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INFO RTL - Tentative de meurtre par des soldats de la DGSE : un nouveau militaire mis en examen

Un nouveau soldat affecté au Centre parachutiste d’entraînement spécialisé de la DGSE à Cercottes (Loiret) a été mis en examen ce vendredi après-midi pour sa participation présumée au projet d’assassinat nébuleux d’une psychothérapeute de Créteil cet été.

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INFO RTL - Tentative de meurtre par des soldats de la DGSE : un nouveau militaire mis en examen Crédit Image : AFP / Martin Bureau | Crédit Média : RTL | Date :
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Thomas Prouteau et Cassandre Jeannin

Les enquêteurs de la Brigade criminelle de la PJ parisienne ont débarqué au petit matin, mardi 1er septembre, au Centre parachutistes (CPES) de Cercottes dans le Loiret. Un camp de l’armée particulièrement sensible puisque les militaires que l’armée y forme sont des membres du Service action de la DGSE. Ses agents, entraînés à l’identique des forces spéciales, sont rompus aux missions les plus délicates menées à l’étranger, notamment les infiltrations et les opérations homos, autrement dit les exécutions d’ennemis directement ordonnées par l’Elysée.
 
Mais c’est pour tout autre chose que les limiers parisiens ont franchi mardi les contrôles pointilleux du poste de garde. La Brigade criminelle venait interpeller trois nouveaux suspects dans la plus mystérieuse affaire criminelle de ces derniers mois : le projet d’assassinat d’une femme d’affaires de Créteil spécialisée dans le coaching d’entreprise, l’hypnose et la psychothérapie. 

Un projet déjoué le 24 juillet dernier grâce à l’interpellation au pied de l’immeuble de la victime, dans une voiture volée, de deux premiers militaires de la DGSE, armés d’un pistolet 9 mm, de couteaux et visiblement prêts à passer à l’acte. Trois autres hommes avaient été interpellés dans les jours suivant, dont un ancien de la DGSI, le renseignement intérieur français, et un réserviste de la DGSE. Avec désormais six suspects, c’est un véritable groupe criminel constitué par des militaires qui est en train d’être démantelé.  

De nombreux chefs d'inculpations

 Après quatre jours de garde à vue, un seul des trois soldats interpellé mardi a été déféré et mis en en examen cet après-midi, par la juge chargée du dossier. Les autres ont libérés sans poursuite. La liste des chefs d’inculpations est longue et identique à celle des autres mis en examen selon une source judiciaire : complicité de tentative de meurtre, en bande organisée, association de malfaiteur en vue de la commission de ce crime, association de malfaiteurs en vue de délits punis de 10 ans, acquisition-détention d’armes, munitions éléments d’armes, et recel en bande en bande organisée de vol. Le jeune homme de 24 ans a été placé sous contrôle judiciaire.

Quel est le profil du mis en examen ?

Le nouveau mis en examen est un camarade des autres mis en cause selon des sources proches du dossier, également affectés à la sécurité et à la surveillance du camp de Cercottes. Il s’agirait donc bien d’un militaire soumis à un secret-défense de haut niveau mais pas d’un agent du Service action chargés d’opérations à l’étranger.

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Depuis le début de l’affaire, la DGSE a fait savoir que les militaires impliqués n’agissaient en aucun cas dans le cadre d’une mission mais qu’il s’agissait d’une affaire privée. C’est également la piste privilégiée depuis le début par les enquêteurs même si le parquet de Paris soulignait mi-août que toutes les hypothèses restaient envisagées. Le trou noir de l’enquête a longtemps été le mobile du projet d’assassinat supposé, à l’aide de mercenaires recrutés dans les rangs de l’armée. 

Qui était la cible de ce projet d'assassinat ?

Les investigations menées sur Marie-Hélène D., la psychothérapeute installée à Créteil et cible certaine, selon le parquet de Paris, du groupe de malfaiteurs, ont désormais permis d’avancer sur cette piste : selon des sources proches de l’enquête, c’est un différent d’ordre professionnel qui pourrait être à l’origine de ce "contrat".  La psychothérapeute, hypnotiseuse et spécialisée dans le coaching d’entreprise était en plein développement de plusieurs sociétés dans le domaine. 

"Même si c’est finalement le mobile, la fait d’embaucher un groupe de mercenaires semble totalement disproportionné" commente un bon connaisseur du dossier. Selon l’avocat de la victime, beaucoup d’éléments comptables et professionnels ont été transmis à la brigade criminelle, mais sa cliente ne voit toujours pas qui pourrait lui en vouloir. Depuis la révélation de l’affaire, elle a embauché une protection privée et se dit très inquiète.

L'enquête se poursuit

La Brigade criminelle cherche en priorité à identifier le commanditaire présumé du "contrat" (terme employé aussi bien par des sources policières que judiciaires, ndlr). À ce stade, l’enquête aurait permis d’identifier le chef du groupe parmi les suspects arrêtés, mais il ne serait que l’exécutant d’une commande. Il s’agit d’un ancien gardien de la paix spécialisé dans la détection des faux documents et passé par de nombreux services selon nos informations : police judiciaire, police de l’air et des frontières, et même DGSI, les services secrets intérieurs, pendant trois mois avant de quitter de lui-même sa fonction. 

Depuis quelques mois le policier s’était reconverti dans la sécurité privée pour le compte d’entreprises et de particuliers mais bénéficiait toujours de solides réseaux dans les services de l’État. Il aurait d’ailleurs recruté les membres du commando lors de sessions de formation au siège de la DGSE, service pourtant réputé passer sur le grill le moindre intervenant qui franchit ses lourdes portes en fer boulevard Mortier à Paris. Pour l’heure, il n’aurait rien révélé du commanditaire supposé, mais les avancées de l’enquête restent extrêmement verrouillées. Affaire ultra-sensible.

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