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Paris : un gynécologue accusé de violences par plusieurs patientes

VU DANS LA PRESSE - Plusieurs patientes dénoncent les violences du chef du centre de l'endométriose de l'hôpital Tenon à Paris, également professeur de gynécologie obstétrique. Ce dernier est visé par une enquête interne qui fait suite à ces signalements.

Les témoignages des anciennes patientes et des élèves d'Emile Daraï sont glaçants. Toutes dénoncent des violences physiques et verbales.
Les témoignages des anciennes patientes et des élèves d'Emile Daraï sont glaçants. Toutes dénoncent des violences physiques et verbales.
Crédit : IStock/Getty Images
Lison Bourgeois

Les mots utilisés par les victimes pour désigner le Pr Émile Daraï sont violents : "boucher", "vétérinaire"... Ce dernier est le chef du centre de l'endométriose de l’hôpital parisien Tenon. Il est également professeur de gynécologie obstétrique. Une enquête publiée ce jeudi 23 septembre sur le site web de franceinfo révèle que le professeur est aujourd'hui visé par une enquête interne pour des plaintes de violences. 

Les témoignages des anciennes patientes et des élèves d'Emile Daraï sont glaçants. Toutes dénoncent des violences physiques et verbales. Agnès*, par exemple, se souvient avoir attendu plusieurs mois pour obtenir un rendez-vous avec le professeur. On lui parle d'Emile Daraï en le décrivant comme "le plus grand spécialiste parisien de l'endométriose". 

Alors qu'elle vient d'être opérée pour une endométriose et qu'elle souffre d'effets secondaires, elle est impatiente de rencontrer le médecin. Sur place, le rendez-vous ne se passe pas du tout comme elle espérait. 

Je sens toutes les sutures qui craquent, les cicatrices qui explosent, j’ai une douleur absolument fulgurante

Une patiente du Pr Emile Daraï

Elle raconte à franceinfo: "Il arrive et insère directement un spéculum de manière extrêmement violente, sans lubrifiant, sans rien. Je pousse un cri, je sens la fissure que j’ai à ce moment-là qui se déchire, je sais que je suis en train de saigner. Il dit alors qu’il va procéder à un toucher rectal. Je lui dis ‘non non, pas de toucher rectal’ […] Il ne me regarde pas. Il insère deux doigts dans mon anus, et je sens toutes les sutures qui craquent, les cicatrices qui explosent, j’ai une douleur absolument fulgurante, je me débats dans les étriers, je hurle. (...) Je ne l’oublierai pas. On n’oublie pas ce genre de choses".

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Quelques semaines plus tard, Agnès décidera d'alerter l'Ordre des médecins et l'hôpital Tenon. Dans ce courrier, daté du 15 août 2014 et que franceinfo a pu consulter, Agnès dénonce les agissements du médecin. "Rien dans mon parcours médical n’a égalé la violence du toucher rectal imposé par M. Daraï", écrit-elle. 

Le médecin généraliste d'Agnès assure l'avoir retrouvée "en état de choc". Elle doit subir une autre opération pour réparer ses multiples fissures, provoquées selon elle par l’examen du Pr Daraï.

Plusieurs témoignages concordants

Quelques semaines après son rendez-vous, Agnès reçoit un courrier d' Émile Daraï qui dément toute brutalité dans son examen clinique. Selon lui, son examen est "toujours pratiqué avec délicatesse et unidigital".

Pourtant, d'autres patientes se plaignent du professeur selon franceinfo. Pressions exercées pour réaliser une opération, brutalité du praticien, touchés vaginaux et rectaux sans consentement, etc. Les plaintes se rejoignent et se complètent. Sur le compte twitter Stop violences gynécologiques et obstétricales, qui a publié la semaine dernière une série de témoignages sur le sujet, plusieurs étudiants et étudiantes en médecine dénoncent également les pratiques du Pr Daraï.

Le Pr Daraï "s'en remet à l’enquête interne"

Le conseil départemental de l'Ordre des médecins à Paris indique à franceinfo avoir eu trois signalements en 2014 concernant le Pr Daraï. Mais aucune plaignante n'aurait souhaité poursuivre les démarches. 

L’Assistance publique des hôpitaux de Paris confirme avoir reçu cinq signalements au sujet de ce médecin concernant "notamment un manque d’information autour d’examens pratiqués durant des consultations de gynécologie". Avant d'ajouter que "quatre ont donné lieu à une proposition de médiation". Interrogé à son tour, Émile Daraï conteste les faits "et récuse des propos qu’il juge diffamatoires". Le mis en cause ajoute qu'il s'en remet à "l'enquête interne". 

*Le prénom a été modifié.

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