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1.500 commerces vandalisés : combien vont coûter les violences des 17 et 18 octobre ?

Selon la Fédération du Commerce et de la Distribution, 1.500 commerces ont été vandalisés au cours du week-end. Dans une économie française déjà fragilisée, la question du coût des émeutes et des grandes grèves revient avec force : pertes d'activité, dégâts assurés, tourisme en baisse et risque sur la croissance.

Un homme dérobant un ordinateur le 17 octobre 2026 dans l'Apple Store de Lille

Crédit : Sameer AL-DOUMY / AFP

Quel est le coût des manifestations et des émeutes ?

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Martial You

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Selon la Fédération du Commerce et de la Distribution, 1.500 commerces ont été vandalisés au cours du week-end. Dans une économie française déjà fragile, une question revient immédiatement : combien coûtent des émeutes ou des grèves de grande ampleur ?

Pour une journée de grève massivement suivie, en pleine semaine, lorsqu'elle touche à la fois les transports, l'énergie, l'industrie et les commerces, le coût est généralement estimé à 0,1 point de PIB. Cela représente, en ordre de grandeur, entre 2 et 3 milliards d'euros. Quand le mouvement dure plusieurs jours, comme lors des grandes grèves de 1995 dans les transports ou pendant les mobilisations des Gilets jaunes, la facture peut grimper à 0,2 ou 0,3 point de PIB.

Une partie des pertes peut être rattrapée

Dans le cas des grandes grèves syndicales, l'activité perdue pendant le mouvement était souvent rattrapée dans les mois suivants. Une consommation reportée, une production décalée ou des déplacements remis à plus tard peuvent atténuer le choc initial.

Mais la situation actuelle est plus délicate. Si l'on ajoute 0,3 point de PIB perdu à cause de manifestations, après un été caniculaire qui aurait déjà amputé la croissance de 0,1 point, et dans un contexte de ralentissement lié à la hausse des prix de l'essence, le risque est plus sérieux. Un tel enchaînement pourrait faire basculer l'économie vers la récession et inquiéter davantage les créanciers de la France.

Les émeutes frappent plus durement certains secteurs

Les émeutes n'ont pas exactement le même effet qu'une grève générale. Leur impact se concentre sur certains secteurs, en particulier le commerce. Lors des violences qui ont suivi la mort de Nahel, les assureurs avaient remboursé 793 millions d'euros de dégâts aux commerçants vandalisés.

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Les conséquences ne s'arrêtent pas aux vitrines brisées. Lors des manifestations des Gilets jaunes, la casse avait aussi entraîné 5.800 mises au chômage partiel. Aujourd'hui, le télétravail peut amortir une partie du choc dans certains métiers, mais il ne change rien pour les activités de terrain. Quand on travaille dans un magasin, un restaurant ou un commerce de proximité, l'activité perdue ne se compense pas derrière un écran.

Tourisme, image et investissements : des effets plus diffus

L'impact peut aussi se prolonger bien au-delà des dégâts immédiats. Fin 2018, au plus fort du mouvement des Gilets jaunes, des touristes étrangers avaient changé de destination. Le tourisme en France, et particulièrement à Paris, avait chuté de 5,8% à la fin de l'année.

Il faut aussi compter avec les investissements étrangers qui ne se font pas, ou qui sont reportés, sans qu'il soit toujours possible de les mesurer précisément. Enfin, le "quoi qu'il en coûte" a commencé dans le contexte des Gilets jaunes, avec 17 milliards d'euros débloqués pour tenter d'éteindre la grogne sociale.

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