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Mort de Jérémy Cohen : pas de "motifs discriminatoires" à ce stade de l'enquête, selon le procureur

Selon le procureur de Bobigny, "aucun élément" ne permet pour le moment de relier l'agression du jeune homme directement à un acte antisémite. Le port, ou non, de sa kippa est au cœur des investigations.

La police judiciaire (illustration).
La police judiciaire (illustration).
Crédit : BERTRAND GUAY / AFP
Benoît Leroy & AFP

Pas de discrimination, pour le moment. Les violences qui ont précédé la mort de Jeremy Cohen, jeune homme de confession juive percuté par un tramway au mois de février, n'ont pas de "motifs discriminatoires" à ce stade de l'enquête, a déclaré ce mardi le procureur de Bobigny Eric Mathais.

Mercredi 16 février, ce jeune homme de 31 ans, souffrant d'un handicap non visible comme l'a précisé sa famille à Radio Shalom, traversait les voies ferrées quand il a été percuté par le tramway à Bobigny (Seine-Saint-Denis) après avoir été frappé par des jeunes. Depuis, certains candidats à la présidentielle avaient dénoncé un acte possiblement antisémite.

"Il ne ressort pas des témoignages recueillis jusqu’à présent que l’agression ait été commise pour des motifs discriminatoires", a dit le procureur lors d'une conférence de presse. "Aucun élément ne permet à ce jour d’établir avec certitude que la victime était porteuse de manière apparente ou non d’une kippa au moment de la scène de violence", a-t-il ajouté.

Une affaire déjà reprise dans l'arène politique

"Est-il mort pour fuir les racailles ? Est-il mort parce que juif ? Pourquoi cette affaire est-elle étouffée ?", s'interrogeait le candidat d'extrême droite Éric Zemmour ("Reconquête!") ce lundi sur Twitter, par ailleurs sur une dynamique négative dans les sondages. De son côté, sa rivale Marine Le Pen avait évoqué un "acte criminel" qui "pourrait être un meurtre antisémite".

À écouter aussi

Le président et candidat Emmanuel Macron a demandé mardi "la clarté complète" sur ce drame qui selon lui ne doit pas donner lieu à "manipulations politiques".

Où en est la justice sur cette affaire ?

En arrêt cardio-respiratoire et victime d'un traumatisme crânien, le jeune homme est décédé à l'hôpital peu après minuit, le 17 février dernier. À la suite de ce drame, une première enquête avait été ouverte pour "homicide involontaire par conducteur". Une infraction qui, pour le procureur, n'était "pas caractérisée". Le dossier a donc été classé sans suite.
 
Le 10 mars dernier, une vidéo filmée par un témoin montrant l'altercation et le choc avec le tramway a été transmise aux enquêteurs. Une enquête était alors ouverte pour "violences volontaires en réunion", a relaté Eric Mathais, face aux journalistes. Désormais, un juge d'instruction et la police judiciaire du département sont désormais en charge des investigations.

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