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IA : pourquoi la plateforme Doctolib va utiliser vos données de santé dès ce 1er août

Doctolib relance le débat sur les données de santé. La plateforme va utiliser, à partir du 1er août, les informations de ses utilisateurs dans un programme de recherche sur l’intelligence artificielle. Une démarche légale, mais qui ravive les inquiétudes sur la protection de ces données sensibles et sur la souveraineté numérique française.

L'application Doctolib. (Image d'illustration)

Crédit : Romain Longieras / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

IA : pourquoi la plateforme Doctolib va utiliser vos données de santé pour un programme de recherche dès ce 1er août

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IA : pourquoi la plateforme Doctolib va utiliser vos données de santé pour un programme de recherche dès ce 1er août

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Mathilde Piqué - édité par Alexian Giron

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La plateforme de prise de rendez-vous médicaux Doctolib est de nouveau sous le feu des critiques. Ce samedi 1er août 2026, elle va lancer un programme de recherche lié à l'intelligence artificielle en utilisant les données personnelles des utilisateurs.

Et tout le monde a été informé. Au mois de juillet, la totalité des utilisateurs de Doctolib ont reçu un mail pour les informer de ce nouveau programme de recherche. Ce mail est probablement tombé aux oubliettes entre un message publicitaire et une newsletter. Et c'est le problème. À la fin de ce message, vous pouvez vous opposer à l'utilisation de vos données par Doctolib jusqu'au 31 juillet, aujourd'hui.

Sans réponse de votre part, la plateforme considère que vous avez donné votre accord. Ce système est légal et prévu par le RGPD, le règlement général sur la protection des données.

Fournir à l'IA l'entièreté de notre historique médical

À quoi vont servir ces données ? Le programme de recherche vise à répondre à cette question : "L'intelligence artificielle peut-elle améliorer notre prise en charge médicale ?". L'idée est de fournir à l'IA notre historique médical comme nos antécédents, ordonnances, médicaments ou encore examens. Avec ces informations, l'intelligence artificielle fournit son processus. L'objectif n'est pas de commercialiser immédiatement une IA mais d'en valider l'intérêt scientifique dans un premier temps.
Comment ces informations sensibles vont être protégées ? C'est tout le problème. Doctolib stocke nos données personnelles chez Amazon. Le géant américain est le seul à proposer des serveurs assez puissants pour héberger les informations de plus de 50 millions d'utilisateurs, se défendent-ils. Doctolib essaie de rassurer Amazon. 


Ce sont des serveurs Amazon, certes, mais situés en Europe. Pour ce nouveau projet de recherche, les données personnelles seront partiellement anonymisées et les solutions d'intelligences artificielles ont été spécialement conçues pour l'occasion. En clair, vos données médicales ne vont pas se retrouver sur ChatGPT. On parle ici des données personnelles les plus sensibles qui soient. Il est normal d'exiger une sécurité sans faille. Et Doctolib a déjà connu des précédents avec des données censées être chiffrées mais qui ne l'étaient finalement pas ou encore l'utilisation d'intelligence artificielle américaine pour certains de ses services. 

La France est-elle en retard sur la question du numérique ?

Cette polémique autour de Doctolib pose de nouveau la question de la protection de nos données de santé. Et la plateforme n'est pas la seule à avoir ces données. Il y a également Mon espace santé, une sorte de carnet numérique, ou encore la Plateforme des données de santé (PDS), qui permet de mener des projets de recherche.

Cet outil public a connu la même polémique en 2019 que Doctolib en choisissant Microsoft pour le stockage des données. Ce deuxième exemple montre à quel point la France est en retard sur la question du numérique. Les champions tricolores comme OVH ou Scaleway font figure de petits poucets face aux géants américains.

En réalité, on se trompe de combat. Le problème n'est pas le projet de recherche de Doctolib en tant que tel. Il permettra sûrement à la recherche de faire des progrès, peut-être même d'aller vers une solution d'intelligence artificielle française. Le vrai enjeu est notre souveraineté numérique. Qui a vraiment accès à nos données ? Impossible de le savoir.

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