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Violences policières au Burger King : trois nouveaux CRS placés en garde à vue

INFO RTL - Plusieurs "gilets jaunes" avaient été matraqués au sol par des CRS le 1er décembre 2018, dans un Burger King proche de l’Arc triomphe. Quatre CRS avaient déjà été mis en examen en juin dernier.

Des "gilets jaunes", devant l'Arc de Triomphe lors de la manifestation du samedi 16 mars 2019, à Paris
Des "gilets jaunes", devant l'Arc de Triomphe lors de la manifestation du samedi 16 mars 2019, à Paris Crédit : Geoffroy VAN DER HASSELT / AFP
Thomas Prouteau édité par Maeliss Innocenti

Il aura fallu près de deux ans et demi d’enquête pour les identifier, et cela malgré des images accablantes filmées le 1er décembre 2018 dans un Burger King proche de l’Arc de triomphe : les trois derniers CRS qui avaient participé à l’évacuation violente du restaurant, avenue de Wagram, au soir d’un des actes les plus violents des "gilets jaunes", sont en garde à vue depuis ce mercredi matin dans les locaux de l’IGPN, la police des polices, selon les informations de RTL confirmées de source proche du dossier. Les gardes à vue des trois CRS pourraient durer jusqu'à quarante-huit heures.
 
En juin 2020, quatre hommes de la CRS 43 avaient déjà été mis en examen pour violences volontaires par personnes dépositaires de l’autorité publique. Mais face au manque de coopération de la hiérarchie de cette unité, qui a toujours affirmé ne pas pouvoir reconnaître les suspects à cause de leurs casques notamment, les enquêteurs ont dû travailler plusieurs mois supplémentaires sur les images et les détails incriminants pour que les noms soient dévoilés.
 
Sept policiers sont donc désormais soupçonnés dans ce dossier où plusieurs manifestants et un journaliste ont porté plainte. Les trois policiers entendus ce mercredi matin à l'IGPN pourraient être mis en examen à l'issue de leur audition. Selon nos informations, il s’agit de trois gardiens de la paix et de gradés. Les officiers de l'unité eux, ne sont pas inquiétés à ce stade mais certains ont été entendus hier en audition libre. Tous les policiers impliqués dans l’évacuation du fast-food seraient donc désormais identifiés.

Arié Alimi, conseil des deux manifestants qui se sont portés partie civile dans le dossier, se "félicite" de cette avancée de l'enquête mais déplore "la lenteur du travail d'identification lié au refus de l'administration policière d'y participer". L'avocat va encore plus loin et estime que "la police ne devrait pas utiliser les méthodes des réseaux criminels . Mais la justice permet d'éviter l'impunité".

Les CRS avaient ordre d'évacuer le Burger King

Le 1er décembre 2018, vers 18h45, un groupe de manifestants noyés sous une pluie de gaz lacrymogènes s’étaient réfugiés dans un Burger King dont la porte avait cédé sous la pression de la foule. Plusieurs d’entre eux ont affirmé au cours de l’enquête qu’ils n’avaient commis aucune dégradation et qu’ils voulaient juste se protéger, ce qui n’est pas contesté par l’enquête.
 
Mais ce 1er décembre, l’heure n’est pas aux tergiversations. Les forces mobiles ont été éreintées par une journée quasi-insurrectionnelle et ont finalement reçu pour instruction d’évacuer la place de l’Étoile et ses alentours. L’ordre est donné par un commissaire d’évacuer sans délai le Burger King. Sur les images, on voit le groupe de policiers harnachés et casqués entrer dans le restaurant aux cris de "dégagez dégagez".

Des manifestants matraqués au sol

Les coups de matraque pleuvent alors que les manifestants ne présentent aucune menace, sous le regard des caméras. Et surtout, ils visent des personnes qui se sont allongées à terre. Certains des CRS mis en cause affirment qu’il s’agissait d’une technique de black blocs pour résister aux interpellations, ce qui aurait provoqué les coups. Ce qui est démenti notamment par Manon R., une manifestante qui s’est portée partie civile. Il y aura plusieurs blessés légers, le plus gravement touché reçoit cinq jours d’ITT. Mais les images choquent et seront le point de départ des polémiques sur le mode d’intervention des forces de l’ordre.
 
Dans un rapport intermédiaire, l’IGPN avait estimé qu'aucun des coups portés n’était justifié au vu de la situation. Une conclusion en partie reconnue par certains des quatre policiers mis en examen en juin 2020. Ils avaient souligné qu’ils avaient agi ainsi du fait d’une situation exceptionnelle, anormale après avoir "cru mourir" lors des batailles rangées autour de l’Arc de triomphe dans l’après-midi, et que jamais en temps normal ils ne seraient intervenus de cette façon. Ce jour-là, leur unité a tiré près de 2.000 grenades de différents types et utilisé ses LBD près de 400 fois. Du jamais vu de mémoire de CRS.

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