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INFO RTL - Traces de coups ou "erreur de langage" ? Dans les PV rédigés le jour de la mort de Krisztina Rády, épouse de Bertrand Cantat, le terme "ecchymose" interroge

Seize ans après la mort de Krisztina Rády, RTL a pu consulter plusieurs procès-verbaux rédigés après les toutes premières constatations réalisées sur place, à Bordeaux, le 10 janvier 2010. Dans ces documents apparaît plusieurs fois le mot "ecchymose" alors qu'une enquête a été rouverte au parquet de Bordeaux en juillet 2025 pour faire lumière sur les circonstances exactes de la mort de l'épouse de Bertrand Cantat.

Krisztina Rády, ex-compagne de Bertrand Cantat, a été retrouvée morte par pendaison en 2010.

Crédit : PATRICK BERNARD / AFP

Comment comprendre les procès verbaux rédigés le jour de la mort de Krizstina Rady, l'épouse de Bertrand Cantat, l'ancien chanteur de Noir Désir ?

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Sophie Neumayer - édité par Jérémy Descours

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Des ecchymoses qui interrogent. Comment interpréter les procès-verbaux rédigés le jour de la mort de Krisztina Rády, épouse de Bertrand Cantat, ancien chanteur de Noir Désir ?

Il y a neuf mois, RTL révélait la réouverture par le parquet de Bordeaux de l'enquête sur ce décès survenu le 10 janvier 2010. Depuis, les investigations se déroulent dans la plus grande discrétion. Selon une information RTL, plusieurs procès-verbaux rédigés ce jour-là mentionnent, dans deux documents, des "ecchymoses" sur le visage de la jeune femme retrouvée pendue au domicile familial. Le 10 janvier 2010 son mari, l'ex-chanteur de Noir Désir, est toujours sous contrôle judiciaire pour le meurtre de Marie Trintignant.

Ces marques, assimilées à des bleus, peuvent laisser penser à des coups portés avant sa mort. S'agit-il d'un élément troublant ou d'une erreur de vocabulaire ? RTL a retrouvé un ancien commissaire qui a rédigé l'un de ces documents.

"Je me suis également trompé"

Jean-Marc André, maintenant retraité, se souvient précisément des faits : il était de permanence et il a été chargé des constatations au domicile de Bertrand Cantat. À son arrivée, des collègues de la sécurité publique sont déjà sur place et rédigent un premier procès-verbal mentionnant une ecchymose sur le visage, "une marque bleuâtre au niveau de la pommette droite" qui peut laisser penser à des coups avant la mort de Krisztina Rády.

Le policier estime qu'il s'agit d'une erreur de langage : "Une ecchymose, c'est un coup de son vivant qui provoque un saignement sous-cutané. Là, je suis désolé, mais c'est un mauvais usage du terme d'ecchymose".

Selon lui, le médecin légiste, présent au même moment, a écarté toute trace de coup ante mortem et conclu immédiatement à une mort par pendaison. Pourtant, confronté à son propre procès-verbal de l'époque, Jean-Marc André reconnaît : "Donc je me suis également trompé au moment de la rédaction de ce procès verbal". 

"C'est d'une importance capitale pour l'enquête"

Jean-Marc André affirme aujourd'hui qu'il s'agit de "traces post mortem" et défend la rigueur de son enquête. D'après lui, les raisons du suicide figurent dans la lettre laissée par Krisztina Rády, qu'il a lui même retrouvée dans le cahier à dessins d'un des enfants du couple. Il regrette par ailleurs que cette nouvelle enquête, vouée selon lui à ne pas aboutir en raison de la prescription, ravive le traumatisme des enfants.

De son côté, Yael Mellul, présidente de l'association féministe Femme Libre et  qui a œuvré pour la réouverture du dossier, affirme découvrir l'usage du mot "ecchymose". "C'est d'une importance capitale pour l'enquête ! J'attends que le parquet de Bordeaux fasse enfin la lumière sur les circonstances exactes de la mort de Krisztina Rády", a-t-elle déclaré à RTL.

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