1. Accueil
  2. Actu
  3. Justice et faits divers
  4. Qu'est-ce que le scandale de la Dépakine ?
2 min de lecture

Qu'est-ce que le scandale de la Dépakine ?

ÉCLAIRAGE - Mardi 10 novembre, l'Agence nationale du médicament a été mise en examen dans l'affaire de ce scandale impliquant les laboratoires Sanofi.

La Dépakine est au cœur d'un scandale pharmaceutique
La Dépakine est au cœur d'un scandale pharmaceutique
Crédit : LODI Franck/SIPA
Marie Zafimehy & AFP

On l'estime à l'origine de milliers de cas de malformations majeures. Depuis cinq ans, la Dépakine, anti-épileptique commercialisé depuis 1967, est dans le radar de la justice. Mardi 10 novembre, l'Agence nationale du médicament (ANSM) a été mise en examen pour "homicides involontaires", trois mois après les laboratoires Sanofi mis en cause pour les mêmes chefs d'accusation.

Tout a commencé au début des années 2010, lorsqu'une mère de deux enfants a porté plainte contre X pour non-signalement d'effets indésirables graves, administration de substance nuisible, atteinte involontaire à l'intégrité de la personne, tromperie aggravée et mise en danger d'autrui. Elle accuse alors la Dépakine d'être à l'origine des handicaps de sa fille et de son fils nés en 1999 et 2002. 

La molécule en cause est le valproate de sodium, commercialisé depuis 1967 sous la marque Dépakine par les laboratoires Sanofi, mais aussi sous des marques génériques. Elle est prescrite aux personnes souffrant de troubles bipolaires, mais présente un risque élevé de malformations congénitales sur le fœtus si elle est prise par une femme enceinte. Malformations, autisme, troubles ORL : les effets peuvent être dévastateurs pour certains enfants ayant été exposés in utero.

L'État condamné

En août 2016, Le Canard Enchaîné publie une enquête révélant que ces effets indésirables seraient connus depuis les années 1980 et que plus de 10.000 femmes enceintes auraient pris de la Dépakine pendant leur grossesse entre 2007 et 2014. À la suite de ces révélations, une action de groupe est lancée, menée par l'Apesac (association d'aide aux parents d'enfants souffrant du syndrome de l'anti-convulsivant) représentant près de 4.000 personnes et s'appuyant sur 14 cas de mères ayant pris de la Dépakine alors qu'elles étaient enceintes.

En juillet 2020, l'État est condamné par le tribunal administratif de Montreuil (Seine-Saint-Denis) pour avoir "manqué à ses obligations de contrôle". Il doit indemniser chaque famille à des montants d'environ 200.000 euros, 157.000 euros et 20.000 euros, en fonction de la date de naissance des cinq enfants concernés par la décision, âgés aujourd'hui de 11 à 35 ans. Au total, selon les autorités de santé, entre 2.000 et 4.000 enfants auraient été victimes de malformations majeures dues à la Dépakine.

À lire aussi

Au pénal, l'enquête ouverte en 2016 est traitée par le tribunal judiciaire de Paris. C'est dans le cadre de celle-ci qu'intervient la mise en examen de l'ANSM annoncé lundi 9 novembre. Elle s'inscrit dans la lignée de celle des laboratoires Sanofi. Ces derniers ont cette année à la fois été mis en cause pour "homicides involontaires", "tromperie aggravée" et "blessures involontaires". De son côté, Sanofi assure avoir averti les autorités de santé dès 1980, sans réaction de leur part. L'ANSM a elle affirmé prendre "toute la mesure de la souffrance des victimes et œuvre depuis plusieurs années afin de limiter l'exposition au valproate des femmes en âge d'avoir des enfants".

La rédaction vous recommande

Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires.
Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Signaler un commentaire

En Direct
/