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Jean-Marie Le Pen jugé en correctionnelle pour ses propos sur les chambres à gaz

Le fondateur du Front National comparaîtra en correctionnelle pour avoir de nouveau qualifié les chambres à gaz de "détail" en avril dernier.

Jean-Marie Le Pen quitte le tribunal de Nanterre devant lequel il a contesté sa suspension du FN, le 12 juin 2015.
Jean-Marie Le Pen quitte le tribunal de Nanterre devant lequel il a contesté sa suspension du FN, le 12 juin 2015.
Crédit : MARTIN BUREAU / AFP
La rédaction numérique de RTL & AFP

Jean-Marie Le Pen sera jugé en correctionnelle pour avoir de nouveau déclaré, le 2 avril, que "les chambres à gaz étaient un détail" de la Seconde Guerre mondiale, a appris vendredi l'AFP de source judiciaire. Le parquet, qui avait ouvert une enquête préliminaire juste après ces propos tenus sur BFMTV-RMC, a cité à comparaître il y a quelques semaines le cofondateur du Front national pour contestation de crime contre l'humanité. La date du procès devant la 17e chambre correctionnelle du TGI de Paris n'a pas encore été fixée.

Condamnés par sa fille Marine qui lui a succédé à la tête du FN, ces propos avaient entraîné la suspension de Jean-Marie Le Pen du parti qu'il a longtemps incarné. Mais cette suspension a depuis été annulée par la justice.

"Ce que j'ai dit correspondait à ma pensée [...]. J'ai parlé d'un système"

Au journaliste Jean-Jacques Bourdin qui lui demandait s'il regrettait d'avoir qualifié les chambres à gaz de détail, ce qui lui a valu d'être déjà condamné, Jean-Marie Le Pen avait répondu : "Pas du tout. Ce que j'ai dit correspondait à ma pensée que les chambres à gaz étaient un détail de l'histoire de la guerre, à moins d'admettre que ce soit la guerre qui soit un détail des chambres à gaz".

Le journaliste l'avait alors relancé, demandant si "des millions de morts" pouvaient être qualifiés de "point de détail". "C'est pas un million de morts, c'est les chambres à gaz", "Moi je parle de choses précises. Je n'ai pas parlé de nombre de morts. J'ai parlé d'un système. J'ai dit que c'était un détail de l'histoire de la guerre", avait répondu Jean-Marie Le Pen, 87 ans.

Des propos auparavant prononcés en 1987, 1997, 2008 et 2009

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Les propos de Jean-Marie Le Pen intervenaient alors que sa fille s'est attelée à "dédiaboliser" l'image du FN depuis son accession à la tête du parti en 2011. Ils avaient été vivement condamnés par la classe politique, y compris au sein du FN. Le bras droit de Marine Le Pen, Florian Philippot, avait immédiatement dénoncé une "provocation parfaitement inutile".

La première des nombreuses sorties de Jean-Marie Le Pen sur le sujet remonte au 13 septembre 1987, quand il avait déclaré: "Je n'ai pas spécialement étudié la question, mais je crois que c'est un point de détail de l'histoire de la Seconde Guerre mondiale". Il avait réitéré ces propos en 1997 en Allemagne, en 2008 au magazine "Bretons", en mars 2009 au Parlement européen.

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