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Mort de Bernard Tapie : 4 moments pour comprendre le feuilleton judiciaire

Bernard Tapie a été au cœur d'un feuilleton judiciaire de plus de 20 ans qui l'a opposé au Crédit lyonnais sur la vente d'Adidas. Retour sur l'affaire Tapie en quatre moments clés pour comprendre.

L'ancien président de l'Olympique de Marseille, Bernard Tapie, le 15 novembre 2013 (Archives).
L'ancien président de l'Olympique de Marseille, Bernard Tapie, le 15 novembre 2013 (Archives).
Crédit : AFP / BORIS HORVAT
Marie Zafimehy & Thibaut Deleaz

Bernard Tapie, homme d'affaires et homme politique, est décédé ce dimanche 3 octobre à l'âge de 78 ans, des suites d'un double cancer de l'œsophage et de l'estomac. Homme aux multiples casquettes professionnelles, Bernard Tapie a été au cœur d'un feuilleton judiciaire de plus de 20 ans, qui l'a opposé notamment au Crédit lyonnais, dans un conflit sur la vente d'Adidas.

Entre l'achat d'Adidas, sa revente par le Crédit lyonnais, les nombreux procès et l'arbitrage lui-même contesté en justice, l'affaire a pris importants de tournants, et Bernard Tapie a été définitivement condamné en 2017 à rendre les 404 millions d'euros touchés après l'arbitrage de 2008. Encore récemment, l'ex-ministre du Budget Eric Woerth a été mis en examen soupçonné d'avoir donné un coup de pouce fiscal à l'homme d'affaires. Retour sur l'affaire Tapie en quatre moments clés pour en comprendre les enjeux.

1. La revente d'Adidas

En 1992, Bernard Tapie devient ministre de la Ville dans le gouvernement Bérégovoy. Le président de l'époque François Mitterrand lui demande de vendre ses parts de la société Adidas, qu'il a rachetée au début des années 1990, pour éviter tout conflit d'intérêt.

Il mandate une succursale du Crédit lyonnais, alors banque publique, pour vendre ses parts pour 2 milliards de francs (environ 320 millions d'euros). La vente est conclue en 1993.

Problème : Bernard Tapie découvre que la banque a elle-même pris part au rachat du groupe Adidas pour 315,5 millions d'euros, avant de tout revendre à un prix beaucoup plus élevé… 709 millions d'euros. Estimant que le Crédit Lyonnais a réalisé une plu-valu sur son dos, l'homme d'affaires exige la justice.

2. Premiers procès et arbitrage

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S'en suivent des années de batailles judiciaires avec le Consortium de réalisation (CDR), qui gère les passifs du Crédit lyonnais, en mauvaise posture financière. En 2005, celui-ci est condamné en appel à verser 135 millions d'euros à Bernard Tapie. Un jugement cassé un an plus tard en cassation.

L'affaire prend un nouveau tournant en 2007 lorsque Nicolas Sarkozy devient président. Sa ministre de l'économie Christine Lagarde demande au Crédit Lyonnais d'accepter le recours à un tribunal arbitral réclamé par Bernard Tapie. L'arbitrage est rendu en 2008 et donne raison à l'homme d'affaires. Le CDR doit lui verser 404 millions d'euros, dont des dommages et intérêts pour le préjudice subi.

3. L'arbitrage contesté

L'Etat aurait-il volontairement favorisé Bernard Tapie ? Les juges soupçonnent Bernard Tapie et son avocat d'être intervenus en ce sens auprès de Nicolas Sarkozy et de Pierre Estoup, juge arbitral. En août 2011, la Cour de Justice de la République (CJR) ouvre une enquête sur Christine Lagarde. Elle est déclarée coupable de négligence en 2016... sans inscription à son casier judiciaire.

Parallèlement, en 2015, la justice annule une première fois la décision de l'arbitrage, et la cour de Cassation valide définitivement l'annulation en 2016. L'homme d'affaires est condamné en appel quelques mois plus tard à rendre les 404 millions perçus en 2008. Une décision confirmée définitivement par la cour de Cassation en mai 2017, mais dont l'exécution reste en suspens : actuellement en faillite, Bernard Tapie ne peut rembourser ces dettes.

4. Un procès pénal

L'affaire Tapie connaît aussi un volet pénal. Mi-décembre 2017, l'homme d'affaires est  renvoyé devant le tribunal correctionnel. Il est jugé pour "escroquerie" et "détournement de fonds publics". 

Le 8 janvier 2018, il est convoqué à Bruxelles mais, déjà malade, il ne se présente pas car il se fait opérer le lendemain à Paris. Lui, ainsi que les autres suspects sont relaxés. Le parquet fait appel de la décision.

Après un report de sept mois dû à l'état de santé de Bernard Tapie, le procès en appel s'ouvre en mai 2021. Toujours malade, l'homme d'affaires n'y assiste pas.  A l'issue des débats, cinq ans de prison avec sursis sont requis contre lui. La décision, mise en délibéré, est attendue à l'automne prochain.

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