2 min de lecture Justice

Le chirurgien suspendu à Grenoble mis en examen, 74 plaintes déposées

INFO RTL - Le docteur Hervé V., chirurgien grenoblois accusé par des dizaines de patients d'avoir raté leur opération, a été mis en examen pour "homicides et blessures involontaires" par les deux juges d'instruction en charge du dossier.

La clinique des Cèdres à Echirolles(Isère) dans la banlieue de Grenoble où opéré le chirurgien grenoblois spécialiste du dos, mis en examen
La clinique des Cèdres à Echirolles(Isère) dans la banlieue de Grenoble où opéré le chirurgien grenoblois spécialiste du dos, mis en examen Crédit : Serge Pueyo
Serge Pueyo Journaliste RTL

Accusé par des dizaines de patients d'avoir raté leur opération, le chirurgien grenoblois Hervé V., a été mis en examen pour "homicides et blessures involontaires" par les deux juges d'instruction en charge du dossier, selon les informations de RTL. Le médecin, spécialisé dans les opérations du dos, a été placé sous contrôle judiciaire avec l'interdiction d'exercer sa profession (il est déjà suspendu par le Conseil de l'Ordre). Selon une source proche du dossier, 74 patients ont déposé plainte à ce jour.

En juin 2019, lors de l'ouverture de l'information judiciaire, le parquet de Grenoble n'avait recensé "que" 27 plaintes. En un an, les juges ont donc vu arriver de nombreux autres plaignants. Cette mise en examen est perçue comme "un grand soulagement" par l'avocat du chirurgien, Me. Bernard Boulloud.

"Avec mon client, nous demandions cette mise en examen depuis un an pour avoir accès au dossier et lui permettre de se défendre. Car jusqu'à présent, il ne pouvait pas le faire. Il était en effet tenu par le secret médical et ne pouvait donc pas parler. Désormais, il va pouvoir produire les pièces médicales qui vont venir contredire les plaintes de certains patients", martèle l'avocat. 

"Des manquements d'une extrême gravité"

En 2019, le Conseil de l'Ordre des médecins avait suspendu pour 18 mois le docteur V. suite à une première enquête de la Caisse Primaire d'Assurance Maladie (CPAM) de l'Isère, ayant fait apparaître 54 dossiers suspects lors des années 2013/2014, dont 30 patients victimes de séquelles ou d'invalidité suite à leur opération.

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Le Conseil de l'Ordre des médecins avait alors pointé "des manquements d'une extrême gravité et un comportement gravement fautif contraire aux obligations qui s'imposent à tout médecin." Il était notamment reproché au chirurgien "un manque d'information de ses patients avant l'opération, des opérations injustifiées, des techniques opératoires non-conformes aux recommandations de bonne pratique, un manque de suivi postopératoire ayant entraîné des complications".

En avril 2019, plusieurs patients du docteur V. (dont certains désormais en fauteuil roulant) avaient témoigné dans la presse de leurs souffrances, mais aussi de leur colère vis-à-vis du médecin. De nombreux autres patients, s'estimant également victimes du chirurgien, s'étaient alors fait connaître.

Cela prouve que les choses avancent et que l'on est écoutés

Lise*, une victime présumée du chirurgien
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Aujourd'hui, ils sont donc 74 à avoir saisi la justice. "Ce n'est pas au nombre de plaignants que l'on détermine la responsabilité ou la culpabilité d'une personne", avertit Me Bernard Boulloud. L'avocat va jusqu'à s'interroger sur la motivation de certains plaignants, évoquant "l’appât du gain" et "des plaintes d'opportunité financière", en faisant allusion à de futures demandes d'indemnisation.

Pour l'avocat, "il va falloir maintenant démontrer le lien de causalité entre les blessures dont se plaignent les victimes présumées et les interventions du chirurgien. Nous sommes confiants. Les expertises que vont diligenter les juges vont démontrer que pour la plupart de ces plaintes, c'est du vent".

Du côté des victimes présumées, on se félicite de la mise en examen du médecin. "Cela prouve que les choses avancent et que l'on est écoutés", confie Lise*, opérée du dos en 2012 et 2013, et qui a porté plainte contre le chirurgien.

Deux patients du chirurgien, Christophe Fuselier, 46 ans, et Noël Jacquier, 73 ans, sont décédés aujourd'hui. C'est ce qui explique sa mise en examen, également pour "homicides involontaires".

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