3 min de lecture Islamisme

Samuel Paty : "Les institutions n'ont pas su le protéger", déplore l'avocate de la famille

L'avocate de la famille de l'enseignant tué à Conflans-Saint-Honorine a souligné une série de manquements de la part des institutions. "Toute cette histoire est bâtie sur un mensonge", a-t-elle déclaré.

De nombreux hommages ont été rendus à Samuel Paty, professeur assassiné le 16 octobre 2020
De nombreux hommages ont été rendus à Samuel Paty, professeur assassiné le 16 octobre 2020 Crédit : FRANCOIS LO PRESTI / AFP
Florise Vaubien
Florise Vaubien et AFP

L'avocate de la famille de Samuel Paty estime que ce dernier a manqué de soutien, malgré les nombreux avertissements et alertes. Dans un entretien au Monde publié ce jeudi 10 décembre, Me Virginie Le Roy a jugé que l'enseignant assassiné mi-octobre par un Tchéchène radicalisé n'a pas été protégé par les institutions

Samuel Paty, professeur d’histoire-géographie de 47 ans, avait montré en classe des caricatures de Mahomet suscitant ainsi la contestation de certains parents. Dix jours plus tard, il était retrouvé décapité non loin du collège de Conflans-Saint-Honorine (Yvelines). 

L’avocate de la famille vise tout d'abord l'Éducation nationale qui aurait alimenté la polémique de manière "indécente". Un rapport de l'inspection générale du ministère publié début décembre évoque "la maladresse" que Samuel Paty "avait pu commettre en croyant bien faire de proposer aux élèves musulmans de quitter la salle s'ils craignaient d'être choqués". 

"Les récits sur le fameux cours sont divergents" mais ce rapport, explique la magistrate, "se permet de conclure aussi radicalement qu'il a désigné les élèves musulmans alors que ce n'est pas le cas". 

Des manquements du renseignement territorial

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Par ailleurs, des manquements ont été relevés du côté des renseignements : Me Le Roy déplore "une erreur grave et manifeste d'appréciation de la situation" alors que "tous les marqueurs étaient au rouge". Elle évoque notamment note du renseignement territorial des Yvelines datée du 12 octobre. 

Dans ce document on pouvait lire : "Après la gradation de la première semaine, les choses se calment". Pourtant l'avocate a rappelé que ce constat "est faux". "Il se passe des choses structurantes la deuxième semaine" avant l'assassinat, estime-t-elle. 

"Partir du postulat que cet attentat ne pouvait pas être prévu ferme des portes qui peuvent être très dérangeantes (...). Est-ce que Samuel Paty a été protégé ? Non. Est-ce qu'il aurait dû l'être ? Sans aucun doute, oui. Samuel Paty n'aurait pas dû mourir", insiste-t-elle. 

L'avocat de M. Sefrioui dénonce le traitement de son client

Quant aux évènements qui ont précédé la mort du professeur, Me Virginie Le Roy estime que "toute cette histoire est bâtie sur un mensonge". Il s'agit "d'une manipulation opérée par le père de famille Brahim Chnina et par l'agitateur islamiste Abelhakim Sefrioui", deux hommes qui ont été mis en examen pour "complicité d'assassinat terroriste".

Me Antoine Alexiev, avocat de M. Sefriouia dénoncé de son côté le "viol" de la présomption d'innocence de son client, "stigmatisé" et "désigné sans nuance ni réserve comme l'un des instigateurs de l'assassinat". Il a par ailleurs rappelé que sa vidéo "n'avait suscité aucune réaction après avoir été postée et qu'elle était connue de tous". 

D'après le magistrat, son client avait été "choqué" par cet "effroyable acte de barbarie", "acte impensable qu'il n'a jamais souhaité", peut-on lire dans une lettre ouverte adressée en novembre au chef de l'État et à divers responsables politiques et judiciaires. 

Au total, quatorze personnes font déjà l'objet de poursuites dans cette affaire, dont six collégiens. Depuis lundi matin, les forces de l'ordre ont placé cinq hommes en garde à vue dans le cadre des investigations qui se poursuivent. 

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