bar de la station de ski de Crans-Montana a fait une quarantaine de morts et une centaine de blessés selon les autorités suisses. Au lendemain du drame, la publication de photos et vidéos de la soirée sur les réseaux sociaux soulève un certain nombre de questions : le bar Le Constellation était-il aux normes ?

Le Constellation peut accueillir 300 personnes à l'intérieur et 40 en terrasse, selon son site internet. Situé au rez-de-chaussée d'un immeuble, il dispose d'un sous-sol où sont organisés des soirées et événements. Selon plusieurs témoins, le sous-sol de l'établissement où l'incendie s'est déclenché n'est relié au rez-de-chaussée que par un escalier, que certains ont décrit comme "étroit". 

Même si les autorités suisses restent prudentes à ce stade, le drame aurait été provoqué par une bougie étincelante, un engin pyrotechnique, placé sur des bouteilles de champagne, selon plusieurs témoins. Des images montrent des serveuses approcher ces bouteilles très près du plafond, recouvert de ce qui semble être une mousse insonorisante potentiellement inflammable, avant que les flammes se propagent et provoquent une explosion.

En Suisse, la sécurité incendie relève de la compétence des autorités cantonales. L'enquête devra déterminer si les normes anti-incendie et la conformité des sorties de secours ont été respectées ou si des lacunes ont pu favoriser le drame du Nouvel An.

Quelle sont les règles en France ?

En France, les patrons de boîtes de nuit s'affairent pour empêcher ce type de catastrophe. Les normes sont très strictes. La Dune, plus grosse discothèque du bassin d'Arcachon, en est un bel exemple. Le gérant de la Dune Laurent Danthez énumère les différents équipements de sécurité : "Vous allez dans la discothèque, vous allez voir des banquettes en velours. Ce ne sont que des produits qui sont soit M1, soit M0, soit M2, c'est-à-dire que c'est une norme de protection au feu".

On déclenche l'alarme incendie qui coupe la sono et allume les lumières. On évacue les gens par les issues de secours. 750 personnes en moins d'une minute, c'est vidé

Laurent Danthez, gérant de la discothèque La Dune, en cas d'incendie

Pour éviter un drame similaire à Crans-Montana, son établissement doit répondre à une série de normes précises. Décorations de Noël comprises. "Cela va jusqu'aux décorations, le mobilier, les peintures qu'on met sur les murs. Ce ne sont pas des peintures qu'on achète classiques. Il y a des normes pour les poser. Un bar, on ne le construit qu'avec des matériaux qui ne sont pas inflammables", explicite Laurent Danthez au micro de RTL.

En cas d'incendie, la procédure à suivre est déjà en place. "On va déclencher l'alarme incendie qui coupe la sono et qui allume les lumières. On va commencer à évacuer les gens par toutes les issues de secours. Chaque personnel connaît son rôle. 750 personnes en moins d'une minute, c'est vidé." Sur l'incendie en Suisse, la problématique ne porte pas sur l'autorisation de la bougie étincelante, mais "si les matériaux autour étaient inflammables ou non", souligne le professionnel.

"Le gros problème, c'est la porosité entre les catégories"

Sur RTL, ce vendredi 2 janvier, Patrick Malvaës, président du syndicat national des discothèques et lieux de loisirs s'étonne des circonstances du drame, les victimes semblant prises au piège.

Selon les premiers éléments, une mousse insonorisante s'est enflammée au passage d'une  serveuse qui portait des bouteilles de champagne avec des bougies pyrotechniques."La qualité des matériaux qui sont mis en œuvre est quelque chose de très important, explique Patrick Malvaës. Les morts et la mortalité, sont essentiellement par asphyxie, quand c'est dans des lieux confinés comme ça, ça va très très vite". 

"En France, poursuit-il, les établissements sont classés selon leur nature et selon le type d'établissement, les normes de sécurité sont plus ou moins sévères. Les plus sévères, c'est pour les discothèques, extraordinairement sévères. Vous avez un registre de sécurité qui est tenu à jour en permanence, avec des vérifications, et vous êtes obligé de faire des vérifications électriques, des antifeux, etc., régulièrement, et de les consigner. On est obligé de mettre en condition notre personnel pour qu'il sache mener une évacuation dans l'urgence, parce que c'est le plus important".

À écouter

Les proches des victimes de Crans-Montana entre sidération et incertitudes

00:04:26

L'enquête devra désormais déterminer si ce bar avait été contrôlé, respectait les règles. "Le gros problème qui se pose en matière de sécurité maintenant dans notre pays et en Europe et d'une façon générale, c'est la porosité entre les catégories, précise Patrick Malvaës. Vous avez des bars qui se proclament discothèques, mais qui se classent toujours en bar, de façon à n'avoir pas à subir les normes de sécurité draconiennes qui sont celles des discothèques. Donc ça leur coûte moins cher, ils se déclarent en bars, en hôtels, en restaurants, en ce qu'ils veulent, et à partir de ce moment-là ils ne respectent pas les règles".

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