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Scandale du Centre du don des corps à Paris : ce que l'on sait

ÉCLAIRAGE - Les juges d'instructions vont enquêter sur les conditions de conservation des dépouilles au Centre du don des corps, un centre spécialisé de l'Université Paris-Descartes.

Un défunt dans une morgue (lllustration).
Un défunt dans une morgue (lllustration). Crédit : PHILIPPE LOPEZ / AFP
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Paul Turban et AFP

Le mercredi 8 juillet, une information judiciaire a été ouverte pour "atteinte à l'intégrité" à l'encontre du Centre du don des corps (CDC), un centre spécialisé de l'Université Paris-Descartes. Près de 80 plaintes ont été déposées alors que les conditions de conservation des corps donnés à la science auraient laissé à désirer. 

Cette affaire a été mise au jour par une enquête du magazine l'Express en novembre 2019. Elle évoquait des "conditions indécentes" de conservation de dépouilles de "milliers de personnes ayant fait don de leur corps à la science." Elle listait pele-mêle des corps "nus", "démembrés", "les yeux ouverts", "empilés", "rongés par les souris", "pourris"... 

Dans la foulée, une enquête a été ouverte par le pôle "Santé publique" du Parquet et confiée à la Brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP), ainsi qu'une mission d'inspection a été lancée par l'Université. Le Centre du don des corps a été fermé administrativement sur ordre de la ministre de la Recherche Frédéric Vidal

"Graves manquements éthiques" de Paris-Descartes

L'Inspection générale des affaires sociales (Igas) et l'Inspection générale de l'éducation du sport et de la recherche (Igésr) ont été mandatée pour mener une inspection administrative. Dans ses conclusions publiées le 13 juin, cette inspection a estimé que l'Université Paris-Descartes était responsable de "graves manquements éthiques" dans la gestion du CDC, qui ont perduré pendant plusieurs années. 

"La responsabilité de l'université est établie car ces faits graves ont bien eu lieu, les alertes ont été adressées aux différentes autorités de l'université et il ne leur a pas été durablement apporté de correction avant 2018", estime la mission. 

Près de 80 plaintes

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Parmi les causes, le rapport pointe une dilution des responsabilités, des rivalités de pouvoir, l'absence d'instance de régulation ainsi qu'une "course au développement de l'activité avec des partenaires de formation privés et industriels prestigieux" destinée à pallier des problèmes de financement. 

Les premières plaintes, 24 au total, ont été déposées en février 2020. Depuis, ce sont près de 60 nouvelles plaintes qui se sont ajoutées. Laurence, l'une des plaignantes, a évoqué sur RTL son chagrin : "c'est de la colère face à cette trahison que ma mère a subie puisqu'elle a voulu donner son corps de bon cœur pour aider les futurs médecins et les futurs chirurgiens."

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