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Valérie Bacot : qui est cette "mère courage", devenue visage du combat contre les violences conjugales ?

PODCAST – Le 23 mars 2016, Valérie Bacot abat son mari Daniel Polette d'une balle dans la nuque. Un geste de désespoir : depuis 18 ans, il lui imposait coups, violences sexuelles, et prostitution. À l'issue de son procès, elle ressort libre.

Valérie Bacot arrivant au procès en compagnie de ses enfants le 21 juin 2021.
Valérie Bacot arrivant au procès en compagnie de ses enfants le 21 juin 2021.
Crédit : JEFF PACHOUD / AFP
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Elle est dans le box des accusés mais c’est elle la victime. C’est tout le paradoxe du procès de Valérie Bacot, petite femme menue, longs cheveux blonds, de grands yeux bleus d’enfant, un joli visage qui a pris trop de coups.

Ce vendredi 25 juin, c’est le dernier jour d’audience. L’avocat général termine son réquisitoire. Valérie entend : "5 ans de prison", elle n’écoute même pas la suite, elle est horrifiée. La prison, ça veut dire ne plus voir ses enfants, et ses enfants c’est sa vie. Et puis elle voit le sourire de ses avocates. On lui explique que c’est 5 ans, dont 4 avec sursis. Si le jury suit les réquisitions, elle sera libre ! 

L’émotion la submerge, les larmes montent et c’est le trou noir, elle s’effondre. Elle s’était préparée à un retour en prison. Elle avait refait sa valise de détenue : des pulls chauds sans capuche ni lacets, des joggings, et l'album avec toutes les photos des gamins. Pour eux, elle avait tout réglé, elle le racontait encore la veille. Le plus jeune veut devenir maître-chien. "J’ai payé ses études, j’ai fait sa carte de bus". Le cadet est mécanicien, il doit déménager en juillet. "Je ne serai pas là, mais je lui ai trouvé l’annonce pour son nouvel appartement".

Elle avait tout organisé, tout prévu… sauf la clémence de la cour

Elle avait tout organisé, tout prévu… sauf la clémence de la cour. Le verdict tombe tard dans la nuit : 4 ans de prison, dont 3 avec sursis. Elle est libre. La valise que porte son fils Dylan ne servira pas. Valérie Bacot va retrouver les siens. Et tenter d’oublier l’homme qui a saccagé son existence, Daniel Polette. 

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Quand il entre dans sa vie, elle a 11 ans, elle est encore dans l’enfance. Une enfance malmenée, déjà. Le père est constamment absent, la mère, Joëlle, est agressive, dépendante à l'alcool et aux médicaments. "Maman n'est jamais tendre, mais elle ne frappe que moi” écrit Valérie Bacot dans son livre Tout le monde savait (Fayard, 2021). Rien n’est normal chez Daniel Polette. Elle n’a que 12 ans quand il la viole pour la première fois. Il ne s’arrêtera plus. 

Quand Daniel se retrouve en prison, la mère pleure et Valérie culpabilise. À sa libération, fait incompréhensible, Polette revient au foyer, et le calvaire recommence. “Je m’en fous tant qu’elle ne tombe pas enceinte”, dit la mère. C’est précisément ce qui se produit. Et Valérie devient alors la nouvelle compagne de Daniel Polette. Ils auront 4 enfants, trois garçons et une fille, tous issus de viols. Leur quotidien est fait de coups, de cris, d’insultes. Le pire est encore à venir : Daniel la force à se prostituer, à l’arrière de la voiture familiale qu’il a aménagée. Elle se désincarne. "Je suis un robot, une chose, je ne réfléchis plus."

Il reste en elle quelque chose de vivant, c’est l’amour maternel

Et pourtant, s'il reste en elle quelque chose de vivant, c’est l’amour maternel. Un matin, sa fille de 14 ans lui rapporte cette drôle de question que lui a posé Daniel : "Sexuellement tu es comment ?" Valérie comprend immédiatement. Elle sait que sa fille sera la prochaine et ça, elle ne s’y résout pas, ça la révolte. Elle cherche une solution, tente de verser des somnifères dans le café du tyran, sans succès. 

Ce soir-là, Daniel lui a prévu une passe avec un client particulièrement sadique et violent. Il y a une arme dans la voiture, au cas où. Le rapport se passe mal, Valérie se débat, le client part. Polette est furieux, il s’installe au volant en vociférant: “tu vas me le payer!” Elle est assise à l’arrière, quasi nue, en larmes, en sang. Il y a ce revolver à portée de main. Elle ne réfléchit pas. Elle ferme les yeux. Elle tire. C’est fini.

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>> Les Voix du crime sont avocats ou avocates, enquêteurs ou enquêtrices, proches de victimes, de suspects ou de coupables. Ces témoins-clefs se confient au micro des journalistes de RTL. Des témoignages inédits, qui apportent un éclairage nouveau sur la justice et les grandes affaires criminelles d’aujourd’hui.

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