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Procès en appel du financement libyen : Nicolas Sarkozy de nouveau devant la justice avec le risque d’un retour en prison

Condamné en première instance à cinq ans de prison dans l’affaire du financement libyen présumé de sa campagne de 2007, Nicolas Sarkozy est jugé en appel à partir de ce lundi 16 mars à Paris. L’ancien chef de l’État conteste toujours l’existence d’un "pacte de corruption" avec le régime de Mouammar Kadhafi. L’audience doit durer près de trois mois, avec une décision attendue fin novembre.

Dans son Livre "Le Journal d'un prisonnier", Nicolas Sarkozy explique qu'il souhaite un rassemblement le plus large possible.

Crédit : BERTRAND GUAY / AFP

Sophie Neumayer

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Le procès en appel de Nicolas Sarkozy s’ouvre ce lundi 16 mars devant la cour d’appel de Paris. L’ancien chef de l’État est soupçonné d’avoir conclu avec le régime du dictateur libyen Mouammar Kadhafi un "pacte de corruption" afin de financer sa campagne présidentielle de 2007.

À l’approche de ce nouveau procès, Nicolas Sarkozy se prépare intensément depuis plusieurs semaines. Depuis le mois de janvier, il épluche les près de 400 pages du jugement rendu en première instance et rencontre ses avocats deux fois par semaine pour affiner les arguments qu’il compte présenter devant la cour.

L’enjeu est considérable pour l’ancien président. Il a déjà effectué vingt jours de prison, une expérience qui l’a profondément marqué et qu’il a racontée dans son livre Le journal d'un prisonnier publié en décembre 2025. Conscient qu’il pourrait être incarcéré de nouveau, il redoute cette éventualité mais affirme ne pas vouloir être paralysé par cette perspective. D’autant que l’attente sera longue : le verdict n’est attendu que le 30 novembre prochain. 

Une condamnation pour "association de malfaiteurs"

En première instance, Nicolas Sarkozy a été condamné pour "association de malfaiteurs", à cinq ans de prison. Selon le tribunal, il aurait constitué un réseau avec ses proches, notamment Claude Guéant, Brice Hortefeux et l’intermédiaire franco-libanais Ziad Takieddine.

L’objectif présumé de ce groupe aurait été d’obtenir un financement du régime de Mouammar Kadhafi en échange de contreparties diplomatiques et judiciaires. Le jugement s’appuie notamment sur des rencontres secrètes entre Claude Guéant puis Brice Hortefeux et le beau-frère du dirigeant libyen, condamné en France pour terrorisme.

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Le tribunal estimait que l’ancien président était "parfaitement informé" de ces démarches, malgré ses dénégations durant l’instruction et à l’audience.

Une peine qui pourrait être aggravée… ou annulée

Lors de ce procès en appel, toute l’affaire sera réexaminée pendant près de trois mois. Nicolas Sarkozy encourt jusqu’à dix ans d’emprisonnement pour association de malfaiteurs.

Il avait en revanche été relaxé en première instance des trois autres délits pour lesquels il était poursuivi : corruption passive, détournement de fonds publics libyens et financement illicite de campagne électorale.

La cour d’appel pourrait donc confirmer la condamnation, l’alourdir, ou au contraire prononcer une relaxe, comme le réclament ses avocats.

Une défense renforcée pour ce nouveau procès

Pour ce nouveau procès, la ligne de défense de Nicolas Sarkozy reste inchangée : l’ancien chef de l’État continue de contester fermement les accusations.

Mais son équipe d’avocats a été renforcée. Me Sébastien Shapira a rejoint il y a deux mois la défense, aux côtés de Me Christophe Ingrain, afin d’apporter un regard neuf sur le dossier.

Leur objectif : déconstruire les arguments retenus par le tribunal lors du premier procès et convaincre la cour d’appel d’infirmer la condamnation de l’ancien président.

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