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Scandale du Mediator : pourquoi ce procès est-il hors norme ?

ÉCLAIRAGE - 10 ans après l'éclatement du scandale du Mediator, le procès s'ouvre ce lundi 23 septembre et va durer 6 mois. Le médicament est à l'origine d'un des plus grands scandale sanitaire, ayant déclenché des problèmes cardiaques chez des milliers de consommateurs.

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Mediator : pourquoi ce procès est-il hors norme ? Crédit Média : RTL | Date :
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Alice Moreno
édité par Esther Serrajordia

C'est un procès hors norme qui s'ouvre ce lundi 23 septembre, et qui va durer six mois. Le procès du Mediator, ce médicament à l'origine du plus grand scandale sanitaire depuis celui du sang contaminé. Il a déclenché de graves problèmes cardiaques chez des milliers de consommateurs. Certains n'ont pas survécu.

Au cours des débats, les cas de plus de 4.000 parties civiles seront examinés. Les laboratoires Servier et l'Agence nationale de sécurité du médicament seront jugés pour tromperie aggravée, homicides et blessures involontaires ou encore trafic d’influence.

Mais pourquoi le procès s'ouvre-t-il seulement maintenant ? D'abord parce qu'il a fallu des décennies avant qu'un lien ne soit établi entre le Mediator et les maladies cardiaques. C'est la pneumologue Irène Frachon qui fait éclater le scandale en 2009.

L'enquête judiciaire débute alors avant d'aboutir à un procès. Pour les familles de victimes, il était plus que temps. "Il y a des victimes qui ont le cœur éclaté, nous aussi en tant que famille des victimes on a besoin d'un procès. Je suis en colère depuis 2010. J'ai perdu ma mère en 2004. Pendant 6 ans je me suis dit que c'était la faute à pas de chance. Et en 2010 je découvre que c'est la faute d'un poison, la faute d'un laboratoire, la faute d'experts corrompus. J'ai besoin de la justice pour tourner la page", déclare Lisa Boussinot, fille de victime, au micro de RTL.

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Au total, 5 millions de personnes ont consommé du Mediator. Des milliers ont subi des complications cardiaques. 500 à 2.000 en seraient mortes. 

Dissimulé les risques pour vendre ?

Comment ce médicament a-t-il pu être prescrit pendant 33 ans s'il était dangereux ? C'est la question centrale du procès. Les laboratoires Servier ont-ils dissimulé les risques pour vendre ? Ils sont soupçonnés d'avoir caché la vraie nature du Mediator, un coupe-faim présenté comme antidiabétique. Ils auraient donc dissimulé sa molécule principale: le benfluorex, un puissant anorexigène dérivé d'amphétamines, un composant responsable des complications cardiaques.

Pour l'avocate de 150 parties civiles, Sylvie Topaloff, l'intention de Servier ne fait pas de doute. "Cela me parait indiscutable. Une dissimulation qui a des conséquences dramatiques puisqu'un produit qui génère des troubles graves est maintenu sur le marché en toute connaissance de cause par Servier. Ils ont fait une enquête très tardive et qui est bien postérieure aux nombreuses alertes en France et dans les pays étrangers".

Selon elle, vendre le Mediator comme un antidiabétique permettait notamment à Servier d'obtenir un remboursement par la sécurité sociale, ce qui aurait été impossible pour un simple coupe-faim. 

L'État est aussi impliqué

Les représentants des laboratoires Servier ne sont pas seuls sur les bancs des prévenus. L'État aussi est impliqué. Car un médicament ne circule pas sans autorisation des instances de contrôle sanitaire. Certains membres de ces instances étaient en même temps consultants pour les laboratoires. Mais pour François De Castro, avocat de Servier, il n'y a pas de trafic d'influence.

"Des investigations considérables ont été menées à l'égard de ces consultants du laboratoire Servier. Rien n'a été mis en lumière de nature à montrer une quelconque ingérence de ces personnes avec qui le laboratoire avait contracté, qui expliquerait que le médicament soit resté trop longtemps sur le marché", a déclaré l'avocat de Servier.

Jacques Servier, décédé il y a cinq ans, sera le grand absent de ce procès. L'actuel président des laboratoires, Olivier Loreau, estime quant à lui que l'instruction a été menée à charge et que les arguments de son groupe n'ont pas été entendus. 

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