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Violences conjugales : comment fonctionnent les bracelets anti-rapprochement ?

ÉCLAIRAGE - Les premiers bracelets anti-rapprochement sont mis en circulation à partir de ce vendredi 25 septembre. On vous explique comment fonctionne ce nouveau dispositif composé d'un bracelet attaché à la cheville de l'auteur des violences et de deux boîtiers.

Le bracelet anti-rapprochement est lancé vendredi 25 septembre
Le bracelet anti-rapprochement est lancé vendredi 25 septembre
Crédit : Emilie Baujard
Violences conjugales : comment fonctionnent les bracelets anti-rapprochement ?
02:26
Emilie Baujard

C'était une mesure-phare du Grenelle des violences conjugales. Les premiers bracelets anti-rapprochement sont mis en circulation à partir de ce vendredi 25 septembre. 1.000 bracelets seront ainsi dispatchés dans cinq juridictions. Mais alors comment fonctionne ce nouveau dispositif ? Il s'agit en pratique d'un bracelet attaché à la cheville de l'auteur des violences et de deux boîtiers.

Le premier est donné au conjoint violent, il permettra de l'appeler en cas de besoin. Le deuxième est pour la victime afin de la géolocaliser et de pouvoir l'appeler en cas d'urgence. L'idée est de dissuader l'auteur des violences de s'approcher de sa victime. Des boîtiers surveillés par un centre de télésurveillance qui reçoit en temps réel les positions GPS des deux boîtiers. Il y a des zones d'alerte qui ont aussi été prédéfinies par un juge selon la situation.

Si le conjoint violent entre dans la zone de pré-alerte, une alarme retentit sur son boîtier, la télésurveillance l'appelle alors et il doit répondre immédiatement et sortir de cette zone. S'il n'obtempère pas et entre dans la zone d'alerte, et donc s'il se rapproche de sa victime, cette dernière est tout de suite prévenue pour qu'elle se mette en sécurité. 
Simultanément, les forces de l'ordre sont appelées et elles se rendent auprès de la femme en danger.

Le ministre de la Justice a assuré ce vendredi 25 septembre au micro de RTL que le bracelet devrait empêcher "beaucoup d'hommes de franchir cette ligne rouge" et permettre de "rassurer" les victimes.

Objectif : protéger la victime

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L'idée s'est vraiment de protéger la victime et de s'assurer qu'elle est à l'abri, avant d'aller interpeller l'auteur. Ce bracelet anti-rapprochement peut être attribué à des conjoints condamnés pour violences conjugales ou sous contrôle judiciaire. Et surtout, et c'est une grande nouveauté, il pourra être attribué comme mesure de prévention, notamment dans le cas d'une ordonnance de protection quand un juge estime qu'une femme est en danger, et ce même si le conjoint n'est pas encore passé en jugement.

Dans un premier temps, 1.000 bracelets seront mis en circulation dans cinq juridictions : Aix-en-Provence, Pontoise, Angoulême, Bobigny et Douai, puis sur tout le territoire d'ici la fin de l'année. Les associations saluent l'arrivée de ce dispositif mais préviennent que ce ne sera pas la solution magique au problème des violences de genre. C'est malgré tout un bon outil. Un outil qui doit s'inscrire dans une politique globale. 

Un outil efficace qui doit être utilisé

N'oublions pas que chaque année, 230.000 femmes sont victimes de violences. Enfin, cet outil, pour être efficace, doit être utilisé. Il faut donc que les magistrats s'emparent du dispositif et l'attribuent. L'année dernière, on s'est rendu compte que les deux tiers des Téléphones Grave Danger étaient inactifs, oubliés dans les placards des juridictions.

Pour Éric Dupond-Moretti, il s'agit toutefois d'un "outil absolument formidable" et d'une "véritable avancée".

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