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Un grossiste soupçonné d'avoir "francisé" des centaines de tonnes de légumes espagnols

Un grossiste du sud de la France est soupçonné d'avoir revendu des légumes provenant d'Espagne en faisant croire qu'ils étaient d'origine française. Il encourt jusqu'à deux ans de prison et une amende de 300.000 euros.

Un stand de fruits et légumes frais dans un marché (illustration)
Un stand de fruits et légumes frais dans un marché (illustration)
Crédit : PHILIPPE HUGUEN / AFP
Un grossiste au cœur d'une vaste enquête d'escroquerie de fruits et légumes
01:18
Samia BELBACHIR - édité par Quentin Marchal

Une vaste escroquerie de ventes de fruits et légumes épinglée par la justice. Au cœur d'une vaste enquête menée sous l'autorité du parquet de Tarascon, un grossiste est soupçonné d'avoir fait passer pour des produits français des centaines de tonnes de légumes espagnols, a annoncé la préfecture des Bouches-du-Rhône, ce lundi 5 juillet.

Plusieurs perquisitions et gardes à vue ont été réalisées dans ce dossier préparé depuis plusieurs mois, impliquant la direction départementale de la protection des populations des Bouches-du-Rhône, la gendarmerie d’Arles et la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF). Celui-ci a abouti à la mi-juin à une opération de contrôle, a précisé la préfecture dans un communiqué.

"Les investigations sont toujours en cours", a simplement confirmé auprès de l'AFP le procureur de Tarascon Laurent Gumbau. "En matière de fruits et légumes, la fraude dite de la 'francisation' consiste pour une entreprise à acheter des produits à l’étranger, souvent à bas prix, et à les revendre en prétendant qu’ils sont issus de la production française", a détaillé la préfecture.

Les enseignes de grande distribution prises au piège

"Dans cette affaire, le grossiste en fruits et légumes est suspecté d’avoir acheté en 2020 et 2021 plusieurs centaines de tonnes de légumes (courgettes, poivrons, courges, asperges…) et d’avoir maquillé leur origine. Les étiquettes des légumes indiquant 'Espagne' auraient été retirées des colis et des emballages et remplacées par des étiquettes indiquant une origine 'France'", a encore ajouté la préfecture. 

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Des factures sur lesquelles était inscrit "origine : France" ont également été éditées par le grossiste, toujours selon la préfecture : "impossible dès lors pour ses clients, et le consommateur final, de s’apercevoir qu’il s’agissait, en fait, de légumes espagnols". L'enquête a permis de déterminer que les clients concernés seraient pour l’essentiel des enseignes de la grande distribution.

"Ce grossiste pourrait également avoir agi avec la complicité d’un conditionneur de fruits et légumes chargé de reconditionner certains légumes en filet et d’y étiqueter l’origine France", a encore poursuivi la préfecture. 

Une pratique passible de deux ans de prison et 300.000 euros d'amende

"L’intérêt à la fraude réside dans les différences de prix et de saisonnalité des fruits et légumes entre les pays producteurs. Par exemple, en juin dernier, le poivron espagnol se négociait sur le marché de gros aux alentours de 2 euros/kg alors que le poivron français, dont la récolte débute à peine, s’achète à près de 3 euros/kg", a-t-elle aussi expliqué. 

Lorsqu’elle est établie, cette pratique constitue un délit de pratique commerciale trompeuse punissable d'un emprisonnement de deux ans et d'une amende de 300.000 euros. En matière de "francisation", le bilan d’activité 2020 de la DGCCRF fait état de 392 établissements contrôlés, pour un "taux global d’anomalies" de 25%. 23 établissements ont fait ou vont faire l’objet de procès-verbaux pénaux, selon la préfecture.

"Les Français sont attachés à la consommation de la production de nos agriculteurs. La traçabilité des produits alimentaires est très importante pour nos concitoyens", a commenté le ministre de l'Economie Bruno Le Maire dans un communiqué saluant l'action de la DGCCRF. 

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