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Saône-et-Loire : la mère de Luca avoue finalement avoir asphyxié son fils de 8 ans

Au premier jour de son procès, Catherine De Conto a reconnu avoir étouffé son fils âgé de huit ans en 2018, sans fournir plus d'explications, notamment sur le mobile du meurtre.

La salle des Assises au palais de justice de Saint-Omer, dans le Pas-de-Calais.
La salle des Assises au palais de justice de Saint-Omer, dans le Pas-de-Calais.
Crédit : PHILIPPE HUGUEN / AFP
Florise Vaubien & AFP

"Je ne sais pas pourquoi j'ai fait ça". La mère du jeune Luca, retrouvé asphyxié à Saint-Rémy, n'a pas fourni plus de détails pour expliquer son geste, ce lundi 14 décembre. Après deux ans de dénégation, Catherine De Conto, 52 ans, a enfin avoué devant les assises de Saône-et-Loire avoir tué son fils de huit ans lors de cette nuit dramatique du 5 février 2018. 

"Je suis coupable... C'est moi qui... ai tué mon fils... mon bébé", a-t-elle déclaré en sanglots au premier jour de son procès. "Je suis désolée maman. Je suis désolée tout le monde. Pardon !", a crié la mère de famille avant de s'effondrer en larmes. 

Le 5 février 2018, l'enfant avait été découvert la tête emprisonnée d'un sac plastique dans la maisonnette HLM de sa mère, située à Saint-Rémy (Saône-et-Loire). Dans un premier temps, la mère avait alerté la police et accusait deux cambrioleurs encagoulés de s’être introduits à son domicile. Elle avait expliqué avoir été molestée par ces malfaiteurs qui auraient ensuite agressé son fils avant de prendre la fuite. 

Des déclarations "évolutives" qui ont semé le doute

Face au témoignage de Catherine De Conto, les enquêteurs doutaient de plus en plus de son innocence et ils n'ont jamais pu confirmer la thèse de l'accusée. De plus, la présidente Caroline Podevin a révélé à l'ouverture des audiences que l'instruction avait pointé des déclarations "évolutives" de la quinquagénaire

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Tout d'abord, la mère de famille n'avait fourni aucune explication pour justifier les traces de griffures fines retrouvées sur ses bras, qui s'apparentent à celles d'un enfant. Elle s'était ensuite rétractée en expliquant que ces plaies avaient été occasionnées par des coups de couteau des "cambrioleurs".

Par ailleurs, la mère avait finalement affirmé que les criminels étaient des consommateurs de stupéfiants. Ils se seraient introduits dans son garage pour récupérer de la drogue qu'ils y avaient cachée. L'accusée avait même posté un message anonyme au journal local où il était écrit : "Des agresseurs sont venus chercher quelque chose...". 

Le témoignage clef de Charlène, demi-soeur de Luca

D'autres éléments avaient alerté les enquêteurs. Aucun vol n’avait été constaté dans la maison, et le désordre qui y régnait après les faits pouvait laisser penser à un "simulacre" de fouille, d’après l'acte d'accusation. 

De plus, les portes de cette maisonnette modeste de la banlieue de Chalon-sur-Saône avaient été retrouvées fermées. Les forces de l’ordre s'étaient alors interrogées : pourquoi des cambrioleurs en fuite auraient pris la précaution de les refermer ?

Enfin, le témoignage de Charlène, la fille aînée de Catherine De Conto, demi-soeur de Luca, avait fait voler en éclats la thèse de la mère de famille. De fait, la jeune femme âgée de 26 ans s’était souvenue que le petit garçon avait confié que sa mère "avait voulu l'étouffer". "Maman veut que je meure", aurait déclaré Luca à sa demi-soeur. 

Des aveux confus et un mobile inconnu

En raison de tous ces éléments accablants, la présidente a poussé l’accusée en lui arrachant des aveux confus : "C'est moi... J'ai appuyé sur sa tête...", a finalement expliqué la quinquagénaire. "Il dormait sous sa couette. J'ai appuyé sur sa couette", a-t-elle ajouté, tout en niant avoir utilisé un sac plastique, semant davantage la confusion. 

Quant au mobile, la mère de famille, diagnostiquée dépressive et anxieuse, a sobrement répondu qu'elle ne savait pas pourquoi elle avait eu ce geste tragique à l’égard de son fils. 

D'après les explications d'un expert, l'accusée prenait des antidépresseurs, des anxiolytiques et des antidouleurs, et aurait peut-être été prise par de "possibles effets indésirables" comme l'"agressivité". Alors que le flou plane encore sur le mobile de cet infanticide, les assises de Saône-et-Loire rendront le verdict vendredi 18 décembre

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