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Tentative d'assassinat par des soldats rattachés à la DGSE : avant le procès, la victime dit sur RTL souffrir de "stress post-traumatique"

Marie-Hélène Dini a été la cible d'une tentative de meurtre pour laquelle six hommes ont été arrêtés, dont quatre militaires. Leur procès s'ouvre lundi 30 mars à la cour d'assises de Paris.

Le siège de la DGSE, à Paris (illustration)

Crédit : AFP / Martin Bureau

Marie-Hélène Dini est face à Marc-Olivier Fogiel

00:10:31

Juliette Vignaud & Marc-Olivier Fogiel

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Marie-Hélène Dini, à la tête de plusieurs sociétés de coaching en entreprise, a échappé en 2020 à une tentative d'assassinat. Une affaire qui avait ébranlé les autorités car parmi les exécutants, figurent des soldats rattachés à la DGSE, le prestigieux service de renseignement extérieur français. 

À partir de ce lundi 30 mars, 22 accusés -  4 militaires rattachés à la DGSE, 3 policiers, 6 chefs d'entreprise, un gardien d'immeuble, un médecin, un armurier, un coach sportif, des agents de sécurité - seront jugés à la cour d'assises de Paris. Un face-à-face appréhendé par Marie-Hélène Dini, qui n'est "jamais sortie du trouble de stress post-traumatique". "C'est très difficile, six ans après, de réaffronter tout ça, de revivre à nouveau, une deuxième fois, la même épreuve", confie-t-elle sur RTL, ce vendredi 27 mars. 

La coach dit "affronter avec le maximum de courage" le procès, "en espérant que [son] système nerveux tiendra le coup". Parmi les symptômes de son stress post-traumatique, Marie-Hélène souffre "d'épuisement, de perte de mémoire" ou encore de "troubles du sommeil". En cause, une affaire rocambolesque qui remonte à 2020, où elle a failli être assassinée. 

"Ils avaient fait des repérages"

Le 25 juillet 2020, des policiers sonnent chez Marie-Hélène à Créteil. "Madame, vous avez été victime d'une tentative d'homicide." À ce moment-là, elle croit à un "canular". "Ce que j'ai pensé immédiatement, c'est qu'ils se sont trompés de personne", dit-elle sur RTL. S'en est suivie une fouille de son domicile et une longue audition à la police judiciaire. Les enquêteurs cherchent à savoir si elle ne fait pas partie du Mossad, service de renseignement israélien. "Ils m'ont raconté qu'ils cherchaient des documents sensibles chez moi", rapporte-t-elle.

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La veille de cet échange, deux militaires se trouvaient en bas de son appartement, munis de couteaux à cran, un pistolet et un marteau, bien décidés à l'exécuter. "Ils avaient fait des repérages", raconte Marie-Hélène. Ils connaissaient ses habitudes mais ce jour-là, coup de chance, elle sort "un peu en retard" de son domicile qu'à l'accoutumée, 45 minutes plus tard. 

"Pendant cet intervalle-là, un homme amenait son enfant à la crèche. Il a trouvé que c'était étrange d'avoir des cagoules, des gants en plein mois de juillet. Il a appelé le commissariat de Créteil qui lui a dit que c'était difficile de se déplacer et coup de chance supplémentaire, il a croisé une voiture de la BAC en remontant", détaille la victime. 

Les policiers de la BAC ont alors interpellé les deux hommes. Le commanditaire présumé a par la suite été interpellé. Il s'agit de l'un des concurrents directs de la cheffe d’entreprise.

Sa tête mise à prix à 70.000 euros

L'enquête a permis de démanteler une officine criminelle de grande envergure, qui faisait commerce de règlements de comptes, notamment dans le domaine commercial. Son commanditaire avait convenu de verser 70.000 euros pour sa tête. "Je trouve que ce n'est pas cher payé pour une vie", confie Marie-Hélène. Et de plaisanter : "Je trouve que ce n'est pas flatteur d'être estimé à 70.000 euros."

Concernant son commanditaire, elle considère que leurs relations "n'étaient pas bonnes depuis longtemps". "Il y avait eu des échanges verbaux un peu haut en couleur, mais il n'y a jamais eu des menaces." Pour arriver à ses fins, le donneur d'ordre a fait appel à des militaires rattachés à la DGSE qu'il rencontre dans une loge maçonnique de Puteaux. 

Marie-Hélène n'est pas la seule victime de cette affaire. D'autres projets sanglants menés par cette officine privée ont été découverts lors de l'enquête.

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