2 min de lecture Justice

Procès Michelin-Veyrat : le verdict sera rendu mardi 31 décembre

Marc Veyrat, le célèbre chef, a attaqué en justice le guide Michelin pour comprendre pourquoi son restaurant a été rétrogradé dans sa dernière édition.

Marc Veyrat, après la remise de sa troisième étoile Michelin, en février 2018
Marc Veyrat, après la remise de sa troisième étoile Michelin, en février 2018 Crédit : JACQUES DEMARTHON / AFP
Venantia
Venantia Petillault et AFP

Marc Veyrat ira jusqu'au bout. Le chef de La Maison des bois à Manigod, en Haute-Savoie, est bien décidé à contre-attaquer. Le tribunal de Nanterre doit décider mardi 31 décembre si le Guide Michelin doit donner à Marc Veyrat les raisons de la rétrogradation de son restaurant savoyard de trois à deux étoiles.

"J'ai beaucoup de respect pour le Michelin en France", mais "ils ont fait une erreur sur moi, qu'ils le reconnaissent !", clame le célèbre cuisinier au chapeau noir à quelques jours de la décision.

Par la voix de son avocat Emmanuel Ravanas, Marc Veyrat avait notamment demandé, lors de l'audience fin novembre, à obtenir les preuves des inspections du guide et "la trace des débats" ayant conduit au déclassement de son établissement savoyard La Maison des Bois.
Le restaurant, qui avait obtenu sa troisième étoile en 2018, avait en effet été déclassé un an plus tard.

Marc Veyrat avait alors essayé de "comprendre." Une réunion avait été convoquée en mars en présence du directeur du guide Gwendal Poullennec. On aurait alors opposé au chef -ce que dément catégoriquement la partie adverse - une "saint-jacques cotonneuse" (en réalité du poisson local, explique le chef) et l'usage de "cheddar" dans un plat, alors que le cuisinier se targue de n'utiliser que des produits du terroir. N'ayant pu obtenir son déréférencement du guide, il avait donc attaqué en justice.

La liberté de critiquer en question

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Depuis, son chiffre d'affaires a pourtant grimpé de "7%" en un an, reconnaît l'intéressé. "Même entre Noël et le 1er de l'An, on est plein. On n'a jamais été aussi plein !", se réjouit le chef de 69 ans, à quelques jours du réveillon.

Pour Maître Richard Malka, l'avocat du Michelin, cette affaire pose avant tout "la question du respect de la liberté de critique et d'opinion dans notre pays". Le Michelin est "un instrument pour les consommateurs, pas la propriété des chefs", avait-il rappelé à l'audience. 

"En droit commun, la critique n'est pas complètement libre", lui avait rétorqué Maître Ravanas. "On n'a pas le droit d'écrire n'importe quoi sous prétexte de liberté d'expression." Dénonçant une procédure abusive, le Guide Michelin réclame au chef 30.000 euros de dommages et intérêts.

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