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"La France ne peut plus faire face" : les pompiers lancent un grand recensement national pour trouver des volontaires

Face à la hausse des interventions et à des effectifs qui stagnent, les pompiers lancent un recensement national pour identifier des volontaires mobilisables en cas de crise. Une initiative qui vise à répondre à l’urgence opérationnelle, mais aussi à relancer l’engagement dans les rangs des sapeurs-pompiers volontaires.

Les pompiers sont en première ligne face aux incendies en France

Crédit : AFP

"La France ne peut plus faire face" : les pompiers lancent un grand recensement national pour trouver des volontaires

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Killian Tanguy & Eléonore Aparicio

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Les pompiers veulent anticiper les prochaines crises. Après l’élan de solidarité observé ces derniers jours après les incendies en Gironde et dans le Var, le Syndicat national des sapeurs-pompiers volontaires lance un grand recensement national. 
L’objectif est de constituer un registre de personnes prêtes à apporter leur aide lors de futurs événements majeurs, avec en toile de fond une autre urgence : attirer davantage de volontaires dans les rangs des sapeurs-pompiers.


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Le constat dressé par la profession est sévère. Les effectifs, volontaires et professionnels confondus, n’ont pas progressé. Bruno Ménard, secrétaire général du Syndicat national des sapeurs-pompiers volontaires, résume la situation : "Le nombre de sapeurs-pompiers volontaires et professionnels tout confondu n'a pas augmenté. On est toujours resté entre 250 et 260 000 pompiers." Dans le même temps, la pression opérationnelle s’est fortement accrue, "le nombre d'interventions a pris 50% d'augmentation", explique-t-il. 

Cette évolution crée un déséquilibre de plus en plus difficile à absorber sur le terrain. "Ça peut devenir très compliqué et aujourd'hui, nous sommes en rupture capacitaire", alerte-t-il. "La France ne peut plus faire face à ce qui se passe aujourd'hui dans la sécurité civile avec les effectifs actuels", ajoute-t-il. 

Des volontaires potentiels, mais des contraintes jugées trop lourdes

Pour les pompiers, le problème ne tient pas seulement au manque d’envie ou d’engagement. Bruno Ménard dit recevoir régulièrement des messages d’anciens volontaires prêts à revenir, à condition que les règles évoluent. Il rapporte ainsi leurs propos : "Si on a moins de contraintes, si on accepte que je puisse faire 40 ou 50 heures par mois au lieu des 108 qu'on m'oblige, je suis prêt à revenir sapeur-pompier volontaire."

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En près de trois décennies, estime-t-il, le modèle s’est progressivement rigidifié. "En l'espace de 27 ans, on a professionnalisé les sapeurs-pompiers volontaires", explique Bruno Ménard sur RTL. Et selon lui, cette évolution a eu un coût : "On leur a mis toutes les contraintes d'un professionnel sans les avantages."

Un recensement national pour mieux préparer les prochaines crises

Le registre national annoncé vise donc à répondre à deux besoins. D’abord, disposer d’un vivier de personnes mobilisables lors de prochaines crises, qu’il s’agisse d’incendies ou d’autres situations relevant de la sécurité civile. Ensuite, transformer cet élan ponctuel de solidarité en engagement plus durable, dans un contexte où les pompiers peinent à recruter et à fidéliser.

L’enjeu est clair : avec des effectifs stables et des interventions en forte hausse, les services de secours cherchent une nouvelle marge de manœuvre. Ce recensement national apparaît comme une tentative de réponse immédiate, mais aussi comme un signal d’alarme sur l’état des capacités de la sécurité civile en France.

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