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"Je n'ai pas peur d'eux" : au procès très attendu de membres la DZ Mafia, Amine Kessaci prêt à faire face aux accusés de l'assassinat de son frère

Un procès emblématique commence ce lundi 19 octobre à Aix-en-Provence, où des figures du narcotrafic marseillais, dont certains hauts cadres de la DZ Mafia, sont jugées pour un triple assassinat, dans lequel avait été tué un frère du militant anti-trafic Amine Kessaci.

Un membre des Équipes régionales d'intervention et de sécurité (ERIS) monte la garde à l'intérieur du tribunal à Aix-en-Provence, le 23 mars 2026.

Crédit : Thibaud MORITZ / AFP

Etienne Baudu & AFP & Thomas Prouteau

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Un procès hors norme lié au narcobanditisme s'ouvre à Aix-en-Provence ce lundi 19 octobre. Des figures du narcotrafic marseillais, dont certains hauts cadres de la DZ Mafia, sont jugées pour un triple assassinat. Les victimes avaient été retrouvées démembrées et carbonisées, parmi lesquelles le frère aîné d'Amine Kessaci - jeune militant marseillais engagé dans la lutte contre le narcotrafic - Brahim.

Ce procès, baptisé "sang mêlés" par les enquêteurs, sera sous haute sécurité. Hélicoptères, blindés, snipers, unité d'élite jusque dans le box des accusés : le centre-ville de la commune des Bouches-du-Rhône sera sous cloche pendant trois semaines. Au moins 300 policiers et gendarmes vont se succéder pour sécuriser les audiences. Des convois seront aussi organisés pour transférer les détenus jusqu'au palais de justice en plein cœur d'Aix-en-Provence.

Amine Kessaci, sous protection policière depuis un an, sera de son côté avec son escorte. "Je n'ai pas peur d'eux, et c'est l'inverse qui doit se passer [...] Je serai debout face à plusieurs personnes, face aux présumés assassins de mon frère", explique le militant au micro de RTL, qui attend ce procès depuis six ans. "Pendant six ans, j'ai lu, relu l'ordonnance de mise en accusation. J'ai suivi chacune des mises à jour. J'ai écrit au juge d'instruction chaque fois que j'avais des interrogations." Il sera entendu comme partie civile.

Des barons présumés de la drogue

Au total, ils seront cinq dans le box des accusés, accusés d'avoir attiré dans un guet-apens les trois victimes qui étaient devenues trop gênantes dans les luttes intestines entre certains réseaux de narcotrafic. Parmi eux, deux barons présumés de la drogue de Marseille, jugés pour des faits antérieurs à la création de la désormais fameuse DZ Mafia : Karim Harrat et Amine Oualane. À leurs côtés, Malik Kariba, alias Le Boucher, qui est accusé d'avoir démembré l'une des trois victimes.

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Karim Harrat, surnommé le "Rant", diminutif de Rantanplan, selon les enquêtes judiciaires, est présenté comme une figure du narcobanditisme lié à la DZ. Le Marseillais de 38 ans est soupçonné d'avoir piloté depuis l'étranger, notamment à Dubaï, un vaste réseau de trafic de stupéfiants dans la cité phocéenne.

Extradé du Maroc vers la France en février 2023, il était recherché dans plusieurs dossiers d'assassinats. En janvier 2026, il a été condamné à 10 ans de prison pour son rôle dans un trafic international de cannabis et de cocaïne, puis en mars à 25 ans prison pour avoir commandité un double assassinat en 2019. Un de ses avocats, Hugues Vigier, indique à l'AFP que son client "conteste absolument toute implication dans le dossier." 

Amine Oulane, présenté comme le commanditaire, "conteste toute implication"

Enfin, Amine Oualane, dit "Mamime", âgé de 32 ans et présenté comme l'un des cadres de la DZ Mafia. Il est accusé d'être le commanditaire de ce triple assassinat. Et cela depuis les cellules des sept différentes prisons dans lesquelles il a été incarcéré depuis quinze ans. Car, depuis l'âge de ses 17 ans, "Mamime" n'a connu que six mois de liberté. "Il conteste toute implication dans cette affaire. Il a hâte de s'expliquer devant la cour et de démontrer son innocence", assure son avocate, Me Inès Medioune à RTL.

Depuis début 2026, le Marseillais a été transféré dans le quartier ultra sécurisé de Vendin-le-Vieil dédié à la criminalité organisée. Le narcotrafiquant est complètement coupé de l'extérieur. "C'est une grenade dégoupillée", lâche un haut magistrat à RTL qui redoute le face-à-face lundi avec la famille Kessaci. 

Le procès se tiendra devant une Cour d'assises des Bouches-du-Rhône spécialement composée, des magistrats professionnels remplaçant le jury populaire. Un choix justifié par "des procédures extrêmement complexes" et des "débats techniques et scientifiques", explique Franck Rastoul, procureur général d'Aix-en-Provence. 

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